Montagne : comment réagir face à un patou, le chien de protection des troupeaux ?

Publié le Mis à jour le
Écrit par J.M avec Lysandra Chadefaux

Avec les beaux jours, les randonnées dans le massif alpin se multiplient. Les promeneurs risquent de croiser des patous dans les alpages. Des chiens de bergers élevés pour protéger les troupeaux en montagne. Alors comment réagir lorsque l’on croise ces chiens qui peuvent paraître hostiles ?

On les appelle les patous, un nom qui peut paraître mignon, mais lorsqu’on les croise, ces chiens se montrent plutôt hostiles. Il s’agit en effet, d’un chien de travail dressé depuis sa naissance pour protéger son troupeau. Il est connu des randonneurs qui sont amenés à le croiser régulièrement en montagne mais nettement moins des touristes. Ce chien, peut se montrer agressif, voire passer à l'attaque s'il vous juge menaçant pour son troupeau. « On le perçoit agressif au début, mais lui nous perçoit aussi agressif et surtout comme une menace. Mais au fur et à mesure de la rencontre avec l’animal, il se rend compte que nous ne sommes pas là comme un danger pour son troupeau et on s’en rend compte aussi, » nous explique Damien Tonnoir, conseiller en séjour à l’office de tourisme de Saint-Gervais-les-Bains.

Si Damien nous dit ça, c’est parce qu’il a reçu une formation pour appréhender et surtout découvrir ce chien. Cette formation est destinée aux professionnels, acteurs du tourisme, mais aussi gendarmes et élus. L’objectif est d'informer ces acteurs du territoire alpin pour qu’ils puissent ensuite retransmettre ces informations aux touristes.

L'attitude à adopter 

Antoine Rouillon organise ces formations et nous explique comment il faut se comporter lorsque l’on se retrouve en face d’un patou : « Quand on va rencontrer un chien de protection en montagne, il va arriver vers nous en aboyant. Cela, il faut l’accepter. C’est une façon de nous dire, je vous ai vus. Ensuite, on va s’arrêter, et cela va permettre au chien de s’approcher très près de nous. Cela peut être très impressionnant, explique Antoine Rouillon, mais on va accepter ensuite que ce chien vienne nous sentir. Sachez qu’il peut nous sentir à quelques dizaines de centimètres ou quelques centimètres. Là, vous proposez plutôt le profil de votre corps, pas votre dos, ne pas être de face. Adoptez plutôt une posture modeste qui va permettre au chien de venir à votre contact. Ensuite, on va signifier au chien que l’on s’éloigne du troupeau qu’il garde. Et dès qu’on va voir que le chien baisse en pression, diminue les aboiements, diminue sa crinière sur le dos et que sa queue se remet à battre doucement, là, on peut s’éloigner. Et en réagissant comme ça dans la majorité des cas ça va bien se passer. » Il ajoute, « si vraiment, on est un peu inquiets, on peut mettre une casquette ou un chapeau entre nous et lui, sac à dos, mais tout doucement sans geste menaçant. »

130 incidents avec des chiens l'an dernier 

Pour les bergers, les chiens patous sont indispensables, surtout avec la recrudescence des attaques de loups ces dernières années : "on est tiraillés dans tous les sens, on a le loup d’un côté, donc il faut que l’on se protège, mais là, on est entourés de maisons et les patous font beaucoup de nuisances sonores, surtout la nuit. Mais on aime nos animaux, on en prend soin et donc on veut les protéger pour qu’ils ne soient pas attaqués."

L’an dernier, 130 incidents impliquant des chiens de protection ont été signalés sur l’ensemble du massif alpin.

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