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L'enlèvement, c'était pour un mariage

La mineure embarquée de force dans un véhicule dimanche à Privas a été retrouvée jeudi soir en Haute-Garonne.

Par Régions

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PRIVAS, Le mystère de l'enlèvement reste entier

Dimanche, une jeune fille aurait été enlevée dans le quartier Lancelot à Privas, mais aucune disparition n'a été signalée. Alors rapt ou affaire privée ? Rien n'est encore certain.

Sa famille a expliqué qu'il s'agissait d'un enlèvement traditionnel tchétchène avant un mariage. Il s'agit d'une "tradition tchétchène" selon laquelle la famille du futur mari enlève la fiancée. "L'enquête est toujours en cours", a indiqué pour sa part le parquet de Privas, qui refuse de communiquer sur cette affaire.

Les faits s'étaient produits dimanche entre 15h et 16h, dans un quartier populaire de Privas. Selon les témoignages de riverains, la jeune fille, âgée de 16 ou 17 ans et portant une jupe de couleur claire, sortait d'un jardin public en compagnie d'un individu qui aurait participé à son enlèvement, avec trois autres personnes circulant à bord d'une BMW.

Un appel à témoins avait été lancé au niveau national par la police de Privas, qui avait retrouvé un parapluie à l'endroit où la jeune fille avait été embarquée. Les enquêteurs, qui ont reçu de nombreux appels, ont pu retrouver la trace de la famille de l'adolescente, qui a expliqué qu'il ne s'agissait pas d'un enlèvement forcé mais d'une "tradition tchétchène" avant un mariage.

L'enlèvement de la fiancée, une pratique courante

L'enlèvement de jeunes filles par leurs promis, vieille tradition dans le Caucase du Nord, région musulmane dans le sud de la Russie, est aussi pratiquée par la diaspora, selon Aude Merlin, politologue spécialiste de la région. Autrefois, la fiancée était enlevée lorsque sa famille refusait le mariage, ou lorsqu'elle ne pouvait proposer de dot. Généralement les parents de la jeune fille enlevée consentaient au mariage, cette dernière étant considérée comme "souillée" après avoir passé une nuit hors de son domicile. La coutume est restée.

La Direction spirituelle des musulmans de Tchétchénie entend cependant mettre un terme à cette pratique. Fin 2010, des dignitaires religieux ont décidé que dans cette petite république russe du Caucase du Nord, l'auteur d'un enlèvement devrait verser une compensation d'un million de roubles (24.000 euros) à la famille de la jeune fille, qui doit elle-même être rendue. Les responsables religieux faisant pression sur la famille de la jeune femme pour que le mariage ait lieu doivent aussi être limogés.

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