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REPLAY. Victor Bosch : du flair dans les affaires

Victor Bosch est l'invité d'Alain Fauritte pour l'émission "Vous êtes formidables" / © Vous êtes formidables / FTV
Victor Bosch est l'invité d'Alain Fauritte pour l'émission "Vous êtes formidables" / © Vous êtes formidables / FTV

Dans le monde du showbiz, ils sont nombreux à envier son carnet d’adresses et un succès comme le fut la comédie musicale «Notre Dame de Paris ». Le producteur et Directeur de salles Victor Bosch est l’invité de « Vous êtes Formidables ! », vendredi à 10H15 sur France 3 Auvergne Rhône-Alpes.

Par Alain Fauritte

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Victor Bosch, c’est l’exemple d’une reconversion brillante après une belle carrière de rocker. Comme il le dit lui-même : « tous les 10 ans, le rock a besoin de se renouveler, et si on ne sait pas trouver sa nouvelle place, il vaut mieux partir ». Entre 1971 et 1981, Victor Bosch était le batteur du groupe « Pulsar », une formation souvent comparée aux Pink Floyd français, qui connait un grand succès dans la 2ème partie des années 70. Après avoir tourné la page de la scène, il reste dans l’univers artistique en tant que chargé de production pour des festivals ou les biennales lyonnaises d’art contemporain et de la Danse. Une expérience et une expertise qu’il utilise pour mettre en œuvre le chantier d’une salle de spectacle d’exception qu’on lui propose alors: le Transbordeur. Une salle qui devient la fierté de l’agglomération lyonnaise et qui consolide sa crédibilité. 10 ans après l’inauguration de ce lieu mythique, il croise la chance de sa vie…

UN TRIOMPHE HISTORIQUE

Ami de longue date avec Guy Darmet, créateur et alors Directeur de la Maison de la Danse de Lyon, ce dernier lui présente le duo Luc Plamondon-Richard Cocciante, un auteur et un compositeur qui ne parvient pas à produire son ambitieux projet de Comédie Musicale. Le monde du spectacle vivant hexagonal est persuadé depuis toujours que le genre est réservé à la culture anglo-saxonne et les portes se ferment les unes après les autres. Victor Bosch écoute quelques chansons sur une cassette et comprend qu’il tient une pépite. Il hypothèque sa maison sans le dire à son épouse, cherche un partenaire et se lance dans la production de « Notre Dame de Paris ». La suite appartient à l’histoire. L’adaptation musicale du roman d’Alexandre Dumas est toujours, à ce jour, le plus grand succès de la comédie musicale tricolore. L’histoire d’Esmeralda, Quasimodo, Phoebus et Frollo a été vue par plus de 8 millions de spectateurs et l’album s’est vendu à plus de 10 millions d’exemplaires. Un beau succès artistique et un magnifique jackpot pour le co-producteur lyonnais du spectacle et du disque.  

DES HAUTS ET DES BAS

A ce sujet, de nombreux confrères se sont risqués à tenter de connaître le montant tombé dans l’escarcelle de Victor Bosch, mais l’homme qui connaît bien la culture française et son tabou autour de l’argent, s’est toujours gardé d’apporter réponse à leur question. Une question que je ne poserai donc pas dans l’émission. Hors plateau, j’aborde prudemment le sujet. Les yeux pétillants, il me dit que son avenir est assuré pour toute sa famille, d’autant qu’il a cédé ses droits au moment où ils avaient le plus de valeur. Il faut tout de même savoir que le métier de producteur est fait dans le meilleur des cas de succès mais aussi d’échecs. Parmi ses aventures, il y a « Le Petit Prince ». Il ne cache pas que cette comédie musicale a été montée plus par opportunité que par passion. Les relations avec les ayant-droits d’Antoine de St Exupéry ont semble-t-il été houleuses et le résultat est une œuvre attachante mais au public trop peu nombreux pour la classer dans les annales des productions triomphantes.

TOUJOURS POSITIVER

Quant à la situation de ces derniers mois, elle est bien sombre. Sa nouvelle production : « Les Souliers Rouges », initiée par Marc Lavoine, a été tuée dans l’œuf par la crise sanitaire. L’optimisme que Victor Bosch affiche toujours est donc un brin affecté par l’avenir flou pour le spectacle vivant. Même s’il n’a pas besoin de ses revenus de Directeur de salles de spectacles pour vivre, il ne sait pas comment le Radiant-Bellevue de Caluire, le Toboggan de Décines et surtout les artistes et les professionnels qui vivent des spectacles vont sortir de cette crise inédite. Pourtant il pense déjà à l’après. Lorsque son compère Guy Darmet lui demande par écran interposé s’il a un projet de comédie musicale dans ses tiroirs, il évoque le travail de Laurent Voulzy autour de Jeanne d’Arc. Le complice d’Alain Souchon prend son temps, comme toujours, mais l’œuvre peut-être plus proche de l’opéra que de la comédie musicale attise la curiosité. On en reparlera sans doute dans les prochains mois…

UN ŒIL SUR DEMAIN

D’ici là Victor Bosch aura jonglé avec l’adaptation des jauges des salles aux contraintes sanitaires évolutives. Il aura aussi posé son regard attentif sur le travail des nouvelles générations. Attentif et attentionné. Le jeune garçon qui était chargé cette semaine de désinfecter les éléments du décor dès notre sortie de plateau, s’est dirigé vers lui pour lui demander ses coordonnées afin de lui envoyer son travail. Il est musicien et espère bien percer, comme beaucoup. Victor Bosch l’a accueilli avec attention et bienveillance en lui promettant de l’écouter. Ça n’engage à rien mais c’est en rupture avec l’image que l’on a des producteurs méprisants aux gros cigares. On peut être un professionnel dur en affaires et respecter les plus humbles. Ce n’est pas incompatible… Et c’est rassurant !