Meurtre de la petite Léa : perpétuité requise contre son père devant les assises de Haute-Savoie

Le procureur de Thonon-les-Bains a requis la réclusion criminelle à perpétuité à l'encontre du père de la petite Léa ce jeudi 23 mai 2019. Cédric Mahieu est jugé depuis lundi devant la cour d'assises pour le meurtre de la fillette, un "crime congugal par procuration" pour le parquet.

Le domicile du père, Cédric MAHIEU, à Margencel en Haute-Savoie
Le domicile du père, Cédric MAHIEU, à Margencel en Haute-Savoie © Virginie BORLET - Maxppp.
Une peine de réclusion à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans, a été requise ce jeudi 23 mai 2019 devant la cour d'assises de Haute-Savoie contre Cédric Mahieu, accusé d'avoir  tué sa fille de trois ans par vengeance contre sa femme.

 "Un crime conjugal par procuration", a estimé le procureur de Thonon-les-Bains Philippe Toccanier, pour qui ce meurtre relève du "complexe de Médée", "utiliser son enfant et le réduire à un pur objet de vengeance et de sadisme pour faire souffrir son conjoint toute sa vie"
    
La mère de la petite Léa, Blandine, dont la dignité a sidéré l'assistance, avait rompu avec l'accusé en juin 2015, après onze ans de vie commune, en raison de sa violence et de son addiction à l'alcool et aux stupéfiants. Elle laissait cependant Léa voir son père. Mais le samedi 21 mai 2016, celui-ci reçoit une assignation de l'avocat de sa femme visant à suspendre la garde alternée, car elle s'inquiète de son comportement.

Il dit avoir alors noyé dans la baignoire la fillette dont il avait la garde ce jour-là - l'autopsie évoque plutôt un étouffement - avant de s'enfuir le lundi, abandonnant le corps sur son lit. Léa est découverte par son oncle qui partage le logement, lorsque Blandine s'inquiète qu'elle ne soit pas à l'école.

Entre le meurtre et sa fuite, Cédric Mahieu prend le temps d'envoyer une lettre terrible à sa femme. "Par ta faute tu as perdu ce que tu aimais le plus au monde (...) sois la plus malheureuse possible, je ne regrette rien (...) je suis content de t'avoir fait vivre un enfer". Et surtout "J'ai bien dit à Léa que tu ne l'aimais pas", juste avant sa mort.

Il est arrêté en novembre, sous un nom d'emprunt, alors qu'il est serveur à la Ciotat (Bouches-du-Rhône). C'est une recherche sur internet de photos de sa fille qui l'a confondu.

Un psychiatre a jugé qu'il pouvait y avoir eu une "altération légère" du discernement au moment des faits, ce qui abaisserait le maximum encouru à trente ans, mais le représentant de l'accusation n'a pas semblé y croire, et n'a trouvé aucune circonstance atténuante à l'accusé. Il a aussi demandé vingt ans de suivi socio-judiciaire après l'exécution de la peine, pour "assurer la tranquillité" de Blandine, qui a désormais un nouveau compagnon et un petit garçon.

Verdict ce jeudi soir.
 
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