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REPLAY. Voir ou revoir les 4 documentaires de la “Nuit du rock” présentée par Philippe Manoeuvre sur France 3

Philippe Manoeuvre, encyclopédie vivante du rock en France, vous raconte la fabuleuse histoire du rock en régions, le lundi 13 janvier 2020 à 23h40 sur France 3. / © LE PARISIEN/Patrick Caffin/MAxPPP
Philippe Manoeuvre, encyclopédie vivante du rock en France, vous raconte la fabuleuse histoire du rock en régions, le lundi 13 janvier 2020 à 23h40 sur France 3. / © LE PARISIEN/Patrick Caffin/MAxPPP

Une nuit consacrée à l'histoire du rock en régions, c'est ce que vous a proposé France 3 le lundi 13 janvier. Pour vous conter l'histoire du rock en France, 4 documentaires et les fabuleuses anecdotes de Philippe Manoeuvre à voir ou revoir ici.

Par Stéphane Moccozet

Les antennes régionales de France 3 se penchent sur l'histoire du rock en régions. Pour cette soirée exceptionnelle (diffusée le 13 janvier 2020) qui s'articule autour de quatre documentaires (voir plus bas), il fallait un conteur d'histoires intarrissable en la matière et c'est Philippe Manoeuvre, la bible du rock français, qui fait une nouvelle fois la démonstration que derrière ses lunettes noires se cache une véritable encyclopédie ! Pour cette "Nuit du rock", il se souvient des moments qui ont imprimé sa mémoire à jamais, de Lyon à Rennes, en passant par Belfort et Carhaix.

Philippe, quels sont les concerts en région qui vous ont marqué ?
Moi, c'était le festival de Fourvière (ndlr : à Lyon). Franchement, j'y étais, j'ai vécu la bataille de Fourvière quand il y a eu cet incroyable moment où Marie et les Garçons commençaient à chanter une chanson qui a semblé au public punk de Fourvière un peu trop disco, et les canettes ont commencé à voler. C'était très, très dangereux. Et là, il y a eu un mouvement général... Il y avait Téléphone, les Bijoux, Starshooters, Little Bob Story, tous les musiciens se sont précipités sur scène, se sont mis à jouer avec Marie et les Garçons, genre "ils méritent que vous les écoutiez, c'est peut-être eux l'avenir du rock". J'ai vécu plein de truc en région, j'ai vécu des festivals déments, je me souviens d'avoir pleuré pendant un concert des Smashing Pumpkins aux Eurockéennes, tellement c'était beau. Je me souviens d'avoir vécu de grands moments aux Francofolies, aux Vieilles Charrues avec les Wampas. Mais, franchement, le festival de Fourvière, ça reste quelque chose d'incroyable. 

Selon vous, quelle est LA ville du rock français ?
J'ai toujours pensé que le rock n'est pas une course de lévriers, et que c'est pas le championnat de France de foot. C'est vrai que ça se déplace. Quand il y avait Little Bob Story, c'était Le Havre qui semblait vraiment la ville rock. Après, c'est passé à Rennes, il y avait Etienne Daho, les Marquis de Sade. Et puis, ensuite, à Nantes avec Philippe Katerine... Il y a eu Bordeaux, il y a des choses formidables qui se sont passées à Marseille aussi, et Lyon bien sûr. Toutes les villes françaises ont eu un groupe de rock qui a démarré, qui a allumé la mèche, puis un autre, puis un autre... Tous ces groupes suivaient un peu ce qui se passait à l'international, ils devenaient hard-rock, ils devenaient new-wave, ils devenaient funk... C'est toute l'histoire de deux ou trois générations puisque le rock à 65 ans depuis Elvis.

Quels sont les groupes de rock français qui tournent beaucoup sur vos platines ?
Il n'y a pas eu que Téléphone, qui était génial. J'ai réécouté beaucoup de choses de Starshooters, il y Tequila dans le documentaire sur le rock nantais. Quand on les voit aujourd'hui, on se demande pourquoi on n'en a pas entendu parler plus. C'était souvent des problèmes de pressage, de distribution... Ça a été un long chemin, on n'a pas été accueilli tout de suite avec des embrassades, mais les groupes se sont accroché et, aujourd'hui, la France est un pays rock. Le groupe que tout le monde voudrait voir est Français, il s'appelle Daft Punk.

