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REPLAY. Grégory Cuilleron : handicapé, et alors ?

Alain Fauritte reçoit Grégory Cuilleron sur le plateau de "Vous êtes formidables" / © Vous êtes formidables/FTV
Alain Fauritte reçoit Grégory Cuilleron sur le plateau de "Vous êtes formidables" / © Vous êtes formidables/FTV

Le « droit à l’ordinarité », c’est ce pour quoi milite ce jeune chef lyonnais médiatique qui s’est découvert handicapé le jour où il est passé à la télévision. Grégory Cuilleron est l’invité de « Vous êtes Formidables ! », vendredi à 10H15 sur France 3 Auvergne Rhône Alpes.

Par Alain Fauritte

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Le Coronavirus n’est pas passé par lui mais il met sérieusement en danger ses activités. Ses restaurants bien sûr, mais aussi les prestations de conseiller qui vont avec sa vocation pour la transmission. Car Gregory Cuilleron est un véritable passeur. C’est un communiquant-né. S’il se voyait bien médecin, et si le droit l’a un temps attiré, c’est bien dans la cuisine qu’il s’épanouit. Un art transmis par son grand père et sa mère, qu’il aime aujourd’hui enseigner à tous et notamment aux plus jeunes. La cuisine, c’est donner du bonheur aux autres, c’est une question de générosité et de partage. Et la pédagogie c’est essentiel. Comme le dit Grégory, « c’est ce qu’on apprend petit qui fait de nous ce qu’on est, plus grands »…   

UNE PASSION DE TOUJOURS

Et c’est bien lorsqu’il était petit que cette passion pour la cuisine a germée. Il n’a pas songé à en faire son métier par peur du quotidien qui érode la passion, puis par crainte de se désocialiser. Bien conscient que la vie de cuisinier ne laisse pas beaucoup de place à une vie sociale, il lui a aussi fallu du temps pour se constituer un cercle de relations dans ce milieu qui l’accepte aujourd’hui tel qu’il est. L’amitié d’un Georges Blanc est un cadeau précieux, comme celle du chocolatier Sébastien Bouillet, qui dénonce avec espièglerie ses lacunes en pâtisserie comblées lorsque Grégory se préparait chez lui pour des concours de cuisine. Et les concours de cuisine, Grégory, ça le connaît…

QUELQU’UN QUI AIME LES GENS

L’univers de la gastronomie, il y est entré par la porte de la communication, en travaillant pour le restaurant étoilé « L’Auberge de l’Ile Barbe ». Il est alors contacté pour trouver des candidats potentiels à un concours télévisé et en profite pour se lancer dans l’aventure. Le succès va déboucher sur d’autres expériences médiatiques et l’aider à se construire une image. Le mot construire est sans doute trop fort car l’humilité du bonhomme, sa sincérité et la sympathie qu’il suscite n’ont rien de fabriqué. Il est proche des gens et ils le lui rendent bien. C’est ce qui m’a frappé lorsque je l’ai invité la première fois dans une émission. C’est quelqu’un de vrai et d’accessible. Les outils de communication sont une extension de son goût naturel pour les relations avec les autres. C’est quelqu’un qui aime les gens et ce n’est pas si fréquent. Un attachement aux autres qui est sans doute pour beaucoup dans son engagement dans une meilleure intégration des handicapés dans le monde du travail.

LES VERTUS DE LA MEDIATISATION

Car oui, Grégory est handicapé. Une agénésie, malformation congénitale, l’a privé d’un avant-bras et d’une main. Comme il le dit dans le livre « La vie à pleine main », publié en mai dernier sous la plume de son ami et Prix Goncourt lyonnais Alexis Jenni : «Je suis devenu handicapé à vingt-sept ans, quand on m’a vu à la télé, parce qu’avant je n’avais jamais pensé l’être ». Bien sûr que l’absence d’une main ne lui avait pas échappé, mais hormis la méchanceté ordinaire des petits camarades à l’école, rien ne lui rappelait sa différence. La médiatisation a des vertus mais aussi un effet loupe auquel on ne peut échapper. Il a donc choisi de l’utiliser au bénéfice de la lutte pour une meilleure intégration des handicapés dans l’univers du travail. Ainsi, comme Djamel Debbouze durant quelques années, il est devenu ambassadeur de l’AGEFIPH, l’association qui gère le fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans le monde des actifs.

AUTODIDACTE

Gé-né-reux, je vous dis ! Généreux et travailleur. Son arrivée tardive dans le monde de la cuisine s’est faite sans formation. Il reconnaît qu’il lui a manqué quelques bases, mais il s’est rattrapé, et surtout, il n’est pas formaté. Les autodidactes ont cet atout qu’ils sont plus ouverts à tout car pas enfermés dans des règles rigides. Et comme il est travailleur, on ne s’inquiète pas trop pour lui. Il va continuer à communiquer sa passion pour la cuisine auprès des enfants comme des adultes. Il va donner espoir à ceux avec lesquels la vie n’a pas été tendre et leur dire que tout est possible avec de la volonté et du cœur. Et il va sans doute rencontrer l’âme sœur ! Il nous confie en effet qu’il a passé le confinement seul chez lui. Avec toutes ses qualités et un charme indéniable, il ne devrait pas tarder à trouver chaussure à son pied, comme me disaient mes grand-mères, qui ne m’ont pas appris à cuisiner mais quelques règles sur l’attraction terrestre…