VIDEO. Des indépendantistes prétendent restaurer l'Etat de Savoie à la nécropole des Glières, le préfet condamne

Une cinquantaine de militants savoisiens ont proclamé l'indépendance de l'Etat de Savoie, dimanche, à la nécropole du plateau des Glières. Ils affirment que le droit international leur donne raison. Un "fantasme" pour les spécialistes du droit, et un rassemblement politique condamné par le préfet.

Des militants savoisiens ont proclamé leur indépendance, dimanche, à la nécropole nationale des Glières sur le site de Morette.
Des militants savoisiens ont proclamé leur indépendance, dimanche, à la nécropole nationale des Glières sur le site de Morette. © Serge BOCQUET / MAXPPP
Un geste fort, dans un lieu très symbolique. Sur le site de la résistance de Morette, à la nécropole militaire du plateau des Glières, un groupe auto-proclamé Sénat souverain de Savoie a proclamé la restauration de l'Etat de Savoie, dimanche. Finies les demandes d'autonomie, la cinquantaine de participants exige que la Savoie et la Haute-Savoie soient reconnus comme une nation à part entière devant les instances internationales.

Ils ont affirmé haut et fort que l'occupation par la France était illégale en l'absence d'accord au sortir de la Seconde guerre mondiale. Un rassemblement que le préfet de la Haute-Savoie "condamne fermement". Dans un communiqué écrit mardi 6 octobre, il rappelle que cette nécropole "est un lieu emblématique de notre mémoire collective""les regroupements et manifestations à caractère politique n’ont pas leur place."

Mais pas de quoi faire renoncer le porte-parole du Sénat souverain de Savoie, Thierry Bécourt. "La Savoie, depuis 1940, est libre. Point, répond-il. C'était un pays avant 1860, il faut regarder les cartes de géographie. La Savoie était un pays, pas un grand, c'était un micro-Etat. Mais c'était un Etat quand même et on n'a aucune raison de ne pas le reprendre. Vous pouvez dire ce que vous voulez, sur le plan international, la Savoie est un pays."

Tout cela parce que la Seconde guerre mondiale a abrogé le traité de 1860 par lequel la France avait annexé la Savoie et le comté de Nice. Et la France aurait dû signer un nouveau traité à la sortie de la guerre, en 1947. Alors, l'Etat français doit tout bonnement accepter la création d'un nouvel Etat, selon Thierry Bécourt. "Le Sénat souverain a décrété le 4 octobre 2020, ce dimanche, pour donner un ultimatum de deux ans à la France pour régler un traité de paix, tout simplement", ajoute-t-il.
 
Des militants savoisiens prétendent restaurer l'Etat de Savoie sur un site de la résistance

 

"Vieux fantasme"


Mais tous ces arguments de droit ne tiennent pas la route pour les spécialistes. "Faire annuler le traité de 1860, c'est un vieux fantasme, rappelle le doyen de la faculté droit de Savoie, Bruno Berthier. Il y a déjà eu beaucoup de décisions judiciaires et il a peu de chances d'aboutir en réalité. En 1947, la France et l'Italie ont signé international pour régler les questions des dommages de guerre, etc."

Pour ce professeur de droit, ce mouvement sonne comme une actualisation des mouvements autonomistes savoyards. Le Sénat souverain, lui, affirme avoir entamé les démarches auprès des juridictions internationales. Ses membres se disent prêts à aller jusqu'au bout.

 
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