“Si on est libres, c'est grâce à eux” : la compagne d'Alain Bertoncello se confie sur la mort du soldat haut-savoyard

Léa, la compagne d'Alain Bertoncello, s'est confiée sur la mort du militaire au Burkina Faso. / © DR
Léa, la compagne d'Alain Bertoncello, s'est confiée sur la mort du militaire au Burkina Faso. / © DR

Léa, la compagne du soldat haut-savoyard Alain Bertoncello, revient auprès de nos confrères de France 2 sur son deuil après la mort du jeune homme qui a perdu la vie en sauvant des otages au Burkina Faso.

Par M.D. avec France 2

Six mois après le décès de son compagnon, Léa se confie sur l'épreuve qu'elle a traversée. Du "sevrage" à la reprise en main de sa vie, la jeune femme parle avec émotion d'un homme "humble qui avait de très belles valeurs". Alain Bertoncello, militaire originaire de Montagny-les-Lanches (Haute-Savoie), est mort en mission au Burkina Faso en sauvant des otages avec son frère d'armes Cédric de Pierrepont.

"Quand il partait en mission, je l'acceptais parce que si je partais, il allait aussi l'accepter, confie sa compagne à France 2. Et il me rassurait toujours, il me faisait comprendre qu'il était « intouchable » pour ne pas que je m'inquiète." Le Haut-Savoyard, qui exerçait son métier par passion, a rejoint la Marine nationale à l'âge de 20 ans.

Au cours de sa carrière, il a multiplié les missions à l'étranger dont plusieurs opérations extérieures au Qatar, au Levant et au Sahel ; théâtre sur lequel il était engagé depuis le 30 mars. Jusqu'à la nuit du 9 mai où le drame s'est produit.
 

Léa se rappelle le moment où elle a appris le décès de celui qui partageait sa vie : "J'étais sur mon lieu de travail, c'était un vendredi matin. C'est son père qui m'a appelée... Il m'a dit que c'était un accident donc au début, j'ai espéré que ce soit juste un accident. Et puis la question s'est posée : est-ce qu'il est mort ? Est-ce qu'il est hospitalisé ? Je ne l'écoutais même pas parce que j'étais vraiment dans un tourbillon. Et là, il m'a dit qu'il était mort. Ce sont les portes de l'enfer qui s'ouvrent."

 

"Alain aurait voulu que je continue"


La jeune femme confie en avoir voulu à son compagnon, de "(l'avoir) laissée parce qu'on avait beaucoup de projets, qu'on était lancés tous les deux dans une vie de couple." Après sa mort, elle a choisi d'aller de l'avant "parce qu'Alain aurait voulu que je continue, pour moi et pour nous".

Elle appelle surtout à ne pas oublier le sacrifice des deux soldats pour leur pays. "Il y a un sens à tout ça, on a des jeunes militaires qui décèdent au combat à même pas 30 ans et il faut savoir que si on est libres, c'est grâce à eux."
 

Dimanche, une stèle a été érigée à Montagny-les-Lanches, au pied de l'église du village, en mémoire du militaire décédé à l'âge de 28 ans. Sur la stèle en plexiglas, une photo d'Alain Bertoncello est accompagnée d'un texte : "Pour que jamais ne soit oublié son engagement pour la France."

 

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