Sécheresse : l'électricité sous surveillance

Le ministre de l'Energie a annoncé une cellule de veille sur la sécurité d'approvisionnement électrique.

Par Régions

video title

video title

AIN, Les nappes phréatiques à sec

Dans l'Ain, le surpompage des sous-sols a engendré une situation de pénuerie.

Pas de nouvelles restrictions mais un appel à la vigilance et à la solidarité. C'est ce qui ressort de la réunion des différents services de l'Etat en préfectutre du Rhône jeudi.  La situation n'est pas dramatique dans le Rhône - en tous cas pas encore - mais il faut déjà prévoir le pire. Le spectre de 1976 plane sur l'été 2011.

"Cette cellule rassemble les administrations compétentes en matière d'énergie ainsi que RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité", indique le ministère. "Elle rendra compte au gouvernement de l'évolution" de l'équilibre offre-demande d'électricité et "proposera les mesures nécessaires pour assurer la sécurité d'approvisionnement".

Le ministère note que "la sécheresse en cours conduit à des débits inférieurs à la normale dans de nombreux cours d'eau, ce qui entraîne une diminution de la production hydroélectrique, et touche également les moyens nucléaires et thermiques qui sont refroidis par ces cours d'eau". La production française d'électricité hydraulique a chuté de 29% en avril sur un an, tombant à son plus bas niveau depuis 1976 pour un mois d'avril, selon le dernier bilan mensuel de RTE.

La semaine dernière, des mesures avaient été annoncées

Il est donc désormais interdit de laver sa voiture (hors stations), de remplir sa piscine, d'arroser les pelouses (publiques et privées) 8h à 20 h, seuls les potagers ne sont pas concernés. Les responsables de golfs et de stades doivent remplir chaque semaine un registre. Les piscicultures professionnelles ont le droit de remplir leur parcelle.

Pour les agriculteurs, légèrement plus de souplesse dans les horaires avec une interdiction de pomper l'eau des rivières entre 11h et 17h et dans les nappes du samedi 17h au dimanche 20h. Seules dérogations, pour abreuver les animaux, arroser les plantes sous serres, les vergers et les pépinières, si les prélèvements se font sur des réserves constituées l’hiver dernier à cet effet. Sur les rivières, les exploitants des barrages devront avoir l’aval de la police de l’eau pour modifier le débit. Des mesures qui évolueront probablement vers davantage de restriction.

Attention aux centrales nucléaires

Nathalie Kosciusko-Morizet a précisé porter une "attention particulière" au fonctionnement des centrales nucléaires, dépendantes des cours d'eau pour leur refroidissement. "En dernier recours, si le débit d'eau est trop faible, le réacteur est arrêté sans dérogation possible", a assuré la ministre de l'Ecologie. La Suisse a été contactée pour garantir un débit suffisant pour celle du Bugey (Ain). La sécheresse n'a pour le moment "aucun impact sur la production nucléaire", assure EDF, qui dit rester vigilant. L'Observatoire du nucléaire relève un risque de "black out", voire de fusion de certains cœurs de réacteurs, estimant que EDF "n'a pas envisagé l'assèchement de certaines rivières".

Un mois d'avril "exceptionnellement chaud et sec"

Il s'agit même du deuxième mois d'avril le plus chaud depuis 1900 en France métropolitaine, après 2007, a annoncé Météo France. Le mois d'avril 2011 se situe notamment "parmi les plus secs depuis 1959, à l'image des mois d'avril 1984 et 1982", selon Météo France. "Le début d'année avait déjà été nettement déficitaire sauf sur les régions méditerranéennes. Ce nouveau déficit, conjugué aux fortes chaleurs, a conduit à une sécheresse extrême des sols superficiels pour une fin de mois d'avril sur la majeure partie du pays", rappelle l'organisme de prévision. Le ministère de l'Ecologie avait annoncé vendredi que neuf départements étaient touchés par des restrictions d'usage de l'eau. "Les températures moyennes devraient être plus chaudes que la normale" en métropole pour mai, juin et juillet, prévoit Météo France.

Sur le même sujet

Les + Lus