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Étonnement après l'obligation faite à la prison de Saint-Quentin-Fallavier de servir des repas halal

© France 3 Alpes
© France 3 Alpes

France Bleu Isère a révélé que la prison de Saint-Quentin-Fallavier s'est vu rappeler par la justice administrative son obligation de proposer des repas halal aux détenus musulmans. Étonnement parmi les professionnels du milieu pénitentiaire, cette mesure aurait déjà cours. 

Par Franck Grassaud avec AFP

Le tribunal administratif de Grenoble avait été saisi par un détenu du centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier, qui s'était vu refuser sa demande de repas halal par le directeur de l'établissement. Dans une décision rendue le 7 novembre, le tribunal demande au directeur de proposer "régulièrement" des menus composés de viandes halal "dans un délai de trois mois."

Le tribunal souligne que le principe de laïcité "impose que la République garantisse le libre exercice des cultes" et qu'il ne fait donc "pas obstacle à ce que les détenus de confession musulmane se voient proposer des menus comportant des viandes respectant les rites confessionnels de l'islam."

"C'est une décision très importante, c'est la première fois qu'une juridiction administrative condamne un établissement pénitentiaire à servir des plats halal aux détenus", a déclaré Alexandre Ciaudo, avocat du prisonnier à l'origine de l'affaire.

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des repas halal en prison?
Intervenants : Maître Alexandre Ciaudo, avocat d'Adrien K. ; Alain Chevallier, secrétaire Régional UFAP-Justice


Étonnement dans le milieu pénitentiaire 


D'un mot, le directeur de l'établissement a commenté cette décision avant de nous renvoyer vers sa hiérarchie. Pour lui, cette affaire est discutable car il se sent directement visé. À Saint-Quentin, un protocole existe concernant les besoins des détenus, leur régime alimentaire, les questions médicales. 

"Cette affaire m'étonne beaucoup", note Alain Chevallier du syndicat UFAP-UNSA justice, "dès qu'un détenu arrive dans un établissement, la première chose qu'on lui demande c'est son régime alimentaire, pourquoi serait-ce différent à Saint-Quentin?"

Dans un avis rendu en avril 2011, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, avait déjà attiré l'attention de l'administration pénitentiaire française sur les "carences alimentaires réelles" de détenus "se plaignant fréquemment de ne pas manger à leur faim" du fait de l'absence de repas respectant leurs prescriptions religieuses. 

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