Grenoble : le procès de la violence gratuite

Jusqu'à 7 ans de prison requis pour les agresseurs d'un jeune grenoblois

Par France 3 Alpes + AFP

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A Grenoble, le procès des agresseurs de Martin

ouverture ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Grenoble du procès de 5 des agresseurs présumès de Martin, un jeune étudiant géographe lynché en plein centre ville de Grenoble.IL avait été très grièvement blessé. C'était en avril 2010

Hier à Grenoble, le procureur a requis des peines allant jusqu'à sept ans de prison ferme à l'encontre de quatre jeunes qui avaient violemment agressé un géomètre de 23 ans en avril 2010.

"C'est le triste procès de la violence gratuite et de la lâcheté", a lancé le procureur de la République, Olivier Nagabbo, au cours de l'audience au tribunal correctionnel de Grenoble, où comparaissaient cinq suspects.


Une meute de loups

Le 9 avril 2010, vers 23h, Martin avait été violemment pris à partie par une dizaine de jeunes dans le centre-ville de Grenoble. Roué de coups de poings et de coups de pieds, il avait été poignardé à deux reprises dans le dos et à l'avant-bras.
"C'est une scène d'une lâcheté sans nom. C'est un comportement d'animal, c'est une meute de loups qui se jettent sur une proie", a dit Me Simon Bergeras, avocat de la victime.


"Je ne pense pas que je comprendrai parce qu'il n'y a pas de raison"
Un prétexte futile est à l'origine de l'altercation: la petite amie de Martin avait refusé une cigarette à l'un des agresseurs, car elle venait tout juste d'allumer la dernière de son paquet.
"J'étais en train de commencer ma vie, ça m'a coupé dans mon élan, ça m'a brisé mes rêves", a confié Martin au tribunal, en étranglant un sanglot. "Je viens à ce procès pour comprendre mais je ne pense pas que je comprendrai parce qu'il n'y a pas de raison."


Alcool et le phénomène de bande

Le procès n'a en effet pas permis d'en savoir plus sur les motivations des agresseurs, les prévenus se retranchant le plus souvent derrière "l'alcool et le phénomène de bande". "Je suis venu pour essayer de calmer l'histoire à la base et sous l'effet de l'alcool j'ai fini par mettre un coup de pied dedans", a ainsi expliqué à la barre Houari Ghanem, 20 ans, déjà condamné à six reprises dans le passé pour vols aggravés ou violences.
Son avocat, Me Denis Dreyfus, a reconnu "l'insuffisance de réponse là où tout est irrationnel". "Ce dossier me semble être comme le miroir de notre société. Et ce miroir est préoccupant", a-t-il estimé, mettant en avant le lourd passé familial et social de son client.
Quatre des cinq prévenus étaient en état de récidive, souvent déscolarisés et sans emploi.


Jusqu'à 7 ans d'emprisonnement requis

Le procureur a requis 7 ans d'emprisonnement à l'encontre de Saad Bensaou, 21 ans, qui a reconnu avoir porté un coup de couteau à la victime et est placé en détention provisoire depuis les faits.
"Je voulais piquer monsieur Grillet dans la jambe. Dans la précipitation, je lui ai porté un coup dans le dos", a-t-il dit à l'audience.

A l'encontre de Joris Martinez, 21 ans, le parquet a réclamé 3 ans de prison dont un avec sursis. Déjà condamné une première fois, il a été présenté par plusieurs témoins comme celui ayant porté le premier coup.
Une peine identique a été requise contre Houari Ghanem. Ce dernier est notamment accusé d'avoir porté un dernier coup de pied particulièrement violent dans le dos de la victime alors que cette dernière venait de se relever.
Le procureur a requis une peine d'un an avec sursis à l'encontre d'Aïssa Khodja, 21 ans, qui dit avoir tenté de séparer les agresseurs et la victime.
Enfin, le parquet a demandé la relaxe pour Djamel Houmeur, 20 ans, que "personne n'a vu porter de coups" et qui a été décrit comme se tenant à l'écart des agresseurs.


La décision a été mise en délibéré au 20 octobre à 13h30.
Cinq autres prévenus, mineurs à l'époque des faits, doivent être jugés à une date ultérieure par le tribunal des enfants.

Voyez le reportage d'Isabelle Guyader et de Raphaelle Deroselle

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