En Haute-Loire, deux artistes haïtiens perpétuent l'art sur tôle découpée

Leur village de Noailles, à Haïti, s'est spécialisé dans cet art et cet artisanat lancé dans les années 1950. / © France 3 Auvergne - Gérard Rivollier
Leur village de Noailles, à Haïti, s'est spécialisé dans cet art et cet artisanat lancé dans les années 1950. / © France 3 Auvergne - Gérard Rivollier

Deux artistes haïtiens sont exposés à Saint-Julien-Chapteuil en Haute-Loire. Ils pratiquent l'art de la tôle découpée. Ils créent leurs œuvres à partir de bidons et de barils qu'ils recyclent à leur manière. L'exposition sert d'ailleurs à financer des projets de développement en Haïti.

Par Marc Taubert

Dans leur pays, on les appelle des "boss métal" ou les forgerons vaudous. Avec un petit burin et un marteau, ils créent leurs œuvres à même le sol sur des plaques de fer. Il leur faut de la précision et de la patience.

Leur village de Noailles, à Haïti, s'est spécialisé dans cet art et cet artisanat lancé dans les années 1950.

"Le village a un nom, une renommée internationale. Cela s'expose dans les musées, les salons, les galeries", explique Jean-Eddy Rémy, Boss métal.

Et de poursuivre : "on est à la 6e génération des Boss métal et il y a plus de 400 personnes qui travaillent le fer découpé dans le village."

En Haute-Loire, deux artistes haïtiens perpétuent l'art sur tôle découpée
Intervenants : Jean-Eddy Rémy, boss métal; Mathias Cazin, Zetwal art et artisanat solidaires - France 3 Auvergne - Gérard Rivollier, Elodie Brot-Monnier, Didier Robert

C'est la première exposition à l'étranger pour Josué, alors que Jean-Eddy, lui, a déjà exposé à New York, à Paris et à Milan. Ses sources d'inspiration sont variées, comme la politique et la corruption dans son pays par exemple :

"Les sénateurs ou les députés chez moi m'ont inspiré leur type de mafia parce que l'un accuse l'autre. Mais aucun des deux n'a le courage de regarder l'autre dans les yeux", dit-il en montrant une de ses œuvres.

© France 3 Auvergne
© France 3 Auvergne

L'esprit vaudou plane également sur ses créations originales à travers les Vévés qui représentent les esprits :

"Quand les esclaves venaient dans la colonie, ils ne pouvaient pas pratiquer leur religion. Derrière chaque image de saint de l'Église, il y a un esprit vaudou caché derrière."

À l'origine de l'exposition, Mathias Cazin qui a découvert le fer découpé lors d'un voyage humanitaire. Il se fait désormais l'ambassadeur de cette culture haïtienne.

La vente des œuvres permet de financer les projets du centre communautaire que Jean Eddy a créé dans son village après le séisme de 2010.

"Cela peut être des projets périscolaires, ludiques pour les vacances. Il a aussi des projets beaucoup plus gros. Il n'y a pas longtemps, il a accueilli des médecins, des généralistes qui ont donné 800 consultations gratuites", raconte Mathias Cazin, Zetwal art et artisanat solidaires.

Une exposition des Boss métal d'Haïti à voir jusqu'au 6 août sur plusieurs sites : à Saint-Julien-Chapteuil, Tence, Le Monastier-sur-Gazeille, Lantriac et Montusclat.

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