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PHOTOS. A Morzine, Harley Davidson entretient sa légende autour de 60 000 “bikers”

Les Morzine Avoriaz Harley Days ont réuni des dizaines de milliers d'adeptes de la grosse cylindrée américaine. / © ROMAIN LAFABREGUE / AFP
Les Morzine Avoriaz Harley Days ont réuni des dizaines de milliers d'adeptes de la grosse cylindrée américaine. / © ROMAIN LAFABREGUE / AFP

Les "Harley Days" de Morzine, du 11 au 14 juillet, étaient l'occasion de fédérer la communauté Harley en Haute-Savoie, réunissant des dizaines de milliers de fans venus de toute l'Europe. Une opportunité pour la marque d'introniser son nouveau modèle électrique (qui ne fait pas l'unanimité).

Par M.D. avec Jean-Christophe Pain et AFP

20 000 engins et 60 000 "bikers" et touristes... l'esprit Harley a envahi les rues de Morzine. La petite ville de Haute-Savoie a accueilli des dizaines de milliers de personnes, du jeudi 11 au dimanche 14 juillet, pour les "Morzine Avoriaz Harley Days". Un mélange de camaraderie et de sauvagerie qui a rassemblé les adeptes de cette grosse cylindrée américaine autour d'une philosophie : "Prendre la vie à la cool, aller se balader tranquillement, visiter, voir de magnifiques paysages comme ici...", listent des participants.

Les Harleyistes aiment donc la nature, rouler entre amis, mais pas seulement : "C'est surtout le fait de se retrouver entre potes. Quel que soit notre emploi, on s'en fout, c'est l'esprit Harley d'abord." Solidaires mais pas sectaires, les participants acceptent les autres marques. Cool et rebelles à la fois. Les adeptes de l'esprit Harley ne seraient-ils pas des rockers ?
 
Près de 60 000 "bikers" et touristes se sont réunis à Morzine (Haute-Savoie) pour les "Harley Days". / © ROMAIN LAFABREGUE / AFP
Près de 60 000 "bikers" et touristes se sont réunis à Morzine (Haute-Savoie) pour les "Harley Days". / © ROMAIN LAFABREGUE / AFP

C'est en tout cas le point de vue du parrain de cette édition, Philippe Manoeuvre : "Les rockers ont toujours aimé ces motos, que ce soit Lou Reed, Bob Dylan... ils ont tous des Harley. C'est un bruit familier, c'est le grondement du groupe de rock en action, ça se mélange bien. Ca a fait la moitié des pochettes de disques de l'histoire du rock : Elvis Presley, The Everly Brothers. En 1956, il y a déjà les Harley Davidson et ça dit aux gens : « Cet engin-là, c'est la liberté »".
 
"Harley Davidson, ça dit aux gens : « Cet engin-là, c'est la liberté »". / © ROMAIN LAFABREGUE / AFP
"Harley Davidson, ça dit aux gens : « Cet engin-là, c'est la liberté »". / © ROMAIN LAFABREGUE / AFP

Ici, on est en territoire "Bandidos", un des clubs potentiellement violents à se partager le monde, avec notamment les Hells Angels. Mais la marque sait gérer les relations, pour que la fête ne soit pas gâchée. Règne donc simplement l'esprit exceptionnellement fédérateur qu'a développé Harley Davidson depuis 1903, en multipliant les symboles, autour de ses motos plutôt chères (9 000 à 42 000 euros, hors accessoires supplémentaires), brillantes et bruyantes avec le légendaire son "potato, potato". Et chez les Harleyistes, on trouve même des écolos... enfin presque.
 
Avec des motos premiers prix à 9 000 euros, Harley Davidson reste une marque de prestige qui attire un public aisé. / © ROMAIN LAFABREGUE / AFP
Avec des motos premiers prix à 9 000 euros, Harley Davidson reste une marque de prestige qui attire un public aisé. / © ROMAIN LAFABREGUE / AFP

La marque américaine envisage une diversification, notamment électrique, qui n'emballe pas tous ses fans. Elle présentait à Morzine sur simulateur la LiveWire, son premier modèle électrique. Disponible en août, pour 34 000 euros, elle a reçu en France une trentaine de pré-commandes. Autour du stand, ça jase : "Elle est pas belle", "ça fait bizarre qu'il n'y ait pas de bruit", "je monterai jamais là-dessus", "c'est une Harley pour vegans !", ou, réaliste : "Harley va devenir généraliste".
 
Les adeptes de l'esprit Harley ne sont pas tous tombé sous le charme du nouveau modèle électrique de la marque américaine. / © ROMAIN LAFABREGUE / AFP
Les adeptes de l'esprit Harley ne sont pas tous tombé sous le charme du nouveau modèle électrique de la marque américaine. / © ROMAIN LAFABREGUE / AFP

"Il y a de la controverse mais c'est bien", assure Loïc de Cambronne, directeur général de la marque en France, pour qui la marque est de toute façon "passionnelle". Pas d'inquiétude, "les gammes existantes vont perdurer, car c'est notre ADN". Mais la légendaire Motor Company doit être "pragmatique" : elle veut exporter davantage et faire passer ses ventes de 60% aux États-Unis et 40% dans le reste du monde à 50/50.
 
A Morzine, la marque américaine a entretenu sa légende tout en essayant d'introniser ses nouveaux modèles. / © ROMAIN LAFABREGUE / AFP
A Morzine, la marque américaine a entretenu sa légende tout en essayant d'introniser ses nouveaux modèles. / © ROMAIN LAFABREGUE / AFP

Une stratégie commerciale qui ne plaît ni à Donald Trump, pas ravi que la marque ait conclu un partenariat avec la Chine pour y faire fabriquer une petite cylindrée spécifiquement adaptée au marché chinois, ni aux plus fervents adeptes. Reste que les propriétaires de Harley Davidson sont souvent largement sexagénaires. Il faut "conquérir une clientèle plus jeune", explique encore Loïc de Cambronne. 
 
Harley Davidson peine à attirer de plus jeunes adeptes et mise sur plusieurs opérations commerciales pour arriver à ses fins. / © ROMAIN LAFABREGUE / AFP
Harley Davidson peine à attirer de plus jeunes adeptes et mise sur plusieurs opérations commerciales pour arriver à ses fins. / © ROMAIN LAFABREGUE / AFP

Les jeunes pratiquants de la marque sont souvent en effet "des fils de...", remarque Nicolas, la trentaine, qui s'y est mis il y a quatre mois. Harley Davidson fournit déjà des auto-écoles. Elle prépare pour 2021 et 2022 un "trail" (pour une pratique dans la nature) et un roadster (semi-sportive), segments nouveaux pour elle, en attendant de conquérir une nouvelle génération de bikers.
 
A Morzine, Harley Davidson entretient sa légende autour de 60.000 bikers

 

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