"Acis et Galatée" enchante le Théâtre du Puy-en-Velay

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Écrit par Richard Beaune

La troupe dirigée par Damien Guillon a chanté l'amour selon Haendel samedi 20 août au Théâtre du Puy-en-Velay et a conquis le public. Une belle mise en scène, sobre et efficace, et une interprétation tout en finesse. Un "Acis et Galatée" très inspiré.

"Le plus important, c'est de raconter une histoire et d'en extraire la beauté. J'avais vraiment envie de faire en sorte que ce qu'on voyait soit à la hauteur de la musique, avec des situations amoureuses fortes et des images qui restent coller longtemps dans la tête." Du coup, Anne-Laure Liégeois, à qui le Centre Lyrique Clermont-Auvergne a fait appel pour la mise en scène, a choisi de mettre cinq chanteurs et un comédien dans un pré et de laisser l'amour agir.

Il faut dire que si la musique de Georg Friedrich Haendel est très inspirante, l'histoire que nous a rapporté Les Métamorphoses d'Ovide est quand même l'une des plus belles histoires d'amour de tous les temps: Acis aime la nymphe Galatée qui est aimée par le géant Polyphème, lequel n'est pas aimé par Galatée qui aime Acis. Du coup, Polyphème tue Acis qui se transforme en fleuve, lequel se jette dans la mer, ce qui est bien pratique pour la nymphe marine qu'est Galatée puisqu'elle peut désormais étreindre éternellement son amour Acis sans craindre les foudres de quiconque. 

Ce sont de belles histoires d'amour et et ça a été une belle histoire d'amitié cette aventure, Anne-Laure Liégeois, metteur en scène

Anne-laure Liégois et Damien Guillon qui a dirigé l'opéra se sont visiblement entendus à merveille pour monter cette courte pièce et le résultat en est la preuve. Tout dans ce spectacle enchante et la joie qu'ont les comédiens et chanteurs de nous conter fleurette est flagrante.

Le chef et la metteur en scène ont choisi d'offrir une version intimiste de l'oeuvre de Haendel, proche finalement de celle que le compositeur avait présentée au Duc de Chandos pour qui il travaillait à Cannons en Angleterre. Les cinq solistes prennent également en charge les choeurs et l'orchestre est composé de 14 musiciens seulement, presqu'un orchestre de chambre et "ça colle à la pièce" nous confie Damien Guillon puisque, le rappelle-t-il, "Acis et Galatée" n'est pas vraiment un opéra mais ce qu'on appelle alors un masque, spectacle baroque qui mêle tous les arts scèniques. 



Produit par le Centre Lyrique Clermont-Auvergne, le spectacle qui bénéficie déjà du talent de Cyril Auvity (photo ci-contre), natif de Montluçon, qui au passage a travaillé avec William Christie, met aussi en avant deux jeunes lauréats du vingt-quatrième Concours international de chant de Clermont-Ferrand, Patrick Killbride incarnant un Damon qui portait bien son nom et Edwart Grint qui a transformé la monstruosité de son Polyphème en ténébreuse beauté. La seule fausse note finalement, c'est le peu de public qui a profité de cette représentation puisque seulement deux tiers du Théâtre était rempli. Le public présent, lui, n'a pas boudé son plaisir et a ovationné la troupe pendant de longues minutes.

Interviews de Anne-Laure Liégeois et Damien Guillon pour Acis et Galatée de Haendel