Grenoble II “épinglée”pour des tarifs illégaux

Selon l'UNEF 30 universités pratiquent des tarifs illégaux, Grenoble II est dans "le top 6"

Par AFP

Trente universités pratiquent des tarifs illégaux pour leurs diplômes, dont six dans des proportions importantes, a annoncé ce 17 juillet  le syndicat étudiant Unef qui
relève "une nette amélioration" des pratiques.


 Les diplômes nationaux sont régis par des règles strictes: "Un diplôme c'est 180 euros pour une licence et 250 euros pour un master", "tout frais supplémentaire est illégal, mis à part la médecine universitaire", rappelle à l'AFP Emmanuel Zemmour le président de l'Unef, qui vient  son rapport annuel sur le sujet.


 Or, "trente universités ont des pratiques illégales en matière de facturation universitaire, avec des frais de diplômes supplémentaires", selon le dirigeant syndical.


 L'Unef dénonce notamment la situation particulièrement préoccupante selon elle dans six universités où les "frais dépassent les 400 euros, et peuvent aller jusqu'à 800 le diplôme (Grenoble II  allant jusqu'à 800 euros), Paris I Panthéon-Sorbonne (750 euros), Ponts et Chaussées (676 euros), Strasbourg (600 euros), Toulouse 1 (575 euros), Mulhouse (400 euros)".
 "La majorité des frais illégaux recensés pour cette année sont constitués de frais
complémentaires obligatoire au titre de frais de dossiers, de frais de bibliothèque
ou d'accès à l'informatique", relève le syndicat dans un communiqué.


 "Ainsi, l'université de Grenoble 2 exige des étudiants inscrits à l'IAE qu'ils s'acquittent de 800 euros pour bénéficier des ressources informatiques et multimédia, lorsque la loi impose à toute université un accès de tous à ces services sans frais supplémentaires"., ajoute-t-il.


 "Il y a toutefois une nette amélioration puisque l'an dernier il y avait 40 établissements
pratiquant des frais illégaux et on était au-dessus de 400 euros pour treize d'entre
eux. Cela s'explique par le fait qu'on a gagné pas mal de recours devant les tribunaux
administratifs avec des universités obligées de rembourser", analyse M. Zemmour.

 Il fustige toutefois les parades "légales mais abusives" trouvées par "de plus
en plus d'universités pour faire payer cher leurs diplômes". A l'instar d'écoles de commerce ou d'établissements comme Sciences Po, elles mettent en place des diplômes
qui ne sont plus nationaux, et donc plus régis par les règles de frais d'inscription
maximum, explique-t-il.
 "On trouve ainsi un master de sciences à 9.000 euros à l'université d'Aix-Marseille, ou encore 15.000 euros pour le diplôme LLM (droit) à Paris II Panthéon-Assas", selon le syndicat.


 L'Unef "dénonce une tendance inquiétante des universités à aller prendre dans
la poche des étudiants, l'argent que l'Etat refuse aux établissements".
 L'organisation juge "irresponsable de la part d'établissements du service public
d'enseignement supérieur de pallier au manque de financements publics par l'instauration
d'une sélection financière injuste" et demande aux "30 universités épinglées de se mettre en conformité avec la loi".


 L'UNEF demande également à "la ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, de prendre ses responsabilités en faisant respecter la loi dans tous les établissements
concernés afin que cessent ces pratiques illégales".

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