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Vous êtes formidables

Le vendredi à 10h20
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Elhem Mekhaled : Un pur diamant

Elhem Mekhaled et Alain Fauritte sur le plateau de l'émission "Vous êtes formidables" / © FTV / Vous êtes formidables
Elhem Mekhaled et Alain Fauritte sur le plateau de l'émission "Vous êtes formidables" / © FTV / Vous êtes formidables

Elle pourrait bientôt être la nouvelle championne du monde de boxe WBC poids super plume. Challenger de la tenante du titre, cette vaudaise a toutes les qualités pour atteindre les sommets. Elhem Mekhaled est l’invitée de « Vous êtes Formidables ! », vendredi 28 mai à 10H15 sur France 3 AURA.

Par Alain Fauritte

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La boxe n’a jamais été ma tasse de thé. Comme beaucoup, je n’y voyais que le face à face de deux bourrins occupés à se taper dessus. J’ai un peu honte, mais tant qu’on n’a pas croisé quelqu’un qui vous parle avec ferveur de sa passion, on passe à côté d’univers qui méritent qu’on s’y attarde. C’est ce qui s’est passé avec cette belle et attachante jeune femme. Quand elle parle de la boxe, elle rayonne. On sent très vite que cette discipline est un moteur essentiel pour elle. Elle dit aussi adorer son métier : gestionnaire de sinistres dans une compagnie d’assurance qui la sponsorise. Mais on sent que ce qui la fait vibrer, c’est le ring.  

Psychologie et technique

Lorsqu’elle décrit sa transformation, de jeune femme élégante et douce, en tigresse au regard noir, on comprend que ce sport lui donne des ailes. Elle est étonnée elle-même de se voir transfigurée lors de chaque pesée, ce moment où on est face à face avec son adversaire, la veille du combat, et qu’il faut marquer sa psychologie, l’impressionner pour perturber son sommeil. Elle devient alors un monstre de froideur, au regard vide, qui s’apprête à fondre sur sa proie… Un travail psychologique qui a au moins autant d’importance que la technique. Pourtant elle est aussi une fabuleuse technicienne, une tacticienne. Car il y a chez les grands boxeurs la même intelligence que chez les grands footballeurs. Cette capacité d’analyse, d’anticipation, d’évaluation. Sur ce point, Elhem Mekhaled m’a fait évoluer. J’ai compris l’un des moteurs de sa passion.

La double nationalité est une richesse

Elle a sans doute des motivations autres que l’amour de la technique et de la psychologie. C’est un sport de combat, de contact avec un adversaire. Une approche dans laquelle le parcours personnel a sans doute une grande importance. Je ne connais pas les détails de sa vie, sinon qu’elle a perdu sa mère très tôt. Elle a aussi une double nationalité, qui lui vient des racines de ses parents en Algérie. L’avantage est qu’elle peut combattre à l’international sous la bannière algérienne, comme aux jeux de Brazzaville où elle a remporté une médaille de bronze en 2015. C’est, comme elle le dit, une richesse, mais aussi peut-être, un positionnement parfois difficile… ou pas !

Une femme déterminée

Quoiqu’il en soit, son père l’a toujours soutenue. « Du moment que je me battais pour réussir, ça lui allait », dit-elle. Se battre, c’est effectivement son quotidien sur le ring mais aussi à côté. Sans parler de la banlieue dans laquelle elle a grandi : Vaulx-en-Velin, où les belles jeunes filles aux cheveux libres et aux aspirations affirmées n’ont pas forcément la vie facile. Elle nous affirme que les instances de la boxe sont très respectueuses des femmes. Pourtant, se faire respecter nécessite parfois d’enfiler ses gants et de cogner un peu. Il faut du caractère et une sacrée détermination. Mais ça finit par payer. Après plusieurs changements d’entraineur, elle dit avoir trouvé le bon en la personne d’Ali Oubaali, ancien champion de France de boxe, qui l’a pris sous son aile. Espérons qu’il saura l’emmener au sommet.

Beauté coup de poing

En 2019 elle est devenue la challenger de la N°1 mondiale, ce qui lui vaut la ceinture de championne du monde par intérim. Croisons les doigts pour la suite. Il faut lui souhaiter une carrière aussi brillante que le boxeur qu’elle admire, l’ukrainien Vasyl Lomachenko. On l’appelle le Picasso de la boxe. Un vrai artiste d’une intelligence aussi redoutable que son charisme. En quittant le plateau, où elle s’est prêtée avec bonne grâce et humour aux exercices de la bande-annonce et du supplément Internet, elle prenait la direction de son nouveau club, à Feyzin. Une vie bien remplie pour cette femme à la beauté coup de poing ! Au fait, « the diamond », c’est son nom sur le ring. Ça signifie « le diamant » et elle le porte plutôt bien…