Quand un village de Haute-Loire rend hommage à la famille Klarsfeld

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Écrit par C. L avec Camille Da Silva

Samedi 30 juillet, Saint-Julien-Chapteuil, en Haute-Loire, accueillait la famille Klarsfeld. Le chasseur de nazis, Serge Klasfeld, et sa sœur Georgette ont vécu quelques mois, avec leur mère, en 1944 dans la cité capitolienne.

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Samedi 30 juillet, le village de Saint-Julien-Chapteuil, en Haute-Loire, a rendu hommage à la famille Klarsfeld. C’est dans un petit immeuble au cœur de la commune que la famille a trouvé refuge en mars 1944. Une arrivée qui a lieu quelques mois après l’arrestation de leur père à Nice et sa déportation à Auschwitz. Serge Klarsfeld, cofondateur de l'association des « Fils et Filles des Déportés Juifs de France » raconte : « La période que nous avons vécue pendant quelques mois, où nous étions pourchassés à Nice et où nous avions peur de tout, était une période absolument tragique. Se retrouver non plus dans une grande ville mais dans un bourg, au sein de la France profonde, avec un environnement humain sympathique et protecteur, cela nous changeait beaucoup ».

Des souvenirs précis

Alors âgée de 12 ans, Georgette, la sœur de Serge Klarsfeld, n’a rien oublié de son histoire avec le petit village de Haute-Loire. Face à la façade de l’immeuble où elle a vécu, les souvenirs refont surface, comme ce matin de juin 1944. Georgette Klarsfeld, sœur aînée de Serge Klarsfeld, se souvient : « J’ai ouvert cette fenêtre et j’ai hurlé sur toute la rue « Les Américains ont débarqué ! Les Alliés ont débarqué ! ». Cela a été une émotion extraordinaire. Pour moi, le jour le plus triste a été le jour où j’ai quitté Saint-Julien ».

Des réfugiés intégrés à la population

Comme Serge et Georgette Klarsfeld, plus de 1 200 réfugiés ont mené une vie paisible à Saint-Julien-Chapteuil pendant la Seconde guerre mondiale. André Ferret, maire de Saint-Julien-Chapteuil, explique : « Ils ont été intégrés à la population, puisqu’ils travaillaient dans les fermes et chez les artisans. Ils étaient vraiment impliqués. Ils allaient à l’école à Saint-Julien. Ils étaient sur les même bancs que les enfants capitoliens ».

La traque des nazis

A la Libération, la famille quitte Saint-Julien-Chapteuil mais reviendra plusieurs fois, comme en 1967 où Serge Klarsfeld est accompagné de son épouse Beate. Sur place, elle écrit une tribune contre le chancelier allemand Kiesinger dans laquelle elle dénonce son passé d’ancien haut fonctionnaire nazi. Le couple commence alors sa traque des anciens nazis dans le monde entier. Un combat pour la mémoire qui fait la fierté du village. Un habitant indique : « C’est une grande émotion parce que, tout en étant Lyonnais et attaché à Saint-Julien-Chapteuil pour y avoir une maison familiale, je n’avais jamais réalisé le lien de cette famille avec la commune. Pour moi, ce sont de grands témoins du XXe siècle ».

Le 14 juillet dernier, Serge Klarsfeld a été élevé grand-croix de la Légion d’honneur, la plus haute distinction. Son épouse a quant à elle été promue grand-officier.