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Veninov : soupçons d'irrégularités

Des soupçons de prêt bancaire illégal pèsent sur les dirigeants de l'entreprise. Le préfet saisit la justice.

Par Régions

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VENISSIEUX, Interview d'un salarié de Veninov

Les 88 salariés de la société Veninov, réunis en assemblée générale, veulent encore croire que leur entreprise ne va pas mourir.

Le préfet du Rhône, Jean-François Carenco, a signalé à la justice qu'un prêt bancaire illégal aurait été accordé au groupe allemand Alkor Venilia, dont dépend la société Veninov, basée à Vénissieux et liquidée il y a une semaine.

Le fonds d'investissement américain Gordon Brothers aurait fait fin 2010 un prêt "irrégulier, illégal et dans des conditions léonines, dans l'idée de récupérer des terrains", selon M. Carenco, qui a écrit au procureur pour le dénoncer. Marc Sénéchal, le liquidateur judiciaire de Veninov, pourrait déposer une plainte au pénal. Le préfet, en lien avec le liquidateur, cherche aussi à savoir actuellement à qui appartiennent les terrains de l'entreprise, sur 6 ha en banlieue lyonnaise.

La CFDT de Veninov, qui "soupçonne Gordon Brothers d'avoir découragé tous les repreneurs éventuels afin de mieux profiter de la mise en liquidation", affirme

avoir alerté depuis plusieurs mois les pouvoirs publics au sujet de "l'opacité financière" entourant Alkor Venilia. D'après le syndicat, le montant du prêt s'élève à 9,7 millions d'euros. Alkor Venilia a ensuite été acheté en mars dernier par l'autrichien Windhager Garden, qui avait des projets pour l'usine de Vénissieux mais a jeté l'éponge, revendant ses parts.

Selon Bernard Dhennin, délégué CFDT, "nous aurions dû être en cessation de paiement dès novembre, ce qui aurait permis de reprendre les choses en main, au lieu de nous conduire à la liquidation". Alors qu'aucun repreneur potentiel n'a fait d'offre pour Veninov dans le délai imparti d'une semaine, mi-juillet, la liquidation a été prononcée par le tribunal de commerce de Nanterre le 21 juillet.

Depuis, le personnel, qui déplore un "gâchis", assure une permanence sur le site, pour empêcher que les machines et les stocks ne sortent. Jeudi, selon la préfecture, quelque 200 personnes dont des élus se sont rassemblés sur le site en soutien.

Les salariés doivent recevoir dans les prochains jours leurs lettres de licenciement, puis pourront adhérer à une convention de reclassement personnalisé (CRP). Le préfet a indiqué qu'il cherchait encore un éventuel repreneur pour Veninov. "Je pense qu'il y a une chance sur dix que ça marche, mais il faut jouer cette chance", estime-t-il.

Une page de l'histoire industrielle de la région

Créée en 1874, Veninov réalisait près de 20 millions d'euros de chiffre d'affaires, dont environ un tiers à l'export. Dans un courrier adressé au préfet du Rhône, le député communiste André Gérin a jugé "inacceptable et insupportable qu'une entreprise de production détenant un savoir-faire de haute technologie, de niveau européen, soit amenée à disparaître". "Il est impensable d'abandonner cette activité et cette entreprise", écrit le député du Rhône, demandant aux pouvoirs publics et au gouvernement de "prendre des décisions exceptionnelles pour le maintien de ce métier made in France". "Au-delà de Veninov, c'est tout le groupe Alkor-Venilia, en redressement judiciaire, qui va disparaître", a souligné M. Navarro.

Le groupe emploie quelque 700 salariés pour un chiffre d'affaires d'environ 150 millions d'euros. Cela entraînera notamment le licenciement des 81 salariés de l'établissement commercial basé à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), a ajouté le délégué syndical.

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