Haute-Loire : le Festival de la Chaise-Dieu vu par ses habitants ?

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Écrit par Aurélie Albert

La Chaise-Dieu change de visage pendant le festival de musique  où on attend 20 000 mélomanes pour 600 habitants. Mais comment les Casadéens vivent-ils le festival durant ces 10 jours ? Nous avons été leur poser la question.

Entre les touristes, les festivaliers, les organisateurs et les musiciens, ce n'est pas toujours facile de trouver les habitants de la Chaise-Dieu. Nous nous sommes demandé si les Casadéens restaient dans la commune pendant le Festival, s'ils étaient tous des mélomanes, et comment ils vivaient ce festival pendant 10 jours. 
  

20 000 visiteurs pour 600 habitants 

Mais avant, il faut les trouver ces 600 habitants parmi les 20 000 visiteurs que draine le festival de la Chaise-Dieu. Il faut donc s'engouffrer dans les petites ruelles pavées du bourg. Au cours de ma balade, j'ai surtout vu des volets et des portes fermés. 
C'est en contrebas de l'abbatiale Saint-Robert que je rencontre Marie-Paule Malapert. Depuis 51 ans, elle vient passer une partie de l'été dans la maison de sa belle-famille, avec son mari René. Et donc, tous les étés, elle vit le festival de La Chaise-Dieu au plus près. "L'année dernière, je suis allée voir un concert avec ma petite fille Emilie, qui a 20 ans, mais on a failli s'endormir. On n'est pas trop des mélomanes dans la famille. Mais ça met de l'animation dans le village. On voit beaucoup de monde, c'est bien. Après, j'ai cru comprendre que ceux qui habitent près de l'abbaye sont un peu plus dérangés par le bruit le soir et la nuit", explique Marie-Paule. 

Au terme d'une longue discussion, je décide de continuer mon excursion dans les rues de La Chaise-Dieu et je remonte vers l'abbatiale. Sur mon chemin, je croise Zoé Revol avec son panier de Cèpes à la main. Habitante de la Chaise-Dieu depuis son enfance, elle travaille aujourd'hui dans la restauration. Pour elle, le festival est un moment important dans l'année. "Les gens ne me dérangent pas, ça change du quotidien, il y a plus de monde que pendant l'hiver. En plus, c'est juste une semaine pendant l'année. Ce n'est pas comme si c'était toute l'année et que les touristes venaient se garer tout le temps devant chez nous. Ce n'est pas le plus dérangeant pour moi". Mais pour la jeune femme, pas le temps d'aller assister aux concerts du festival. 
   

"La Chaise-Dieu est mise en avant comme elle le mérite"

Tout comme Dany Dours, qui tient le café juste en face de l'abbaye. a prolonge la saison, ça apporte de la visibilité à La Chaise-Dieu en France. La Chaise-Dieu rayonne, elle est mise en avant comme elle le mérite. Je n'ai pas le temps d'aller voir des concerts, mais j'aimerais bien, peut-être à la retraite"

Bon, mais il n'empêche que beaucoup de maisons dans le village semblent inhabitées. Je continue donc d'arpenter les rues. Et sur ma route, je croise Jean-Yves Sicre. Il vit ici depuis 25 ans. "Dans le village, ça a été, pendant longtemps, une population vieillissante, donc là il y a eu beaucoup de décès, m'explique le Casadéen. Après, il y a beaucoup de maisons secondaires, les gens ne sont pas toujours là. Mais ceux qui restent sont ravis de voir qu'il y a de la vie dans le village, même pendant 10 jours"

Je suis donc rassurée de voir que les habitants de la Chaise-Dieu sont toujours là, même pendant le festival. Bon, ils ne sont pas tous des férus de musique classique. Mais même pour les habitants du village, le festival a sa renommée.