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REPLAY | Régis Marcon : Passion et partage !

Alain Fauritte et Régis Marcon, invité de "Vous êtes formidables !" / © Vous êtes formidables / FTV
Alain Fauritte et Régis Marcon, invité de "Vous êtes formidables !" / © Vous êtes formidables / FTV

D’un métier qu’il aurait pu maudire, il est devenu l’un des plus prestigieux représentants. Le Chef 3 étoiles Régis Marcon est l’invité de « Vous êtes Formidables », sur France 3 Rhône-Alpes-Auvergne. Rencontre avec un artiste discret. 
 

Par Alain Fauritte

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L’histoire de Régis Marcon est singulière. S’il est aujourd’hui l’un des plus grands chefs du pays et qu’il est admiré aux 4 coins du monde, ce n’est pas l’aboutissement d’un rêve d’enfant. La cuisine, pour lui, c’est le métier qui faisait pleurer sa mère, seule à la tête d'un café perdu entre Velay et Vivarais. Un établissement modeste qu’elle devait faire tourner seule après la disparition de son mari. Dans cette région rude où souffle la fameuse et terrible burle, ce vent glacial et sec venu du nord, l’enfant qu’il était rêvait des beaux-arts, pas de gastronomie. Mais la cuisine l’a rattrapé. Ce « Clos des Cimes » bien nommé, que sa mère avait tenu à bout de bras, il l’a repris avec son épouse, comme par revanche, et il en a fait un temple de la gastronomie.

Cet homme est un passeur 

L’histoire ne s’est certes pas écrite en un jour. C’est sans doute ce qui rend cet homme modeste et discret aussi attachant. Il porte le poids de chaque pierre ajoutée à l’édifice, de chaque étoile accrochée à la devanture. La première en 1990, la 2ème en 1997 et la 3ème en 2005. Sans oublier, bien sûr, le graal que représente le Bocuse d’Or, remporté en 1995. On peut parler de travail de bénédictin. Car il faut la patience, l’exigence, le soin pour bâtir une maison comme la sienne. Il faut l’amour du travail bien fait et savoir transmettre cet amour aux autres. Et la transmission, Régis Marcon c’est son truc. Il va à l’autre bout du monde pour transmettre sa passion de la cuisine avec la même ferveur qu’il le fait dans sa propre maison. A sa brigade, mais aussi à ses fils. Jacques l’ainé, qui a attrapé le virus et qui travaille à 4 mains avec son père, mais aussi Paul, le plus jeune, qui trace déjà sa route avec un esprit de compétiteur. Thomas, le cadet, oeuvre aussi dans la maison familiale, mais pas en cuisine, tandis que leur sœur Marie a choisi le métier de libraire.

Une histoire de coqs

Une belle réussite qui est à une période charnière. Régis veut encore savourer les fruits d’un long labeur et la reconnaissance d’une profession qui ne fait jamais de cadeau. Et Jacques, désigné pour prendre la suite, veut imposer sa patte et se faire un prénom. Entre les deux, il y a parfois des frictions. L’épouse de Régis, Michèle, les compare d’ailleurs avec humour à deux coqs qui veulent régner dans  la même basse-cour. Heureusement qu’il y a de l’amour pour adoucir des tensions bien compréhensibles. On ne peut d’ailleurs souhaiter que le meilleur à cette famille où chacun a su se faire sa place et où la passation de relai se fait en bonne intelligence. D’autres prestigieuses maisons n’ont pas eu cette chance. C’est d’ailleurs toute la dureté de ce métier. Un métier d’art. Car un restaurant n’existe que par celui qui apporte son style, sa vision, ses créations et transmet à son équipe le soin de les mettre en œuvre au quotidien. Il y a de l’éphémère et de l’extrême fragilité dans cet art, qui suscite l’admiration.
 

Rendez-vous au paradis

Je dois l’avouer, je n’ai jamais goûté à la cuisine de Régis Marcon. Ce n’est pas l’envie qui manque, mais l’éloignement qui joue beaucoup ! Ce sera sans doute réparé un jour. Chaque fois que je croise cet homme humble et pudique, je me dis que sa cuisine recèle certainement bien des surprises. Car au-delà de l’humilité et de la pudeur, on ressent un bouillonnement créatif et de la gourmandise. Tout est dans sa façon de remuer les mains et dans son regard intense. Un regard qui pétille de tout ce que l’artiste a encore à créer et à raconter. Il est bien loin d’avoir donné tout ce qu’il a à offrir. C’est promis, je ferai la route jusqu’à St-Bonnet-le-Froid. J’affronterai la burle et sacrifierai quelques économies pour le privilège d’une expérience sans doute inoubliable…