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Christian Plaziat : Trop tout !

Alain Fauritte et son invité Christian Plaziat sur le plateau de l'émission "Vous êtes formidables" / © FTV / Vous êtes formidables
Alain Fauritte et son invité Christian Plaziat sur le plateau de l'émission "Vous êtes formidables" / © FTV / Vous êtes formidables

Trop beau, trop fêtard, trop grande gueule, trop gourmand de la vie et trop sensible aussi. Christian Plaziat a marqué; l'athlétisme mondial des années 80 et 90. Il est l'invité de Vous êtes Formidables !

Par Alain Fauritte

Il n’a aucune actualité en ce moment, ou plutôt si : il est heureux et serein ! Lorsqu’on parle de Christian Plaziat, les souvenirs qui remontent sont teintés à la fois d’admiration et d’agacement. L’admiration pour ce garçon au physique de dieu grec qui brillait dans une des disciplines les plus ingrates et méconnues de l’athlétisme. Au décathlon, on se lève tôt et on se couche tard. La compétition commence avant que le public n’arrive dans le stade et on repart après qu’il l’ait déserté. Il faut être le meilleur possible dans 10 disciplines en sachant qu’on ne peut pas être le champion absolu dans chacune. Drôle de choix pour un gamin lyonnais qui était fan de foot et plus particulièrement des verts stéphanois. Un choix poussé par un prof qui est devenu son entraineur et pour lequel il a encore de l’admiration aujourd’hui. Un bonheur pour nous d’avoir retrouvé Daniel Aligne qui nous raconte une anecdote sur son protégé. On connait les rapports forts qui existent entre les sportifs de haut niveau et leurs entraineurs. L’ex-champion a les yeux humides en regardant le message adressé par celui qui lui a permis de déployer ses ailes.

Admiration et agacement

Il y a donc l’admiration, pour celui qui est devenu la première grande star de l’athlétisme français, dans les années 80 et 90, en multipliant les records et en raflant les médailles. Plusieurs fois champion de France, champion d’Europe en 90 à Split, recordman du monde en salle. Mais il y a aussi l’agacement de ceux qui lui ont reproché de trop parler, de trop promettre, de trop fanfaronner. Il le reconnait lui-même aujourd’hui, il était un peu « grande gueule ». Peut-être trop exposé. Il nous parle encore de la pile d’articles de journaux consacrés à ses exploits : plus d’un mètre dont les couvertures de « L’Equipe Magazine » ou « Paris Match ». Les exploits et les défaites ont beaucoup fait parler. Il est vite devenu un « people ». Dans ces années là, les champions ont commencé à gagner de l’argent. Lui a voulu en profiter : belles voitures, belle maison… quand on connait les sacrifices d’années d’entrainement seul sur le stade jusqu’à tard le soir, on comprend qu’à un moment on puisse vouloir jouir des plaisirs de la vie, savourer les récompenses de tant d’efforts. Mais en même temps, on excite les jalousies et on se déconcentre.

Le gouffre de l’après

Christian a profité mais il a aussi payé. Les médailles promises n’ont pas été décrochées. L’or olympique pourtant accessible lui a échappé. Et ni l’argent ni le bronze n’auraient été assez beaux pour le consoler. Trop beau, trop gourmand de la vie, trop grande gueule… et trop sensible aussi. C’est un drôle de bonhomme qui sous sa carapace de dieu grec, cache une âme complexe. Lorsque tout s’est arrêté, lorsque les lumières du stade se sont éteintes pour lui, il a été confronté à la profondeur du gouffre de l’après. Pas préparé à sa reconversion, car toujours en projection dans la performance suivante, il s’est retrouvé face à lui-même. Il est devenu homme d’affaire. Dans le monde de la nuit d’abord, puis dans le coaching. Il a ensuite travaillé dans le monde de l’hôtellerie et de la restauration de luxe, puis dans une entreprise spécialisée dans les vérandas. Avec enthousiasme mais sans le frisson et l’exaltation des belles années.

Tourner la page

Heureusement, sa compagne et ses 3 enfants l’ont maintenu à flot. Assurer un avenir à une famille déplace le centre de gravité d’un homme habitué à ne composer qu’avec son image. Aujourd’hui, il est retourné à une activité de consulting, compatible avec son univers, avec ses compétences. Il a retrouvé son univers, mais sans la pression de la compétition. Et à propos de compétition, son record de France de décathlon a tenu durant 29 ans! Il lui a été ravi en 2016 par Kevin Mayer. Sur le moment, il l’a vécu comme si on lui avait ôté une partie de son identité. Mais aujourd’hui, tout va bien pour lui. Les longues années de galères et la douloureuse introspection sont loin. C’est une nouvelle vie qui a commencé, dans la sérénité. Et si vous le croisez, vous le reconnaitrez. A 57 ans, Il n’a pas changé. Il s’est juste affiné. Avec ses tablettes de chocolat et sa belle gueule de top model.