auvergne
rhône-alpes
Choisir une région

Vous êtes formidables

Du lundi au jeudi à 9h05
Logo de l'émission Vous êtes formidables

REPLAY. Le Pr Jean-Luc Fellahi : sous vos applaudissements…

Alain Fauritte et son invité le Professeur Jean-Luc Fellahi, Chef du Service Anesthésie-Réanimation Hôpital Louis Pradel. / © Vous êtes formidables / FTV
Alain Fauritte et son invité le Professeur Jean-Luc Fellahi, Chef du Service Anesthésie-Réanimation Hôpital Louis Pradel. / © Vous êtes formidables / FTV

A quoi aura servi la Covid 19 ? A mettre un coup de projecteur sur des services de réanimation dont on ne parlait jamais comme celui de l’Hôpital Cardio de Lyon . Son patron, le Pr Jean-Luc Fellahi est l’invité de « Vous êtes Formidables ! ».

Par Alain Fauritte

Revoir l'émission

Dans « Vous êtes Formidables ! » j’accueille toutes les semaines des « people », comme on les appelle. Autrement dit des personnalités en vue, issues du monde artistique, médiatique ou sportif. Des êtres hors du commun, mis en lumière pour leur talent, leur charisme, leur singularité. Je les fais parler un peu de leur métier et j’essaie aussi de les faire se dévoiler en m’intéressant à leur parcours, à leur relation aux autres, à leur vision du monde. Car parler des autres c’est déjà dire des choses sur soi. Pourquoi seulement des « people » direz-vous ? Parce qu’ils ont souvent valeur d’exemple. Parce qu’ils suscitent l’admiration, attisent la curiosité. Parce qu’ils sont aussi rompus à l’exercice délicat de la communication. Justement, ce qui m’intéresse, ce n’est pas de faire de la communication. C’est plutôt de briser la carapace sans sombrer dans l’indiscrétion. C’est périlleux, mais comme je le dis souvent : c’est que de la télé ! Autrement dit, aucun risque d’y laisser la vie. Dans le pire des cas, quelques blessures narcissiques d’autant plus aisément soignées que l’égo est modeste. Et puisqu’il est question de soigner, venons-en à cette invitation inhabituelle…

De l’ombre à la lumière

J’ai depuis longtemps l’envie d’inviter dans cette émission des personnalités du monde scientifique. On y trouve des esprits brillants, des personnalités passionnantes et des parcours impressionnants. En revanche, les visages connus du grand public y sont rares. Et du coup, le principe de l’invité « people » est mis à mal. C’était compter sans l’intervention de ce satané virus qui nous empoisonne depuis des mois et des mois. Et qui fait aussi encore de nombreuses victimes trop souvent résumées à un chiffre impersonnel et froid. Aujourd’hui 375 morts, hier 428. Ce décompte macabre est tout juste horrible par l’abstraction qu’il fait de toute humanité. Pas d’amour, pas de proches aimants, pas de vies fauchées, pas de rêves envolés. Un chiffre brut, glacial, qui succède à un autre… Ce satané virus est pourtant à l’origine du plus surprenant rituel qui nous aura été donné de suivre depuis des lustres. Tous les soirs, à 20H00, les soignants de tout le pays sont applaudis par une partie de la population postée à sa fenêtre. Le phénomène se poursuit durant tout le premier confinement en oubliant de renaitre avec le 2ème. Peu importe, je les ai mes stars, mes « people » connus de personne mais reconnus de tous.  

Une profession en première ligne

Et quand je dis connus de personne, ce n’est pas vrai. Ils sont connus de leurs pairs, de leurs patients et des familles de ceux qui vivent encore grâce à eux. Rendre hommage aux soignants en invitant l’un d’eux, c’est une idée sympathique. Mais qui inviter ? Une infirmière, une aide-soignante, un brancardier, un médecin ? Les 4. Le principe de l’émission étant ce qu’il est, l’idée d’accueillir un « ponte » ou un « mandarin », comme on les appelait jadis, s’est vite imposée. Mais qui ? Notre région est en pointe dans de nombreuses spécialités. Mais l’une d’elle est en première ligne depuis des mois : la réanimation. On égrène tous les jours le nombre de lits occupés dans ces services du dernier espoir. Le plus important de la région est à Lyon. Il vient d’ailleurs d’être entièrement rénové. Il est placé sous l’autorité du Directeur de l’Hôpital Louis Pradel-Hospices Civils de Lyon, le Pr Jean-Luc Fellahi. Ne cherchons pas davantage : c’est notre homme !    

Passer l’étape de la méfiance

C’est notre homme mais il faudra l’entremise d’une connaissance commune pour caler le rendez-vous. Son profil m’impressionne. Un CV long comme 3 bras. Un parcours professionnel riche, entre privé et public. Une vie personnelle foisonnante. Les 20 mn de l’émission ne suffiront pas. Encore faut-il qu’il puisse et qu’il veuille bien se libérer… On le dit très méfiant vis-à-vis des journalistes. Il me confiera d’ailleurs détester les face à face dans lesquels l’interviewer donne l’impression de piéger son invité à coup d’attaques agressives dans la forme et vide dans le fond. Notre intermédiaire me connaît bien. Ce n’est pas mon style. Je suis capable de poser avec le sourire des questions très embarrassantes. Encore faut-il qu’elles soient utiles au propos de l’émission. Ce n’est pas le cas ici. L’accord de l’invité acquis et la préparation de l’émission effectuée, vient le jour de l’enregistrement. Exceptionnellement l’émission est diffusée le lendemain. Pas de risque, même si nous parlerons peu du contexte Covid, d’être contredits par l’actualité.
 
le traditionnel selfie de l'émission ! / © Vous êtes formidables / FTV
le traditionnel selfie de l'émission ! / © Vous êtes formidables / FTV

Un jardin secret

La rencontre est cordiale. L’invité est venu avec son épouse. Le couple est fort sympathique. Le Professeur est souriant mais un brin tendu par cet exercice qui va lui imposer de se livrer un peu. C’est parti pour ces malheureuses et trop courtes 20 mn qui, effectivement, n’ont pas suffi ! Nous évoquons sa ville natale du Havre, qu’il n’aime pas. Sa passion pour la plongée sous-marine avec un reportage sur un apnéiste. Plongée particulière qui a un lien avec la respiration, que notre invité connaît bien. Son service militaire durant lequel il est nommé médecin-réanimateur du Pdt de la République de l’époque François Mitterrand. Nous n’aurons pas le temps de parler de sa passion pour la BD ni de son jardin secret : la poésie. Il a d’ailleurs écrit un recueil que j’ai ouvert avec la crainte d’y retrouver les rimes obligés et la dictature du nombre de pieds, qui rend impossible à lire les poètes du dimanche. Il a heureusement su s’affranchir de ces règles castratrices et libérer une plume talentueuse sur des thèmes intimes.

Oublier le temps…

Une belle rencontre. D’autant que l’homme a de l’humour et qu’il a joué le jeu. Il a su mettre de côté (mais jamais très loin) la rigueur et la réserve scientifique pour livrer un peu de lui. Ses origines kabyles par son père. Les raisons du choix de la médecine et de cette spécialité, qui confronte souvent à la mort. Notre échange nous a fait oublier l’heure qui passait et j’ai failli manquer la fin de l’émission. Pour lui comme pour moi, c’est bon signe. Nous ne nous sommes pas ennuyés un instant. Espérons que le téléspectateur sera aussi sous le charme de cet excellent ambassadeur de ces métiers auxquels on ne rendra jamais assez hommage. Bravo à tous !