Propos recueillis par Timothy Mirthil

 

La "Nuit du rock", 4 documentaires pour (re-) découvrir le rock en région

  • Sauvages, chronique d’une ville rock (1975 – 1985), réalisé par Thierry Gerberon
Coproduit par Camp de Base Production et France 3 Auvergne Rhône-Alpes

Le premier concert Rock du 29 juillet 1978 à Fourvière restera unique dans l’histoire du rock français. Lyon a pu vivre douze heures de musique non-stop avec Little Bob Story, Bijou, Téléphone, Starshooter, Marie et les Garçons, Au bonheur des Dames, Electric Callas. Cette série de concerts fût le début d'une nouvelle ère et l'origine d'une onde de choc qui rayonnera bien au-delà de l’agglomération et faire titrer les médias nationaux : «Lyon, Capitale du rock ». 

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  • La douce France de Rachid Taha, réalisé par Farid Haroud
Coproduit par JPL Productions et France 3 Auvergne Rhône-Alpes

En 1981, Rachid Taha crée le groupe Carte de séjour à Lyon avec les frères Amini. Une grande partie de ses chansons sont des manifestes politiques forts, comme sa reprise de "Douce France" de Charles Trénet. "La France de Rachid Taha" se raconte comme un voyage, celui d’un jeune immigré maghrébin des années 70, promis à une vie d’ouvrier mais qui a construit une existence d’artiste majeur, mondialement reconnu. L'occasion de se souvenir d'un artiste qui nous a quittés en septembre 2018.

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  • Nos années Elixir, réalisé par Jérôme Trehier et Gérard Pont
Coproduit par Morgane Production et France 3 Bretagne

Le festival Elixir, le premier grand festival de rock en France, débarque en Bretagne au début des années 80 dans le Finistère. Lancé par une bande de passionnés sans le sou, Elixir accueille les plus grands noms de la scène rock pendant 7 ans et fait encore briller les yeux de ceux qui y ont participé, de près ou de loin. Avec The Clash, Muray Head, The Cure, The Stranglers, Nina Hagen (à lire ici). Lancée par trois copains, la première édition du festival Elixir a lieu les 14 et 15 juillet 1979, au lieu dit Créach Carnel, à Irvillac, petite commune de quelques centaines d’habitants. "On était des branleurs" se rappelle l'un d'entre eux. La première édition rime avec débrouille, les comptoirs des bars sont fabriqués avec des palettes de patates. Le professeur de physique du collège devient directeur technique pendant l'été. L'affiche promet déjà et le succès débute. Dix mille personnes viennent écouter John Martyn, Dan Ar Braz ou encore Bert Jansh. 

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  • Rock, quelques histoires Nantaises, réalisé par Samuel Petit
Coproduit par Supermouche productions et France 3 Pays de la Loire

La musique à Nantes est jalonnée de trajectoires artistiques singulières, célèbres ou restées confidentielles. Dans les années 90, le regard de la France entière se porte tout à coup sur la ville. Quelques artistes libres au parcours parfois opposés se font une place dans le paysage musical français et accèdent à une notoriété jusque-là inégalée pour un groupe nantais. Ce sont les débuts de Philippe Katerine, Dominique A, Elmer Food Beat. Puis la scène nantaise prend un virage électro dans les années 2000. Ils s'appellent Pony Pony Run Run, Minitel Rose, Sexy Sushi ou encore Madeon. Le réalisateur Samuel Petit nous fait voyager durant six décennies de rock à travers des lieux mythiques : Le Floride, l'Olympic (actuelle La Fabrique), Le Garage Hermétique (studio d'enregistrement où allaient Dominique A, Philippe Katerine...), Les Salons Mauduit refaits ainsi que des homes studios d'artistes.

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