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Vous êtes formidables

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Philippe Bernachon : héritier de deux légendes…

Alain Fauritte et son invité Philippe Bernachon sur le plateau de l'émission "Vous êtes formidables" / © FTV / Vous êtes formidables
Alain Fauritte et son invité Philippe Bernachon sur le plateau de l'émission "Vous êtes formidables" / © FTV / Vous êtes formidables

Etre le petit-fils de Paul Bocuse et de Maurice Bernachon, c’est porter le poids de la haute-gastronomie et de la chocolaterie d’exception sur ses épaules. Pourtant, Philippe Bernachon assume plutôt bien. Il est l’invité de "Vous êtes Formidables !", sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.

Par Alain Fauritte

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La décoration du plateau de « Vous êtes Formidables ! » n’aura pas résisté à la gourmandise de l’équipe. Dès l’enregistrement terminé, une nuée de collaborateurs affamés a fondu sur les œufs, les cloches, les escargots et les tortues en chocolat apportés par Philippe Bernachon pour agrémenter le décor de l’émission à l’approche des fêtes de Pâques. C’est là que se mesure la réputation d’une maison : à la propreté immaculée des plateaux qui ont servi d’écrins aux douceurs du célèbre artisan lyonnais.

Un chemin tout tracé

Depuis 1953, l’entreprise créée par le grand-père de notre invité n’a en effet cessé de rayonner, d’abord dans la région puis dans le reste du monde. Aujourd’hui, Bernachon est le synonyme de chocolats d’exception que l’on offre pour les grandes occasions. Le parcours est un sans faute. Apprentissage chez Debauge, à Pont de Beauvoisin, en Isère. Travail chez Jules Durand, dans le 6ème arrondissement de Lyon, et rachat de la boutique. Le patriarche Maurice a construit les fondations d’une belle maison et son fils Jean-Jacques a repris le flambeau sans trop avoir voix au chapitre. Il n’a eu qu’à poursuivre l’œuvre et en assurer la pérennité. Sans trop de difficultés, sinon celle de travailler en famille. En visionnaire, Maurice a jeté les bases du succès. A savoir la maitrise du processus de fabrication : le fameux « de la fève à la tablette ». La torréfaction se fait sur place, comme tout le reste. Une dizaine de fèves sélectionnées pour créer le fameux « goût Bernachon ». Des fournisseurs les plus proches possibles de la maison. Tout ce qui a été instauré dès les débuts est ce qui fait aujourd’hui la valeur ajoutée de la marque. Elle conjugue à merveille la tradition et la modernité, comme le disait déjà Paul Bocuse en 1996.

Petit-fils de …

Paul Bocuse, ou « Monsieur Paul », pour les intimes, c’est l’autre grand-père de Philippe Bernachon. Sa maman est en effet la fille ainée du célèbre cuisinier : Françoise Bocuse. Une lignée pareille pourrait donner le vertige. Philippe ne s’embarrasse pas de quelconques complexes. Depuis le temps, il a pris l’habitude d’être le petit fils de… sans trop s’émouvoir du poids de la filiation. Peut-être est-ce de la pudeur. Ou l’héritage d’un esprit terrien qui fait qu’on ignore tout ce qui peut ralentir inutilement un parcours. Certes, son grand-père maternel était connu sur toute la planète et son grand-père paternel a marqué de son nom l’histoire du chocolat. Lui pousuit l’œuvre avec ses moyens et à son rythme. Maurice disait ne pas vouloir ouvrir de boutique à Paris en s’interrogeant : « pour être le plus riche du cimetière ? ». La boutique a ouvert avant le confinement et il a fallu l’approvisionner d’urgence à sa réouverture car elle avait été « pillée » par des clients en manque de magnésium. Aujourd’hui, on met moins de sucre dans le chocolat. On utilise moins d’alcool dans la pâtisserie. La maison s’adapte par petites touches à ces évolutions. Mais pas question de vendre son âme non plus. 

Travailleur et… épicurien

S’il est tombé dans la marmite lorsqu’il était petit, le métier de chocolatier n’a pas été le premier choix de Philippe. Il s’est fourvoyé sur d’autres voies avant de revenir au bercail et semble aujourd’hui s’y sentir pleinement heureux et épanoui. Il faut dire que son métier n’est pas l’obsession de ses jours et de ses nuits. Le grand gaillard au crâne brillant respire l’épicurisme. Passionné de balades à moto avec ses potes (dont les inséparables chocolatiers Stéphane Bonnat et Sébastien Bouillet), il savoure l’héritage qu’il a reçu de la vie et de ses ancêtres. On le sent un brin réservé en société, mais sans doute jovial et bringueur dans le privé. L’avenir n’a pas de raison de l’inquiéter. Si aucune de ses 3 filles ne reprend l’affaire, il y aura bien parmi les 4 enfants de ses deux sœurs qui travaillent aussi dans la maison, quelqu’un pour maintenir dans l’excellence cette célèbre maison. Que faut-il lui souhaiter d’autre ? Si ! Bonnes fêtes de Pâques !