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Sallanches : Nicolas Sarkozy chez Rossignol

© Didier Albrand
© Didier Albrand

Le président de la République défend "le produire français" chez le fabricant de ski, à Sallanches en Haute-Savoie.

Par France 3 Alpes avec AFP

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Sallanches (74) : Rossignol investit

L'équipementier Rossignol, un des leaders mondiaux du ski, va investir 10 millions d'euros dans la modernisation de ses usines française et espagnole, un an après avoir rapatrié dans l'Hexagone une partie de sa production depuis l'Asie Reportage en Haute-Savoie.

"Achetez Français"  ou "Fabriquez français" le président de la république est venu défendre le Made in France chez Rossignol qui relocalise à Sallanches.Défi de taille pour notre industrie qui ne pèse plus que 12% de notre économie contre 20 en Allemagne.

Entre l'Economie et le politique : visite à double impact

A l'acheter français vantés respectivement par les candidats à la présidentielle, François Bayrou (MoDem) et Marine Le Pen (Front national) ,Nicolas Sarkozy préfère le "produire en France".

"Notre politique, c'est d'encourager les entreprises à produire en France, qu'elles soient françaises ou étrangères", a lancé M. Sarkozy devant les salariés de l'usine Rossignol de Sallanches (Haute-Savoie), qui a rapatrié il y a plus d'un an une partie de sa production de skis délocalisée en Asie.

"Je ne suis pas par principe contre l'implantation d'usines françaises dans d'autres pays, c'est normal qu'on construise en Chine des voitures qu'on veut vendre en Chine", a-t-il poursuivi. "Là où je ne suis pas d'accord, c'est qu'on fabrique à l'étranger des voitures pour les vendre ensuite en France".

La plupart des futurs rivaux de M. Sarkozy pour la course à la présidentielle de 2012 ont fait de la réindustrialisation de la France l'un des thèmes majeurs de leur campagne, dénonçant les centaines de milliers d'emplois industriels perdus depuis le début de la crise financière à l'automne 2008

Le bémol de la Région

Une visite qui a passablement énervé le Président socialiste de la Région Rhone-Alpes Jean -Jack Qeyranne qui estime le succès de Rossignol ne doit rien à l'Etat.

"D'autres entreprises sont actuellement en crise , Lejaby , Photowatt , j'aurais apprécié que Nicolas Sarkozy fasse aussi le déplacement sur ces sites."

La réindustrialisation du pays

Plus d'un an après avoir rapatrié dans son usine de Sallanches (Haute-Savoie) une partie de la production qu'il avait délocalisée en Asie, le fabricant de skis Rossignol , a  retrouvé des couleurs.

"Economiquement, ça tient la route. On tient nos objectifs de coûts de production et on livre mieux que l'an dernier", assure Mimmo Salerno, directeur de l'usine de Sallanches, qui entend bien prolonger le mouvement en 2012.


Le groupe français avait annoncé en septembre 2010 la relocalisation dans cette usine de la conception de 60.000 paires de skis junior, jusqu'alors produites chez un sous-traitant taïwanais.


La nouvelle avait suscité un grand soulagement parmi les salariés, qui craignaient de longue date de voir leur usine fermer ses portes. Depuis la disparition de l'usine Salomon à Rumilly (Haute-Savoie) en 2008, ce site était en effet le dernier à fabriquer des skis en France.


"Je nous voyais morts", se souvient Patrick Pierson, délégué CGT à Sallanches. Créée en 1907 par Abel Rossignol, menuisier passionné de ski, la société avait subi une sévère restructuration après son rachat en juillet 2005 par l'américain Quicksilver, qui la revendit trois ans plus tard.


Le nouveau patron, Bruno Cercley, épaulé par le fonds australien Macquarie et le conglomérat américain Jarden Corporation, fait alors le choix de la préservation de l'outil industriel et de la relocalisation.


"Ce n'était pas beaucoup plus cher de produire en France car le coût du ski est à 80% constitué par le coût de la matière, qui nous vient d'Europe", explique le directeur de l'usine Mimmo Salerno.


Le groupe y gagne en outre en termes de qualité, de flexibilité et de réactivité. "On adapte plus facilement l'outil de production en Europe que dans des usines asiatiques", affirme le dirigeant, qui souligne que la production peut tripler entre février et juillet pour faire face à l'afflux de commandes.


A Sallanches, au pied du Mont-Blanc, l'usine se trouve en outre tout près de ses principaux marchés. "Ici, il nous faut deux mois entre une commande et sa livraison. En Asie, il nous en faudrait six", indique M. Salerno.


La relocalisation a permis de créer 20 emplois dans une usine qui en compte 198. Et le groupe entend poursuivre le mouvement en relocalisant encore au moins 40.000 paires de skis d'ici à la fin 2012.


"On aura doublé la production en trois ans", se félicite M. Salerno, qui projette de produire 345.000 paires de skis à Sallanches sur l'exercice 2012/2013, contre 300.000 actuellement. Le groupe va aussi investir 3,3 millions d'euros pour rénover les machines de finition des skis du site haut-savoyard.

D'un point de vue financier, le pari a été gagnant: Rossignol a dégagé un bénéfice net de 3 millions d'euros lors de son exercice 2010-2011, contre une perte de 94 millions d'euros deux ans plus tôt.


"On est sur la pente ascendante. Nos actionnaires investissent et croient en notre métier", approuve Patrick Pierson, de la CGT. Mais "on est loin du compte par rapport à nos heures de gloire des années 1998-99", quand l'usine fabriquait 600.000 paires de skis par an et employait 600 personnes, nuance-t-il.


"En dix ans, des coupes sombres ont été faites. On a enchaîné six ou sept plans sociaux", raconte le syndicaliste. Et, au plus noir de la crise, "on a écrit à (Nicolas) Sarkozy, mais il n'a pas daigné nous répondre. Quand on avait besoin de lui, il n'était pas là", tient-il à souligner.

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