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REPLAY. Voir ou revoir le documentaire “Maillot jaune, la quête des braves” diffusé sur France 3

Eddy Merckx a porté le maillot jaune 97 jours. "Je me trouvais beau avec", avait-il l’habitude de dire. Comme d'autres, le Belge a fait l'histoire du Tour de France et de la tunique la plus prisée des cyclistes. C'est l'histoire de cette dernière que retrace le documentaire "Maillot jaune, la quête des braves", réalisé par la Stéphanoise Caroline Puig-Grenetier. / © P. Sports
Eddy Merckx a porté le maillot jaune 97 jours. "Je me trouvais beau avec", avait-il l’habitude de dire. Comme d'autres, le Belge a fait l'histoire du Tour de France et de la tunique la plus prisée des cyclistes. C'est l'histoire de cette dernière que retrace le documentaire "Maillot jaune, la quête des braves", réalisé par la Stéphanoise Caroline Puig-Grenetier. / © P. Sports

A l’occasion du 107e Tour de France, France 3 Auvergne-Rhône-Alpes rediffuse "Maillot jaune, la quête des braves", de Caroline Puig-Grenetier. L’épopée du maillot jaune à travers l’histoire des hommes. A voir ou revoir en streaming.

Par Françoise Boissonnat

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Il fut le premier, le premier à porter le maillot jaune. C’était le 19 juillet 1919. Eugène Christophe, 34 ans, "le vieux gaulois de Malakoff", est le coureur le plus populaire de l’époque. C’est à Grenoble, en pleine nuit au "Café de l’ascenseur" qu’il endosse un maillot en laine d’une étrange couleur : jaune canari. Le maillot est sorti de la valise d’Henri Desgrange, fondateur du Tour et directeur du journal "l’Auto". Le moment est historique mais personne ne le sait encore…
 

Et si on donnait un maillot distinctif au leader de la course ? Les gens se plaignent de ne pas le reconnaître.

Alphonse Baugé, collaborateur de Henri Desgrange

Après quatre années de guerre, Henri Desgrange, qui veut relancer le Tour, adhère à l’idée de son collaborateur. Il écrit même un écho dans son journal pour prévenir les spectateurs du bord de route. Un maillot distinctif, c’est une bonne idée mais de quelle couleur ? On est au lendemain de la première guerre mondiale. Sur les routes défoncées par la guerre, tous les maillots sont gris de poussière. Il y a bien un brassard vert pour distinguer le meilleur mais il n’est pas très visible. Il faut une couleur vive : ce sera le jaune. Jaune comme les pages du journal "l’Auto", comme le maillot du vainqueur du Tour 1909, mort au champ d’honneur et à qui il faut rendre honneur et comme... le pastis ! Le maillot jaune devient le symbole majeur du Tour de France. Le graal à conquérir…

Quand on porte le maillot jaune on est le roi de France d’une journée.

Daniel Mangeas, ancien speaker du Tour de France

C’est de ces rois dont il est question dans le film de Caroline Puig-Grenetier. Cent ans d’histoires de gloire, de sueur, de larmes et de courage. "Maillot jaune, la quête des braves" raconte l’épopée de ces hommes qui se sont battus pour le porter. C’est l’histoire de ces "forçats de la route" comme les appelait Albert Londres. C’est l’histoire du dépassement de soi, de la souffrance.
Jacques Anquetil et Raymond Poulidor, en 1964.
Jacques Anquetil et Raymond Poulidor, en 1964.
Et puis de 1903 à nos jours, ce film est aussi l’histoire de notre société, de ses tourments, de ses avancées, de l’arrivée de la radio, puis de la télévision et des sponsors, de la professionnalisation du cyclisme et de la course à la performance, des scandales du dopage... Le Tour de France est aujourd’hui une grosse machine à sous...  à "extension mondialisée" et de forte croissance. Le Tour de France s’est internationalisé. Mais ce n’est pas le sujet du film...

Moi je m’intéresse aux chevaux, pas trop au cyclisme mais en travaillant sur le film j’ai été extrêmement touchée par ces hommes...

Caroline Puig-Grenetier, réalisatrice

La réalisatrice stéphanoise avoue d’emblée qu’elle "n’est pas une passionnée du vélo". Tout au plus elle confie avoir regardé quelques étapes avec son beau-père mais surtout pour lui tenir compagnie... Et c’est presque étonnée qu’elle se prend de passion pour l’histoire de ces hommes qui depuis 100 ans se battent pour un tee-shirt jaune : "Ça a été une grande découverte. Au fil des archives je me suis passionnée pour ces hommes. Oui, ce sont des braves et depuis le début. Je ne suis pas naïve sur le monde du sport professionnel. Mais ce n’est pas le propos de mon film. Le propos ce sont ces hommes, héros malgré eux. Et quel que soit le monde du cyclisme professionnel aujourd’hui, ça reste des bonshommes qui pédalent étape après étape et qui toujours vont au bout d’eux-mêmes". Et d’ajouter en riant : "Pour l’écriture j’ai sué autant que les coureurs ! Il fallait que je sois juste et précise ce qui a été possible aussi grâce au travail avec François Tourtet, le monteur, un passionné de la petite reine !

Le Tour c’est la fête d’un été d’hommes et aussi la fête de tout un pays. C’est une passion singulièrement française. Tant pis pour ceux qui ne savent pas en partager les émotions, les folies, les espoirs.

Louis Aragon

Ce film est une épopée comme le Tour. Et que l’on aime le vélo ou pas, on se laisse happer par l’histoire portée par la voix de Jacques Chambon. On feuillette un livre de souvenirs, d’anecdotes. On se plonge dans d’incroyables archives connues ou inédites et on se colle dans la roue de  ces hommes dont on a si souvent entendus le nom. Avec son film, Caroline Puig-Grenetier, en nous faisant traverser le siècle à coups de pédales, offre au Tour de France "un petit supplément d’âme".