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Faut-il fermer Bugey ?

© France 3
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Les partisans de la sortie du nucléaire demandent la fermeture de la centrale du Bugey.

Par Patrice Morel

L'activité de la centrale du Bugey devrait être prolongée de plusieurs années. Elle est pourtant l'une des plus vieilles de France.  Cette prolongation a conduit les mouvements anti-nucléaires, mais aussi certains partis politiques, syndicats, associations et collectifs à appeler au rassemblement devant la centrale ce samedi 15 octobre .

Il y a quarante ans, en juillet 1971, la première grande manifestation anti-nucléaire organisée en France rassemblait 15 à 20 000 personnes pendant deux jours à proximité du chantier de la centrale de Bugey. Ce rassemblement fut le point de départ de longues années de manifestations contre le programme électro-nucléaire lancé sans débat au Parlement par le gourvernement.

Ces deux journées ont également marqué les esprits et lancé dans le militantisme anti-nucléaire ou écologiste des milliers de jeunes Français .

http://www.dailymotion.com/video/xjs52a_bugey-pour-memoire-muet_news

40 ans d'échecs ...

Pourtant, hormis l'arrêt du surgénérateur Superphénix à Malville (Isère) décidé par le premier ministre Lionel Jospin en 1997 sous la pression des Verts de Dominique Voynet, jamais les opposants au nucléaire n'eurent gain de cause.

Les catastrophes de Tchernobyl en 1986 puis de Fukushima dernièrement peuvent cependant leur donner raison.

Le vent commence à tourner et l'Allemagne, puis la Suisse viennent de décider de stopper leur programme nucléaire.

C'est pourquoi face à la centrale de Bugey, quarante années après la manif de 71, ils demanderont que l'on stoppe les réacteurs de Bugey, définitivement, et que les hommes politiques de toutes tendances confondues s'engagent à sortir du nucléaire.

Bugey, une vieille centrale

Bugey est une centrale nucléaire qui a dépassé la limite d'âge de trente ans fixée au départ comme raisonnable.

Le premier réacteur, Bugey 1, de la filière UNGG (uranium naturel-graphite-gaz), a été stoppé en 1994. Il est en cours de démantèlement.

Les quatre autres, de filière REP (réacteurs à eau pressurisée), sont toujours en activité. Pourtant ils fonctionnent depuis 1978 et 79. Et si le gouvernement persiste dans ses intentions ils devraient aller jusqu'à quarante ans.

De plus en plus de personnes considérant qu'il y a là un risque majeur d'accident sont opposées à cette prolongation

Des risques spécifiques

Bugey cumule aujourd'hui des dangers d'exploitation multiples liés notamment à sa zone géographique d'implantation.

Le risque sismique a été revu à la hausse dans ce secteur situé à la limite de l'Isère et de l'Ain, et la centrale ne serait plus en conformité avec ce risque.

Le risque d'inondation s'est accru avec la multiplication, au fil des années, du nombre de barrages sur la rivière Ain et sur le fleuve Rhône. Il en existe désormais 13 au total, dont quatre sont de grande ampleur et dont le plus ancien, Génissiat, peut un jour susciter des inquiétudes en raison du vieillissement de son béton.

Les risques chimiques, eux aussi, ont augmenté puisque de nombreuses usines classées Sévéso se sont installées en trente ans dans le plaine de l'Ain, à proximité immédiate de la centrale.

Les opposants citent aussi les risques aéronautiques (Saint-Exupéry est à 15 kilomètres), le risque terroriste et la fragilité liée à la soutraitance des travaux sur la centrale.

Lyon à 30 kilomètres

Enfin la présence de l'agglomération lyonnaise à 30 kilomètres à vol d'oiseau (mais aussi celle de Genève à 70 kilomètres, et de Grenoble à 90 kilomètres)  impose que l'on ne tente pas le diable en prolongeant trop longtemps le fonctionnement des réacteurs de Bugey.

C'est tout cela que viennent réaffirmer les manifestants du 15 octobre.

Ils demandent aussi que le site de Bugey ne devienne pas à terme une poubelle à déchets radioactifs puisqu'on est en train d'y créer le centre de stockage national ICEDA (Installation de Conditionnement et d'Entreposage de Déchets Activés).

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