Haute-Loire : pour recenser les cerfs, les chasseurs sont à l'affût du brame

Afin d'estimer la population de cerfs dans le massif de Combeneire, les chasseurs de Haute-Loire sont attentifs au brame de l'animal. / © Gérard Rivollier / France Télévisions
Afin d'estimer la population de cerfs dans le massif de Combeneire, les chasseurs de Haute-Loire sont attentifs au brame de l'animal. / © Gérard Rivollier / France Télévisions

Environ 200 chasseurs se sont mobilisés pour compter les cerfs du massif de Combeneyre à Aubazat (Haute-Loire) lundi 23 septembre. Ils profitent de la période du brame pour évaluer la population de grands cervidés, et ainsi prévoir les plans de chasse pour éviter leur prolifération.

Par Valentin Pasquier avec Gérard Rivollier

Il est 18h30, à la cabane des chasseurs c'est l'effervescence. À Aubazat (Haute-Loire), dans le secteur de Langeac, le technicien de la fédération distribue les cartes et donne les consignes d'observation aux 200 chasseurs réunis là en cette soirée du 23 septembre.

Une heure plus tard, ces derniers sont dispersés en binômes sur des points d'écoute répartis dans le massif forestier de Combeneyre, large de plus de 80 000 hectares, soit la surface du centre-ville de Clermont-Ferrand. Le jour décline, puis on perçoit des cris rauques tout autour : ce sont les cerfs qui brament.
 

Renseigner une carte

"Ce sont uniquement les mâles dominants qui brament, c'est le signal de la période du rut, de la reproduction," signale Patrice Vicat, le technicien de la fédération. Muni d'une carte, chaque observateur doit renseigner dessus le lieu d'où proviennent les cris des grands cervidés. C'est ensuite par recoupement qu'on pourra évaluer ensuite comment leur population évolue.

"Il y a une quinzaine d'années, on en voyait beaucoup plus. Depuis les prélèvements, en tant que chasseur, on trouve qu'on en observe beaucoup moins," observe Hubert Bayol, l'un de ces compteurs-chasseurs. "Un chasseur n'est pas là pour tout détruire, il fait aussi de la gestion, poussé par le propriétaire forestier et les agriculteurs," constate Joël Hausner, le président de l'association de chasse Arlet-Aubazat.
 

Limiter la prolifération

L'objectif de ces comptages annuels, nocturnes ou diurnes, c'est aussi de prévoir les plans de chasse de l'année, c'est-à-dire le nombre de cerfs à débusquer sur le massif. Il faut tenir compte de tous les intérêts, notamment ceux des propriétaires forestiers. "Le cerf fait des dégâts, comme le chevreuil en fait. On les voit pas, mais on observe les conséquences beaucoup plus tard," explique Didier Cornut, propriétaire forestier Fransylva 43.

La période du brame dure jusqu'à mi-octobre. Une deuxième nuit d'écoute aura lieu, puis les résultats seront dépouillés par la fédération des chasseurs qui fera des propositions de plan de chasse au préfet pour gérer au mieux le cheptel sauvage.

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