Près d'1 chance sur 10 d'ingérer un ténia si vous mangez de la perche sur la lac Léman

Image d'illustration / © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
Image d'illustration / © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Un Américain, adepte des sushis, s’est retrouvé avec un ver d’1,70 dans le ventre. L’affaire, qui a défrayé la chronique, pose question. En France, une telle chose est-elle possible ? Et bien ... oui !

Par Anne Hédiard

Un ténia d'1,70 mètres enroulé autour d'un rouleau de papier toilette. L'image, peu ragoutante, a fait le tour du monde. 

© podcast médical, "This won’t hurt a bit"
© podcast médical, "This won’t hurt a bit"

Ce ver sortait de l'intestin d'un Américain amateur de sushis. Il en mangeait presque chaque jour. 

L'histoire est racontée par un médecin urgentiste, Kenny Banh, qui a traité ce patient, dans un podcast médical, "This won’t hurt a bit".

Et cette histoire pose question. Les amateurs de sushis s'inquiètent. Est-il possible d'être pareillement infecté en France ?

La réponse est "oui" si l’on se réfère à une communication de l’Anses, l’agence nationale de sécurité sanitaire sur le Diphyllobothrium latum, autrement dit, le ténia du poisson.

L’Anses explique que si la parasitose est en décroissance dans les pays baltes ou scandinaves qui constituaient les foyers historiques, elle semble être en émergence dans les zones francophones et italophones des lacs périalpins où une pêche professionnelle existe souvent.

Depuis 1987, plus de 200 cas ont été signalés ou publiés autour des lacs Léman, de Morat, de Bienne, Majeur, de Côme, d’Iseo et de Garde.

Le lac Léman semble particulièrement touché puisque 48 cas de contamination ont été identifiés sur ses bassins versants suisses et français en 2001 et 2002.

Entre 2002 et 2007, 44 cas ont été identifiés dans les laboratoires d’analyse médicale de Haute-Savoie.


Comment éviter la contamination ?


Les aliments impliqués, explique l'Anses, sont la chair crue (filets marinés, carpaccio, etc.) ou les œufs crus de poissons d’eau douce. Quatre à dix pour cent des filets de perches consommés sur les bords du lac Léman sont porteurs du parasite.

La conservation du poisson au réfrigérateur n’altère en rien la survie du parasite.

Pour assurer son inactivation, il est donc recommandé de cuire le poisson (65°) ou de le congeler si l'on souhaite le consommer cru (pendant 7 jours dans un congélateur domestique).






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