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Le Haut-Savoyard Michaël Blanc va bénéficier d'une libération conditionnelle

Michaël Blanc, détenu en Indonésie depuis 1999 et dont la condamnation avait suscité une vive émotion, bénéficiera d'une libération conditionnelle dans les jours qui viennent. La nouvelle a été annoncée en Haute-Savoie par le maire de Bonneville, elle est aujourd'hui confirmée. 
"La libération conditionnelle de Michaël Blanc a été approuvée", a indiqué une porte-parole du ministère indonésien de la Justice. En l'absence de convention de transfèrement entre la France et l'Indonésie, Michaël Blanc devra toutefois rester dans l'archipel musulman jusqu'à la fin de sa peine, le 21 juillet 2017.

Le Haut-Savoyard, âgé de 40 ans, avait été arrêté au lendemain du Noël 1999, à l'aéroport de Bali, avec 3,8 kilos de haschich dans deux bouteilles de plongée. Il avait affirmé qu'elles appartenaient à un ami qui les lui avait confiées pour les transporter. Condamné à la perpétuité, sa peine avait été commuée en 20 ans de réclusion en décembre 2008.

Aujourd'hui, un nouveau pas a été franchi"


La mère de Michaël Blanc, Hélène Le Touzey, reste tout de même prudente. "Le dossier est accepté. Je ne m'imagine pas qu'ils puissent revenir là-dessus mais nous avons eu tellement de hauts et de bas", a-t-elle expliqué. Mme Le Touzey a tout abandonné pour vivre en Indonésie auprès de son fils en prison à Jakarta. "Aujourd'hui, un nouveau pas a été franchi. Il devrait pouvoir sortir la semaine prochaine", espère-t-elle.

Une lettre de notification, envoyée par le parquet indonésien à la prison de Michaël Blanc confirme que le détenu est "libérable" à partir du lundi 20 janvier. Mais des démarches administratives restent à accomplir et pourraient prendre plusieurs jours.

Le sort de Michaël Blanc a souvent fait l'objet de comparaisons avec la Française Florence Cassez, libérée en janvier 2013 après sept ans de prison au Mexique grâce à un intense lobbying de la France.

Récit Yoann Etienne
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Vers une libération conditionnelle de M.Blanc

Paris était régulièrement intervenu en faveur de Michaël Blanc


Michaël Blanc, né le 15 juin 1973 à Bonneville, en Haute-Savoie, avait échappé de justesse à la peine de mort, souvent réclamée dans les affaires de trafic de stupéfiants en Indonésie et requise lors de son procès.

Il avait été condamné à la perpétuité le 16 novembre 2000 mais la peine, jugée très sévère en France, avait suscité une vive émotion et une impressionnante mobilisation, notamment avec le soutien de Thierry Ardisson. Finalement, la condamnation de Michaël Blanc était commuée en décembre 2008 à 20 ans de prison, une sentence souvent jugée encore lourde en France. Paris était régulièrement intervenu en faveur de Michaël Blanc et l'ancien Premier ministre François Fillon avait évoqué son cas lors de sa visite en Indonésie en juillet 2011. A Bonneville, le député-maire UMP Martial Saddier a souvent pris la parole en sa faveur.

Réactions - libération conditionnelle de M. Blanc

Michaël Blanc devait sortir de prison le 21 juillet 2017, après les rémissions de peine pour bonne conduite. Il était libérable depuis février 2012, comme tous les détenus en Indonésie qui ont effectué les deux tiers de leur peine. Mais il était resté derrière les barreaux, l'immigration indonésienne refusant jusqu'à présent d'accorder un titre de séjour à un étranger en liberté conditionnelle.

Hélène, la "Madone des prisons"


Le cas de Michaël Blanc a largement bénéficié de l'engagement extraordinaire de sa mère, Hélène Le Touzey, qui a abandonné emploi, famille et sa Haute-Savoie natale pour courir défendre son fils dès la nouvelle de son arrestation. Mme Le Touzey a élargi le combat pour Michaël à la défense des détenus étrangers pris dans le maëlstrom de la bureaucratie indonésienne.

Surnommée la "Madone des prisons", cette ancienne secrétaire-comptable sans le sou dévoue depuis des années son temps et les maigres financements qu'elle peut obtenir à la cause des détenus, en véritable Mère Courage. Elle est finalement récompensée de ses efforts. "C'est le bonheur. La fin d'une épreuve", lâche-t-elle. "Mais tout n'est pas encore fini", ajoute-t-elle prudemment, dans l'attente d'une libération définitive de son fils.
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