Qui étaient Max Bonniot et Pierre Labbre, morts dans un accident d'alpinisme au Mont-Blanc ?

Max Bonniot du GMHM et Pierre Labbre, guide de haute montagne, sont morts dans un accident d'alpinisme au Mont-Blanc. / © GMHM / Facebook / DR
Max Bonniot du GMHM et Pierre Labbre, guide de haute montagne, sont morts dans un accident d'alpinisme au Mont-Blanc. / © GMHM / Facebook / DR

Max Bonniot, membre du Groupe militaire de haute montagne, et Pierre Labbre, guide à Chamonix, ont perdu la vie dans un accident d'alpinisme ce mercredi. Leurs proches rendent un dernier hommage à ces deux amoureux de la montagne en racontant leur parcours.

Par Margot Desmas

Les corps de Max Bonniot et Pierre Labbre ont été découverts mercredi 20 novembre au pied de l'Aiguille du Plan, non loin de Chamonix (Haute-Savoie). Ils étaient partis lundi matin sans donner signe de vie depuis. Les deux alpinistes chevronnés auraient succombé à un accident dans le massif du Mont-Blanc, dévissant avant de faire une chute de plusieurs centaines de mètres, selon le PGHM.

L'un était militaire, l'autre guide à Chamonix. Ce mercredi, le milieu de la montagne pleure deux "frères d'altitude" qui ont franchi de nombreuses voies ensemble, des Alpes françaises à la Cordillère des Andes. Leurs proches leur rendent un dernier hommage en évoquant leur parcours.
 

 

Max Bonniot, un "ambassadeur de l'alpinisme français"


Membre du Groupe militaire de haute montagne (GMHM) depuis 2013, le caporal-chef Max Bonniot a perdu la vie à 31 ans. Le militaire était "en service dans le cadre des missions" quand l'accident est survenu sur la voie Bonington, déplore la 27e brigade d'infanterie de montagne.

"Il était très apprécié dans le groupe pour sa bonne humeur, sa vision éclairée, c'était quelqu'un de très réfléchi qui avait a coeur de transmettre son savoir-faire", note le commandant du GMHM Pierre Sancier. Véritables "soldats de montagne", les membres de ce groupe d'élite ont pour vocation de se confronter à des conditions extrêmes afin de former les autres unités de l'armée de Terre. En août, la formation expliquait son rôle dans une mini-série à couper le souffle.
 

Max Bonniot faisait partie des jeunes espoirs de l'alpinisme français quand il a intégré le GMHM. Son groupe déplore la disparition d'un "ambassadeur de l'alpinisme français" qui s'exposait à des risques "réels et acceptés". Originaire de Briançon (Hautes-Alpes), il vivait à Chamonix depuis son engagement dans l'armée. La compagnie des Troupes de montagne adresse "ses sincères condoléances" à la famille du jeune homme.
 

 

Pierre Labbre, le montagnard à la plume acérée


Il a ouvert des voies de la Patagonie aux États-Unis, le guide de haute montagne Pierre Labbre est décédé aux côtés de son compagnon de cordée dans le relief du Mont-Blanc. Basé à Chamonix depuis 2011, le Bordelais a voyagé à travers le monde et gravi les plus hauts sommets.

Sur son blog, il prenait plaisir à raconter ses plus belles ascensions dont l'arête Sud-Est du Cerro Torre (3.128 m), à la frontière entre l'Argentine et le Chili, avec un certain Max Bonniot. "Les deux zouaves (Léo Billon, chasseur alpin, et Max Bonniot, NDLR) ont de l'audace : ils m'expliquent qu’en partant vite et légers, c'est jouable, au pire on fera un portage et une reconnaissance", écrivait-il, se laissant emporter par la volonté de ses compagnons de cordée quand il jugeait la météo "moyenne".

Ponctuant son récit de photos et d'anecdotes savoureuses, Pierre Labbre faisait vivre ses aventures, parfois périlleuses, à travers sa plume. "Léger et rapide, à l’affût de chaque réglette pouvant le guider vers le haut, notre soldat s’élance, longueur après longueurs, tours après tours, vers le sommet", décrivait-il lorsque son compagnon de cordée du GMHM s'élançait sur l'arête Sud-Est du Cerro Torre.

L'un comme l'autre étaient de "brillants" alpinistes, souligne Olivier Greber, président de la Compagnie des guides de Chamonix. "Avec ses clients, il faisait les plus belles courses du massif du Mont-Blanc", ajoute-t-il. Le GMHM se délectait d'ailleurs de leurs exploits. Fin mars 2017, le groupe militaire publiait ainsi sur sa page Facebook une vidéo des deux alpinistes gravissant les 1100 mètres de la voie Rolling Stones, sur la face Nord des Grandes Jorasses.
 

L'Aiguille du Plan fut la dernière ascension du duo. A 38 ans, le guide chamoniard laisse derrière lui sa femme et un bébé de cinq mois.

 

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