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St-Jean-de-Maurienne (73) : Montebourg à Rio Tinto

A l'heure où Rio Tinto commence à penser à la cession du site de Saint-Jean, Arnaud Montebourg fait une visite remarquée

Par France 3 Alpes avec AFP

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St-Jean-de-Maurienne : inquietudes pour Rio-Tinto

L'avenir de l'usine historique d'aluminium est toujours incertain. Les négociations avec EDF pour les contrats de vente d'électricité sont toujours en cours. La direction du groupe envisage la vente du site de production.

Le député PS Arnaud Montebourg a promis, jeudi 15 mars en Savoie, une "confrontation" aux grands groupes financiers et a menacé le géant minier anglo-canadien Rio Tinto d'expropriation s'il fermait son usine de Maurienne.

"Nous allons au devant d'une confrontation avec ces grands groupes financiers qui ne sont intéressés que par la rentabilité financière", a déclaré le représentant spécial de François Hollande près de l'usine Rio Tinto Alcan de Saint-Jean-de-Maurienne, menacée de fermeture.

"La prise de pouvoir de la finance dans les grands groupes et les grandes industries est le problème majeur auquel nous avons à faire face car nous voyons des usines et des entreprises qui gagnent de l'argent et qui sont sur le point d'être fermées", a-t-il relevé.

En cas de victoire de la gauche aux élections présidentielles, "Rio Tinto ne pourra pas fermer ce site car il s'exposerait à une sanction de la loi et à une reprise sous forme d'expropriation que nous ferons voter", a-t-il promis.

"Il faut que les grands groupes comprennent qu'ils ne peuvent pas mener par le bout du nez les gouvernements", a ajouté M. Montebourg.

"Les abandons de souveraineté auxquels ont consenti les années sarkozystes, il va falloir maintenant les reconquérir. Nous irons au conflit et nous l'emporterons", a-t-il conclu sous les applaudissements de quelques salariés et d'élus réunis pour l'occasion.

Rio Tinto menace depuis plusieurs mois de fermer son usine s'il n'obtient pas un contrat d'approvisionnement en électricité à un prix satisfaisant. Implantée depuis 1907, l'usine emploie 600 personnes et représente 2.200 emplois indirects en Maurienne.

Jeudi, le directeur de l'usine, Loïc Maenner, a indiqué que les négociations avec EDF avaient permis d'obtenir "un projet d'approvisionnement énergétique compétitif à l'échelle de l'Union Européenne".

"Cependant, il reste des écarts par rapport à la cible que Rio Tinto Alcan s'est fixée pour pouvoir pérenniser le site", a-t-il ajouté.

Il a confirmé le "lancement d'une étude pour évaluer les options de cession ou partenariat". "Nous pensons qu'un modèle d'affaires différent de celui de Rio Tinto Alcan pourrait être plus adapté à la réalité logistique et opérationnelle du site de Saint-Jean", a-t-il expliqué.

 

 

Les salariés de l'usine se montraient dubitatifs jeudi quant aux annonces de leur direction. "L'outil industriel est-il vendable dans l'état où il est?", s'est interrogé Jean-Claude Bonnery, délégué du personnel CFDT, en affirmant que l'usine était "dans un état matériel assez déplorable car Rio Tinto sous-investit depuis des années".

"On a le sentiment que ces annonces sont faites pour gagner du temps et qu'il ne donneront pas de position officielle avant la fin de l'élection présidentielle", a estimé de son côté Alain Doumy, délégué CFDT.

L'annonce de la cession au CCE

Mercredi 14 mars, lors d'un Comité Central d'Entreprise extraordinaire à Voreppe, la direction a évoqué la vente du site de Saint-Jean-de-Maurienne en Savoie. Si Rio Tinto n'arrive pas à faire aboutir les négociations en cours sur le prix de l'électricité, la direction n'aura pas d'autre choix, c'est en ces termes que la chose a été présentée

Lors de cette réunion, la direction a fait un point sur les négociations avec EDF. Selon elle, "même si le projet d'approvisionnement est compétitif à l'échelle de l'Union Européenne", à l'échelle mondiale cela semble être une autre affaire !  Il resterait visiblement des écarts importants pour être un bon concurrent dans le créneau commercial que "Rio Tinto Alcan s'est fixé pour assurer la continuité de l'activité de Saint-Jean-de-Maurienne".

"Nous pensons qu'un modèle d'affaires différent de celui de Rio Tinto Alcan pourrait être plus adapté à la réalité logistique et opérationnelle de Saint-Jean", ainsi a conclu la direction qui ne cache plus désormais ses projets de cession.

Les syndicats mettent la pression

Les syndicats de l'usine d'aluminium Rio Tinto ont déposé, vendredi 2 mars, un droit d'alerte pour obtenir une réponse de la direction aux propositions tarifaires d'EDF jugées "plus qu'honorables" pour approvisionner en électricité le site dans le futur.

"Cette procédure est notre dernier recours. Nous espérons obtenir des réponses de la direction sur l'avenir du site", a déclaré Yannick Bacaria, représentant CGT, alors que Rio Tinto Alcan avait menacé de fermer l'usine de Saint-Jean-de-Maurienne faute d'accord sur le prix de l'électricité.


 Le 16 février, le PDG du groupe d'électricité français, Henri Proglio, avait expliqué qu'EDF avait fait des propositions très compétitives à l'usine, tout en refusant d'entrer dans le détail des discussions.


"EDF a proposé un contrat plus qu'honorable, ils ne trouveront pas mieux en Europe", a estimé Yannick Bacaria, se refusant lui aussi à donner plus d'informations sur les tarifs avancés.


 "Les prix sont en dessous de toutes le prévisions de Rio Tinto pour maintenir le site et pour une durée de 15 ans ce qui permet des investissements", a poursuivi le responsable syndical. "Il faut maintenant qu'ils nous disent leur projet. Cela fait trop longtemps que l'on attend", a-t-il ajouté.


"Nous mettrons tout en oeuvre pour répondre au droit d'alerte des syndicats dans les deux semaines imparties", a de son côté déclaré à l'AFP une porte-parole de la direction qui n'a pas souhaité commenter les propositions d'EDF.


L'actuel contrat d'approvisionnement électrique de l'usine se termine en 2014. Si aucun accord n'est trouvé, le géant minier a menacé de fermer l'usine, qui fait vivre toute une vallée, employant 600 personnes et représentant 2.200 emplois indirects en Maurienne.


 Les négociations calent notamment sur le prix de l'électricité, l'usine bénéficiant actuellement d'un prix très bas, compris entre 17 et 20 euros par mégawattheure, soit trois fois moins que le prix du marché, avaient précisé des sources proches du dossier.

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