Affaire Bayou : la création d'une haute autorité indépendante des partis est une piste "à étudier", selon la députée de l'Isère Cyrielle Chatelain

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Écrit par M.D. avec AFP

La députée de l'Isère Cyrielle Châtelain va présider seule le groupe EELV à l'Assemblée nationale après le retrait de Julien Bayou. Elle se dit favorable à la création d'une autorité indépendante dédiée aux affaires de violences sexistes et sexuelles.

Les députés écologistes se sont dits plutôt favorables à la création d'une "haute autorité indépendante" dédiée aux affaires de violences sexistes et sexuelles en politique. Une piste lancée en plein débat sur les limites des cellules internes aux partis, notamment dans le cas de Julien Bayou.

La piste de cette autorité indépendante des partis "est sans doute quelque chose à étudier", a déclaré mercredi 28 septembre la présidente du groupe écologiste Cyrielle Chatelain devant la presse, à l'Assemblée.

Selon elle, cela offrirait aussi un espace d'écoute "dans les partis qui n'ont pas de cellule et dans lesquels les femmes n'ont pas d'espace pour aller témoigner, être accompagnées quand il y a des violences". "En tout cas, on voit qu'il y a des partis qui se saisissent des sujets et d'autres qui les mettent sous le tapis", a estimé la députée de l'Isère.

Julien Bayou accusé de violences psychologiques sur son ex-compagne

Julien Bayou a annoncé lundi qu'il quittait ses fonctions de secrétaire national d'EELV pour se défendre d'accusations de violences psychologiques sur son ex-compagne, qu'il nie. Il a également quitté la coprésidence du groupe écologiste à l'Assemblée, mais reste député.

L'affaire a été révélée en juillet, quand la cellule interne d'EELV sur les violences et harcèlements sexuels s'est autosaisie à la suite d'un courriel de son ex-compagne. Aucune plainte n'a été déposée ni aucune enquête judiciaire ouverte.

Son avocate a critiqué l'impossibilité pour Julien Bayou de se défendre devant la cellule du parti, malgré "quatre" demandes pour être entendu. "Julien Bayou a le droit de se défendre", "on a une enquête interne, le travail est en train de se dérouler", a réagi Cyrielle Chatelain, désormais seule présidente du groupe.

"Nous écoutons les femmes"

"Nous, en tant que groupe politique, le message que nous avons à porter, c'est que nous écoutons les femmes, nous savons que c'est un mouvement de fond qui est en train d'agiter la société", a-t-elle souligné. La patronne des députés écolos a aussi critiqué la sortie du garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti, qui en "a marre" des cellules internes d'EELV ou LFI, des "trucs" et une "justice de droit privé".

"Nous n'avons aucune leçon de morale à recevoir du ministre de la Justice", a-t-elle rétorqué, pointant une "stratégie de polémique" et un "art oratoire méprisant". "On doit être sur un débat de fond sur ce qu'on met en place dans la société pour qu'effectivement les femmes se sentent en confiance dans le système judiciaire", "c'est là-dessus que j'attends un ministre de la Justice", a-t-elle conclu.

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