Haute-Savoie : tout savoir sur l'éthylotest anti-démarrage, cette alternative à la suspension de permis

L'éthylotest anti-démarrage est déployé en Haute-Savoie depuis jeudi 25 juillet. / © Rémi DUGNE / MAXPPP
L'éthylotest anti-démarrage est déployé en Haute-Savoie depuis jeudi 25 juillet. / © Rémi DUGNE / MAXPPP

Dispositif permettant d'éviter la suspension de permis, l'éthylotest anti-démarrage est en cours de déploiement en Haute-Savoie. Proposé en cas de condamnation pour alcool au volant, il ne s'adresse pas à tous les automobilistes. Voici ce qu'il faut savoir.

Par Margot Desmas

La Haute-Savoie a adopté l'éthylotest anti-démarrage (EAD). Ce dispositif de lutte contre l'alcoolémie au volant peut être utilisé dans le département depuis jeudi 25 juillet comme alternative à la suspension de permis. Expérimenté depuis septembre 2018 dans sept départements français dont la Drôme, il est en cours de déploiement sur tout le territoire français.

Qui peut en bénéficier ? Comment ça fonctionne ? Les réponses aux questions que vous vous posez sur ce dispositif qui débarque dans les départements alpins.

 

Dans quels cas ?


Tous les conducteurs ne peuvent pas bénéficier de l'éthylotest anti-démarrage. Il peut être imposé dans certains cas par le préfet, ou par décision judiciaire à l'issue du contrôle. Le contrevenant peut se le voir imposer s'il est présente une alcoolémie relevant du tribunal correctionnel (supérieur ou égal à 0,8 g/l de sang ou 0,40 mg/l d’air expiré).
 

Mais même dans ce cas, la décision n'est pas systématique et relève du cas par cas. Il existe également des situations rédhibitoires, par exemple les récidivistes ne peuvent pas en bénéficier, tout comme les automobilistes qui ont commis d’autres infractions connexes, ceux qui ont refusé de se soumettre au contrôle des forces de l'ordre ou qui ont été impliqué dans un accident corporel. De même pour les jeunes conducteurs en période de permis de probatoire.

"Cette mesure administrative permettra à ceux qui en seront les bénéficiaires de conserver leur activité professionnelle tout en garantissant la sécurité des autres usagers de la route", estime le préfet de Haute-Savoie, ajoutant que ce dispositif ne s’applique qu’aux permis de conduire français.

 

Comment ça marche ?


L'appareil, qui ressemble à l'éthylotest utilisé par les gendarmes, est installé sur le véhicule utilisé par le contrevenant. Relié au système de démarrage de la voiture, il permet de mesurer le taux d'alcoolémie présent dans l'air expiré par le conducteur. Et si ce taux dépasse la limite légale autorisée, la voiture ne démarre pas.

Petite subtilité : il faut souffler deux fois pendant le voyage, une fois avant de partir et une seconde entre 5 et 30 minutes après le démarrage du moteur. Depuis le 1er septembre 2015, les EAD sont également obligatoires en France dans les bus et autocars.

 

Quels sont les résultats des expérimentations ?


La Haute-Savoie avait réalisé une première expérimentation de ce dispositif, entre 2004 et 2011. Sur 400 personnes condamnées pour délit alcoolique ayant accepté d'installer un EAD tout en suivant un accompagnement psychologique voire médical, "la récidive a chuté des trois-quarts", indiquait en août 2015 à l'AFP le docteur Charles Mercier-Guyon, qui encadrait le suivi psychologique.

Et plus récemment, en 2018, il a été utilisé en test dans sept départements français. Sa version "médico-administrative", testée dans la Drôme, permettait à la commission médicale de la préfecture de donner un avis favorable à la restitution d'un permis de conduire si l'automobiliste faisait installer "volontairement, à ses frais, un dispositif homologué d'anti-démarrage électronique" dans son véhicule et s'il "acceptait un suivi médico-psychologique dans un établissement spécialisé en addictologie". Le conducteur bénéficiait alors d'un permis temporaire portant mention de l'obligation d'EAD.
 

Au vu du résultat de ces expérimentations, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a décidé d'étendre le dispositif à tout le territoire "pour lutter contre la conduite en état d'alcoolémie et contre la récidive de ce délit".

 

Où peut-on l'installer ?


Le dispositif est tout nouveau en Haute-Savoie et les conducteurs concernés ne peuvent pas le faire installer dans n'importe quel garage. Cet équipement fait l'objet d'une homologation et doit être mis en place par un installateur agréé par la préfecture. Il en existe deux dans le département et deux autres en Savoie et dans l'Ain :
  • Haute-Savoie : Euromaster France à Saint-Pierre-en-Faucigny et Chrono’Tech Albanais à Rumilly.
  • Savoie : Truck & Car Services (Ad Trucks Services) à Chambéry.
  • Dans l’Ain : Truck & Car Services à Viriat.

 

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