Auvergne-Rhône-Alpes : Laurent Wauquiez au chevet des relocalisations

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a annoncé de multiples efforts pour encourager les relocalisations et le maintien d'entreprises sur le territoire, ce mercredi 24 juin. Jusqu'ici, le nombre de relocalisations reste particulièrement faible.

Laurent Wauquiez a annoncé sa stratégie pour encourager les relocalisation au sein de l'entreprise Vicat, qui ramène son siège social de Paris à à l'Isle-d'Abeau (Isère).
Laurent Wauquiez a annoncé sa stratégie pour encourager les relocalisation au sein de l'entreprise Vicat, qui ramène son siège social de Paris à à l'Isle-d'Abeau (Isère). © Sylvie Cozzolino / FTV

Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a annoncé, ce mercredi 24 juin, un effort de la collectivité de 10 millions d'euros destiné à encourager les relocalisations sur le territoire régional. Ce montant s'ajoute à un fond de plusieurs centaines de millions prévus pour maintenir les entreprises sur le territoire.

10 millions pour inciter aux relocalisations

Laurent Wauquiez s'est exprimé à l'occasion d'une visite dans l'entreprise Vicat, à l'Isle-d'Abeau (Isère). Le groupe de BTP a justement annoncé ce mercredi y ramener son siège social situé jusqu'ici à Paris. "La relocalisation du siège social du Groupe Vicat est la pierre fondatrice de notre politique de relocalisation de sièges d’entreprises en région. Nous sommes le premier territoire industriel de France mais les sièges de grands groupes se concentrent essentiellement à Paris. C’est un paradoxe alors que nous habitons une région attractive et dotée d’une réelle qualité de vie", a vanté Laurent Wauquiez. Dans ce contexte, la région Auvergne-Rhône-Alpes annonce réserver une enveloppe de 10 millions d’euros sur 3 ans, dans le cadre de son plan de relance économique, pour aider à la relocalisation des sièges d’entreprises en Auvergne-Rhône-Alpes.

On a des entreprises qui souhaitent ramener leur production chez nous

Santé, technologie, environnement

Aux journalistes, Laurent Wauquiez a indiqué vouloir encourager les relocalisations dans 3 secteurs en particulier : "il y a les protections de santé - tout ce qui nous a manqué dans la crise, il y a les technologies industrielles, et il y a l'environnement (...). On a des entreprises qui pendant la crise ont réfléchi et souhaitent ramener leur production chez nous".

En plus des efforts du gouvernement, la région Auvergne-Rhône-Alpes propose un appui plus local : concrètement, l'agence Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises peut accompagner l'accueil collectif des salariés, aider à l'aménagement de locaux, ou encore transmettre les offres d’emploi aux conjoints des salariés qui arriveraient dans la région.

 

De l'Asie à l'Ain

Ces annonces s'inscrivent dans un contexte favorable. Ainsi la veille, mardi 23 juin, l'entreprise Coverguard, concepteur d'équipements de protection individuelle, a annoncé relocaliser la fabrication de masques chirurgicaux et FFP2 sur son site de Miribel dans l'Ain. Elle a investi 1 million d'euros et prévoit de produire 20 à 30 millions de masques par an. Coverguard sous-traitait jusqu'ici la fabrication en Asie et en Europe de l'Est : "nous étions en train de réfléchir à une intégration verticale plus importante mais plutôt en Europe. Et le Covid est arrivé et on s'est dit : pourquoi pas en France ?", explique le PDG Brice de la Morandière.

Reste que, si cette stratégie porte ses fruits, les relocalisations ne se traduiront pas forcément en création massive d'emplois. "Quand on relocalise, souvent on automatise les nouvelles usines, donc on crée moins d'emplois que ceux qui étaient partis", explique Catherine Mercier-Suissa, directrice des relations externes à l'IAE School of management. "En revanche, ce sont des emplois plus qualifiés", observe-t-elle.

 

Très peu de relocalisations au compteur

Par ailleurs, ces annonces sont pour le moins symboliques, car pour l'heure, le mouvement de relocalisations en Auvergne-Rhône-Alpes, comme sur le territoire national, reste très timide. Au total, selon une étude de l'Université de Lyon, on recense 42 retours de sites de productions de l'étranger dans la région entre 2005 et 2013 et seulement 5 à 8 entreprises revenues entre 2013 et 2019. Cette volonté de relocaliser des productions stratégiques intervient après une crise sanitaire qui a révélé les failles en matière d'approvisionnement. Ainsi à Roussillon, Rhodia fabriquait du paracétamol. C'était la dernière usine de production européenne ; elle a fermé en 2009.

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La région Auvergne-Rhône-Alpes pour la relocalisation des entreprises ©France 3

 

Au total, le plan de relance de la région, dans lequel s'inscrit l'enveloppe pour les relocalisations, prévoit un montant d'un milliard d'euros, qui doit générer un effet de levier de 3 à 4 milliards d'euros dans les 2 ans, pour soutenir l'économie régionale après la crise sanitaire du Covid-19. Ces fonds et emprunts doivent sécuriser et/ou créer 50 à 100 000 emplois dans la région, espèrent les services de la collectivité.

 

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