"Personne ne doit vivre ce qu'on a vécu" : sa fille a frôlé la mort, elle dépose plainte contre l'hôpital de Bourgoin-Jallieu

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Écrit par Margot Desmas .

Jennyfer Badin a déposé plainte contre les urgences pédiatriques de l'hôpital de Bourgoin-Jallieu après la prise en charge de sa fille de 3 ans, qui a souffert de graves complications à la suite d'une appendicite. Elle souhaite que les médecins "reconnaissent leurs erreurs".

C'est la voix encore tremblante que Jennyfer Badin raconte la "descente aux enfers" de sa fille. Liyah, 3 ans, s'apprête à faire sa première rentrée des classes lorsqu'elle est prise d'une poussée de fièvre dans la nuit du mercredi au jeudi 1er septembre. La fillette veut y aller malgré tout. Son état s'améliorant, Jennyfer la dépose à l'école en avertissant la maîtresse, puis repart.

Mais l'état de Liyah se dégrade en début d'après-midi. Retour à la maison, rendez-vous chez la pédiatre et les premiers doutes apparaissent. Ses vives douleurs au ventre laissent craindre une appendicite, ce que corroborent les résultats de la prise de sang. La température de la fillette monte à 40,3 °C.

Jennyfer la conduit alors aux urgences pédiatriques du centre hospitalier de Bourgoin-Jallieu (Isère), sur les conseils du Samu. "Il n'y avait rien d'alarmant selon eux", relate la mère de famille de 30 ans à qui les médecins expliquent que sa fille est "trop jeune" pour souffrir d'une appendicite.

"Ça se voyait qu'elle avait mal et son état se dégradait, explique Jennyfer Badin, donc j'ai demandé qu'ils fassent d'autres examens". En vain. Les médecins lui conseillent de rentrer chez elle avec sa fille et de revenir aux urgences si la fièvre persiste au-delà de deux jours, comme précisé dans le compte-rendu d'hospitalisation que France 3 Alpes a pu consulter. "Ils m'ont laissé repartir sans Spasfon ni Doliprane", s'emporte Jennyfer, qui s'exécute malgré ses doutes.

"Ma fille est en train de mourir"

Il est 22h30 dimanche soir lorsque l'état de Liyah se dégrade une nouvelle fois. La fièvre de la petite fille monte à 40,6 °C. Nouvel appel au Samu et retour aux urgences pédiatriques de l'hôpital de Bourgoin-Jallieu, deux jours après son premier passage. "C'est la descente aux enfers", résume sa maman.

Au bout de plusieurs heures d'attente, les résultats de la prise de sang tombent. Les médecins conseillent d'hospitaliser la fillette pour la nuit avant de procéder à une échographie le lendemain matin. Jennyfer perd patience et demande que les examens soient conduits au plus vite.

"J'ai regardé ma fille qui était à côté de moi. Elle avait les yeux révulsés, décrit-elle douloureusement. Je vois qu'elle n'est pas bien du tout, alors je cours vers l'accueil et je crie aux médecins : 'Sortez tous de vos bureaux, ma fille est en train de mourir !'"

Voir votre enfant partir au bloc sans savoir s'il va revenir, c'est terrible comme sentiment.

Jennyfer Badin, mère de Liyah, 3 ans

à France 3 Alpes

L'échographie le confirme, Liyah souffre d'une appendicite. Elle est transférée à l'hôpital Femme Mère Enfant de Bron (Rhône) où elle est rapidement opérée. "J'ai vu ma fille partir au bloc opératoire en me demandant si elle allait revenir", lâche Jennyfer, hantée par cette phrase d'un médecin : "Si vous n'étiez pas venue, votre fille ne passait pas la nuit."

Liyah reste hospitalisée une dizaine de jours, sous morphine, nourrie par perfusion. Elle est traitée pour une péritonite appendiculaire, une complication de l'appendicite. "Quand on se refait le film, on est très en colère", insiste la maman qui a déposé plainte pour "non-assistance à personne en danger" à l'encontre du service pédiatrique de l'hôpital de Bourgoin-Jallieu.

"Je veux que personne ne vive ce qu'on a vécu", expose la trentenaire, mère de trois enfants, espérant que les médecins "reconnaissent leurs erreurs". "Voir votre enfant partir au bloc sans savoir s'il va revenir, décrit-elle, c'est terrible comme sentiment."

Sollicitée par France 3 Alpes, la direction de l'hôpital de Bourgoin-Jallieu a indiqué, par voie de communiqué, qu'elle allait "mener des investigations pour comprendre les conditions de prise en charge de cette petite fille". Le centre hospitalier affirme ne pas avoir reçu la plainte déposée par la mère de famille.

"Comme elle s’y est engagée envers les parents de la fillette, la direction générale, avec la cheffe de service de pédiatrie, reviendra vers eux pour leur donner tous les éléments d’explication", peut-on lire dans le même communiqué.

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