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REPLAY. Rencontre avec Dan Ohlmann, le créateur du Musée Cinéma et Miniature de Lyon

Alain Fauritte et son invité Dan Ohlmann, créateur du Musée Cinéma et Miniature de Lyon / © Vous êtes formidables / FTV
Alain Fauritte et son invité Dan Ohlmann, créateur du Musée Cinéma et Miniature de Lyon / © Vous êtes formidables / FTV

Il a créé le Musée Cinéma et Miniature en 2005 dans le quartier Saint-Jean, à Lyon. Dan Ohlmann était l’invité de "Vous êtes Formidables", le vendredi 4 décembre sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. L'occasion de plonger dans l'univers merveilleux du 7e art.

Par Alain Fauritte

Depuis mon adolescence, j’ai une passion immodérée pour les maquettes. Pas celles qu’on achète en kit et qu’on reconstitue les yeux rivés sur un plan et un tube de colle dans la main. Non, plutôt celles qu’on crée soi-même avec des bouts de carton, de tissus ou de papier à dessin. Ma préférence, les maisons de 350 mètres carrés dans lesquelles je réalisais jusqu’aux meubles en subtilisant des bouts de tissus à ma mère et les planchettes de bois fin qui recouvraient les belles boites de marrons glacés. Je me souviens même avoir ajouté une piscine à l’une d’elle, enduite de peinture bleue que j’avais achetée avec des étrennes. Pour le gamin vivant dans les 55 m2 d’un HLM de la banlieue de Chambéry, il y avait sans doute là une façon de fuir une réalité modeste bien qu’heureuse. Le besoin de rêver !

La Renaissance d’Hollywood

En même temps, je découvrais le cinéma et notamment la magie des films hollywoodiens. Durant les années 60, un peu trop jeune pour fréquenter les salles obscures, j’ai manqué la révolution de la « nouvelle vague », ces films réalistes tournés en décors naturels avec de faibles budgets, qui déstabilisent le fonctionnement des grands studios américains. Il faut savoir qu’au début des années 70, un monument comme la Fox est d’ailleurs au bord de la faillite. C’est à ce moment qu’un producteur de télévision décide de proposer à Hollywood la mise en œuvre d’un film à grand spectacle racontant l’épopée des passagers d’un navire retourné par une gigantesque vague. C’est « L’Aventure du Poséïdon ». C’est le début de ce qu’on appellera les « films-catastrophe ». Un gros budget, du suspense, des stars, des effets spéciaux et à l’arrivée, un succès planétaire. Le fameux producteur, c’est Irwin Allen. Fort de son triomphe inattendu, l’homme tente une nouvelle fois sa chance. Il réussit à faire s’associer deux grands studios pour la première fois de leur histoire afin de réunir un budget énorme pour l’époque et les plus grandes stars mondiales du moment. « La Tour Infernale », reconnu comme le chef d’œuvre du genre, atteindra les sommets du box-office dans le monde entier. C’est grâce à ces deux films que des réalisateurs comme Steven Spielberg et George Lucas pourront redonner sa gloire d’antan à Hollywood. Pourquoi vous parler de ces deux films ?...
Le point commun entre tous les films-catastrophe des années 70, c’est l’usage de… maquettes. Un bateau de 6 mètres de long dans « l’Aventure du Poséïdon » et une tour de 21 mètres de haut pour figurer les 138 étages du gratte-ciel en feu de « La Tour Infernale ». C’est sans doute de là que me vient ma fascination pour cet univers des magiciens d’Hollywood, capables de nous faire croire à des cataclysmes dans un bassin, comme je m’imaginais vivre dans des demeures de rêve grâce à mes maisons de carton. C’est donc avec des yeux comme des soucoupes que j’ai découvert pour la première fois le « Palais de la Miniature » que Dan Ohlmann a ouvert dans les années 90 près de la gare St Paul à Lyon. Je posais des yeux admiratifs sur de vraies œuvres d’art réalisées à coup de milliers d’heures de travail sur des matériaux étourdissants de réalisme. De quoi prendre conscience de la médiocrité de mes propres maquettes qui rejoindraient toutes avec le temps dans la poubelle de l’oubli. En revanche, je n’ai jamais oublié ce lieu magique et le temps venu, je n’ai jamais manqué de le faire connaître aux yeux de tous sur l’antenne de France 3.

Un patrimoine extraordinaire

Jusqu’à cette réouverture en 2005, à Lyon, dans un magnifique immeuble Renaissance du quartier St Jean, d’un nouveau Musée, cette fois « Cinéma et Miniature ». Car Dan Ohlmann, né comme moi à Montélimar, patrie du nougat, se passionne pour les maquettes utilisées au cinéma. Sa passion le conduit à prendre contact avec le monde hollywoodien des effets spéciaux. Et à se lancer dans une folle aventure : proposer dans son musée des objets uniques sortis des plus grands films. C’est à peine croyable, mais cette industrie vit tellement dans le présent qu’elle néglige un patrimoine qui n’a pas de prix. Imaginer que la reine Alien du fameux « Aliens » de James Cameron, puisse prendre la poussière dans un vieux hangar, est à peine concevable. C’est pourtant la réalité. Et l’idée de Dan Ohlmann d’utiliser son savoir-faire pour restaurer ces pièces mythiques en l’échange de prêts pour son musée est une idée de génie. Ainsi, il peut aujourd’hui présenter des centaines d’objets vus dans les monuments du cinéma de ces dernières décennies.   

Retrouver son regard d’enfant

Sa pièce maitresse, c’est bien sûr une partie du décor du film « Le Parfum », de Tom Tykwer, avec Dustin Hoffman. Notamment une boutique avec des centaines de fioles en verre. Mais il y a aussi des pièces extraordinaires, comme le parapluie que tenait Julie Andrews dans « Mary Poppins », un bateau de la bataille navale de « Cléopâtre », la prothèse qui transformait le visage de Robin Williams dans « Mrs Doubtfire », ou encore des créatures de « Jurassic Park ». Des centaines d’objets uniques qui renvoient aux plus grands films fantastiques qui peuplent notre imaginaire. C’est avec quelques-uns de ces trésors que Dan Ohlmann arrive sur le plateau de « Vous êtes Formidables ». Précieusement rangés dans un carton, protégés par du papier bulle. Un carton que j’ouvre comme un gamin, avec les mains tremblantes et les yeux écarquillés. Une baguette magique sortie de « Harry Potter », le masque en bois de Jim Carey dans « The Mask », et enfin, trésor parmi les trésors, les ciseaux-mains portés par Johnny Depp dans « Edward aux Mains d’argent » de Tim Burton. J’ose à peine les toucher, par respect et par peur de me couper. Tenez-vous bien, ce que je prends pour du métal est du plastique flexible ! C’est ça la magie des effets spéciaux ! Tout simplement de l’illusion et accessoirement… beaucoup de talent. Merci Dan pour ces moments où je redeviens le gamin qui construit ses maquettes et qui rêve dans une salle obscure.