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Tuerie de Chevaline : la parole des fillettes

Les deux survivantes de la tuerie de Chevaline sont toujours hospitalisées au CHU de Grenoble.

Par AFP et France 3 Alpes.

Des membres de la famille des fillettes britanniques ayant échappé à la tuerie
visant leurs parents à Chevaline, en Haute-Savoie, sont arrivés en France et pourraient rencontrer prochainement la cadette en présence d'un enquêteur, a indiqué samedi le parquet d'Annecy à l'AFP.

 Il s'agit d'"un homme et d'une femme, accompagnés d'un enquêteur social britannique",
a déclaré le procureur de la République d'Annecy, Eric Maillaud.

Par ailleurs, dès que leur état le permettra, elles vont regagner la Grande-Bretagne.

L'ainée , âgée de 7 ans se remet de ses blessures. La cadette a déjà été entendue par les enquêteurs. Elle a livré peu d'éléments, la petite fille a 4 ans et souffre d'un syndrome post- traumatique du bien sur à la fusillade et à cette épouvantable attente huit heures durant sous les genoux de sa maman décédée. Elle a néanmoins évoqué des cris des coups de feu " I did not know who the good guys or the bad guy were", "je ne savais pas qui étaient les gentils ou les méchants" a raconté la fillette rescapée de ce bain de sang. Comment Zainab, sept ans, témoin-clef de la tuerie de Chevaline pourra être entendue.

Comment auditionner une enfant sans la traumatiser ?


Les auditions des jeunes victimes comme Zainab, petite Britannique de sept ans qui se retrouve le témoin-clef de la tuerie de Chevaline, en Haute-Savoie, sont menées par des enquêteurs spécialisés dans le témoignage des enfants.


 "Les enquêteurs souhaitent l'entendre le plus vite possible et avec le plus de délicatesse possible", a déclaré samedi le procureur de la République à Annecy, Eric Maillaud.
 Zainab, dont le pronostic vital était engagé le soir du drame, a reçu des coups extrêmement violents à la tête et une balle dans l'épaule, tandis que ses parents étaient tués de deux balles dans la tête, dans leur voiture. La fillette restait plongée samedi en coma artificiel pour permettre à son corps de récupérer.


 Mais, après sa sortie du coma, quand les médecins la jugeront prête, des enquêteurs devraient l'auditionner, le parquet la considérant comme un "témoin-clef".
 Elle est en effet la seule à avoir vu le ou les assaillants, à pouvoir donner leur nombre et leur description.


Les hommes du CNEF

L'audition doit être filmée, comme le prévoit la loi française pour les mineurs. Elle sera menée par des gendarmes spécialisés dans les auditions de mineurs.
 Cette formation est dispensée au CNEF (Centre national d'étude et de formation de la police) à Gif-sur-Yvette, dans l'Essonne, afin d'apprendre à mettre à l'aise l'enfant et à l'aider à dérouler son récit, grâce notamment à des questions ouvertes.


 "L'idée, c'est d'amener un enfant à dire des choses sans qu'on lui pose trop de questions. Bien souvent, un enfant a envie de faire plaisir et a tendance à dire "oui" parce qu'il pense que ça fera plaisir . Et c'est dramatique pour l'enquête", a expliqué le procureur à l'AFP.


 S'ajoute, dans le cas de la petite Britannique, la difficulté impliquée par la présence nécessaire d'un traducteur. D'autant que restent envisageables de possibles séquelles du grave traumatisme crânien subi par la fillette, qui ne sera peut-être pas en mesure de s'exprimer à son réveil.


 Une figure rassurante et chaleureuse

Au-delà des strictes compétences professionnelles des enquêteurs, la question de leur identité est importante, a souligné Jean-Pierre Rosenczveig, président du tribunal pour enfants de Bobigny, interrogé samedi sur la chaîne I-Télé.


 Souvent, "on va faire appel à quelqu'un qui rassure", un senior de la brigade, a-t-il expliqué.


 Une "stratégie" peut consister à "accueillir un enfant de huit, neuf, dix ans dans un contexte chaleureux": "On offre une collation, son regard va être attiré par telle ou telle personne, il va commencer à discuter avec cette personne-là, les autres policiers vont se retirer et c'est ce policier qui va l'interroger", a-t-il précisé.


 Il existe en France des Unités médico-judiciaires (UMJ), le plus souvent installées dans des hôpitaux, où sont menées dans des conditions optimales les auditions d'enfants victimes de violences.


 Les enfants y sont entendus dans des salles d'audition spécialement aménagées, avec des jouets pour les aider à s'exprimer, comme des poupées sur lesquelles ils peuvent montrer les parties de leurs corps touchées dans les cas de violences sexuelles.


 Mais, concernant Zainab, en raison de son état de santé, l'audition sera menée selon toute vraisemblance dans sa chambre de l'hôpital de Grenoble.


 Qu'elles soient réalisées en UMJ ou ailleurs, les auditions des enfants sont filmées, afin de leur éviter de répéter leur récit au long de la procédure.

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