Haute-Savoie : inquiétudes après le classement “Seveso seuil haut” d'un entrepôt de stockage de produits chimiques

L'entreprise Safram vient d'obtenir le classement "Seveso seuil haut" / © FTV.
L'entreprise Safram vient d'obtenir le classement "Seveso seuil haut" / © FTV.

Dans la vallée de l'Arve, en Haute-Savoie, le récent classement "Seveso seuil haut" de la société Safram inquiète une association écologiste. L'entreprise va désormais pouvoir stocker un nouveau produit toxique. Un mois après l'accident de Lubrizol à Rouen, l'association a déposé un recours.

Par Yann Gonon

Le gigantesque incendie de l'usine Lubrizol à Rouen n'en finit pas d'avoir des répercussions. En Haute-Savoie, dans la vallée de l'Arve, une association écologiste vient de déposer un recours après le récent classement "Seveso seuil haut" d'une entreprise qui stocke des produits chimiques.

C'est un entrepôt de 8000 m2 situé à Eteaux, près de la Roche-sur-Foron qui suscite l'inquiétude de l'association France Nature Environnement. Ici, l'entreprise Safram stockait déjà des produits chimiques mais n'était jusqu'à présent classée qu'en seuil "Seveso bas". L'association écologiste redoute qu'avec ce nouveau classement "Seveso seuil haut", l'entreprise accueille désormais plus de produits et surtout des produits plus dangereux. Un arrêté préfectoral du 3 septembre 2019 détaille les possibilités offertes à l'entreprise avec ce nouveau classement.
 
© FTV.
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"L'accident de Lubrizol à Rouen a montré que l'improbable était possible" plaide Jean-Pierre Crouzat, le vice-président régional de France Nature Environnement. Selon lui, dans la vallée de l'Arve, "avec cette caractéristique d'inversion de températures, il y a un risque avéré pour les populations".
 

Produit toxique non inflammable


Un argument que réfute le patron de la Safram. Si la société a demandé le classement "Seveso seuil haut", c'est pour pouvoir accueillir un produit en particulier destiné à l'un de ses clients haut-savoyard. Son nom : isophorone diisocyanate. Un produit toxique non inflammable qui sert à la fabrication d'encre d'imprimerie. 

"Ces marchandises doivent bien être entreposées quelque part" se défend Christophe Hottelier, le PDG de Safram France, qui ajoute : "je pense qu'il est préférable qu'elles soient ici, plutôt qu'entreposées dans des lieux qui ne sont pas adaptés".

Aux abords de l'entrepôt, toutes les mesures anti-incendie, comme les extincteurs ou encore les bassins de rétention, sont déjà en place. Mais avec la proximité des habitations et d'établissements scolaires, les inquiétudes demeurent. L'association écologiste a déposé un recours gracieux pour obtenir le retrait du classement "Seveso seuil haut". Elle a également lancé une pétition en ligne sur internet baptisée "Pas d'un Lubrizol bis dans la vallée de l'Arve" !
 

 

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