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Le Puy-en-Velay : double plainte après la mort d'une fillette et d'une jeune femme de la grippe

Les deux victimes ont été admises aux urgences du centre hospitalier Emile Roux, au Puy-en-Velay, avant leur décès, début 2019. / © Capture d'écran Google
Les deux victimes ont été admises aux urgences du centre hospitalier Emile Roux, au Puy-en-Velay, avant leur décès, début 2019. / © Capture d'écran Google

Les familles de deux victimes de l'épidémie de grippe qui a sévi au début de l'année, une fillette de 4 ans et une femme de 33 ans, décédées après leur passage aux urgences du Puy-en-Velay, en Haute-Loire, portent plainte. Elles tiennent le centre hospitalier Emile Roux pour responsable. 

Par Emma Derome et Gérard Rivollier

L'épidémie de grippe est derrière nous, mais elle a fait des victimes, notamment en Haute-Loire, au début de l'année, révèle L'Éveil. Une femme de 33 ans, mère de deux enfants, est décédée le 20 janvier dernier, à Saint-Julien-Chapteuil. Une petite fille de 4 ans a également succombé à la maladie, le 4 février au Puy-en-Velay.

Leur point commun ; elles sont toutes les deux passées par les urgences du centre hospitalier Emile Roux, au Puy-en-Velay, avant de décéder, vraisemblablement d'une infection pulmonaire. Elles auraient été renvoyées chez elles par le personnel médical, leur état de santé ne semblant pas plus alarmant qu'une simple grippe. 
 
Double plainte après la mort d'une fillette et d'une jeune femme de la grippe
Gérard Rivollier et Elodie Brot-Monnier

Prise en charge au bout du 3ème appel

La mère de la fillette, afghane, avait sollicité de nombreuses fois les médecins avant le décès de sa fille Athéna. Le lundi, elle s'est rendue chez son médecin traitant, pour ses deux enfants grippés, puis à nouveau le mercredi. Le vendredi, elle s'est rendu aux urgences de l'hôpital Emile Roux, où les médecins ont analysé les urines de la fillette et lui ont donné des médicaments avant de lui dire de rentrer chez elle.

Dans la nuit du samedi au dimanche avant le drame, elle a sollicité trois fois les secours via le numéro d'urgence 112. "Ce n'est que quand elle a mis le téléphone à la bouche d'Athéna qu'ils ont envoyé des secours, indique Fatimé Barati, la petite cousine de la victime. Elle respirait très mal c’est là qu’ils ont compris que ça n’allait vraiment pas, que c’était grave."

Mais les secours ne parviendront pas à ranimer la fillette une fois sur place. "Quand ils sont venus à la maison, ils ont dit qu’elle était vivante mais que son cerveau ne fonctionnait plus. Une heure plus tard, elle était morte" raconte Fatimé.

"Ils n'ont pas fait leur travail"

Les familles des victimes tiennent le centre hospitalier pour responsable et ont déposé deux plaintes contre X en attente d'instruction. Pour la famille d'Athéna, il s'agit d'agir "pour les personnes après Athéna, pour que l'hôpital fasse attention". Concernant la jeune fille, une information judiciaire pour "homicide involontaire" et "omission de porter secours à une personne en péril" a été ouverte par le parquet du Puy-en-Velay.

"Je ne comprend pas, ils n’ont pas fait leur travail, estime Fatimé. Si elle est décédée, c’est que c’était grave, mais ils n’ont pas vérifié aux urgences. Et il ne faut pas appeler 3 fois les urgences pour qu’ils réagissent, il y a un souci quand même. On est en France, et une petite fille en pleine santé peut mourir du jour au lendemain de la grippe." 

Une enquête a aussi été confiée aux gendarmes concernant la mort de la trentenaire, d'origine marocaine, dont la famille est partie à Marseille. 

Contacté, l'hôpital attend les conclusions des enquêtes pour s'exprimer. Il assure que ses équipes soignantes "ont été très affectées à la suite du décès de ces deux personnes" mais "qu'il serait bien hasardeux d’avancer de quelconques arguments à ce stade". Et note que "le virus de la grippe a tué cette année, comme les précédentes, des milliers de personnes en France, parfois dans des contextes de dégradation foudroyante des états de santé".
 

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