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Enfant, le train le menait de Genève aux Cévennes en 15h30, le réalisateur de “Voyage à Bessèges” a mis 11 jours en 2019

Dans "Voyage à Bessèges", le réalisateur Suisse Manuel Lobmaïer a entrepris de refaire un train le parcours de ses vacances d'enfant. A l'époque, il lui fallait 15h30 pour accomplir les 800 kilomètres entre Genève et Bessèges (dans les Cévennes gardoises). Au printemps 2019, il a mis 11 jours... / © Tripode
Dans "Voyage à Bessèges", le réalisateur Suisse Manuel Lobmaïer a entrepris de refaire un train le parcours de ses vacances d'enfant. A l'époque, il lui fallait 15h30 pour accomplir les 800 kilomètres entre Genève et Bessèges (dans les Cévennes gardoises). Au printemps 2019, il a mis 11 jours... / © Tripode

"Voyage à Bessèges" raconte l’étrange et chaotique voyage du réalisateur Manuel Lobmaïer sur le réseau ferroviaire français. Un rail road movie entre attentes interminables, gares fermées, trains annulés et abandon de lignes SNCF.
 

Par Stéphane Moccozet

"Au début des années nonante, on partait chaque été en France. Un voyage familial que l’on faisait en train : Genève-Nîmes, puis Nîmes-Bessèges. C’était simple ! C’est ce voyage que j’ai voulu refaire." Alors Manuel  Lobmaïer a repris la route des vacances de son enfance ou plutôt aurait bien aimé la reprendre... Refaire les 800 kilomètres en 15h30 pour se ré-enchanter dans les Cévennes gardoises. Sauf qu’au printemps 2019 le voyage lui a pris 11 jours.

Le réalisateur s’est fixé trois règles : suivre le tracé le plus direct, ne pas consulter les horaires, ne pas prendre de bus. Loufoque ? Pas tant que ça. Manuel Lobmaïer est Suisse et chez nos voisins les trains partent et arrivent toujours l’heure. Il en est ainsi depuis la mise en place du cadencement en 1982. Les navettes des bus, téléphériques et bateaux sont calées sur les horaires des trains. Et ça fonctionne. C’est après la frontière que ça se gâte.
Tournemire, dans le Cantal, est un des points de passage du voyage à Bessèges. / © Tripode
Tournemire, dans le Cantal, est un des points de passage du voyage à Bessèges. / © Tripode

Dès que Manuel Lobmaïer pose les pieds sur le sol français, son voyage rêvé sur le rail va se transformer en parcours du combattant : gares fermées, voies en travaux, trains supprimés, horaires changeants, tarifs évolutifs : "C’est compliqué la France. Les horaires sont uniques au monde. Un vrai Soduku ! Les prix ne sont jamais les mêmes. C’est une vraie bourse la SNCF !", s’exclame-t-il. Pourtant la France était dotée d’un des réseaux les plus performants du monde : 68 000 kilomètres de lignes et 26 000 gares. Mais ça, c’était avant. Aujourd’hui, il reste 26 500 kilomètres de lignes et plus ou moins 3 000 gares. 

Au cours de ce voyage, Manuel croise la route d’anciens et actuels cheminots, d’associations, d’usagers. Ils font un bout de chemin, à pieds avec lui. Ils racontent comment et pourquoi la SNCF abandonne le rail français au profit de ses filiales Géodis, BlablaCar, Ouibus et de ses 964 entreprises implantées dans 120 pays.

Ton décalé et humour helvète décrivent surtout la scandaleuse histoire du démantèlement ferroviaire français et la non volonté politique de "mettre des gens dans le train." C’est donc à pieds sur une voie abandonnée que Manuel Lobmaïer arrivera à Bessèges après plus d’une semaine de voyage.

Le film