Affaire Meunier : “Je suis innocent” déclare le psychiatre devant la cour d'appel de Grenoble

A gauche, la famille Meunier. A droite, l'avocat de la défense Jean-Yves Balestas et son client le Docteur Gujadhur. / © Marion Feutry/France 3 Alpes
A gauche, la famille Meunier. A droite, l'avocat de la défense Jean-Yves Balestas et son client le Docteur Gujadhur. / © Marion Feutry/France 3 Alpes

Ce 19 décembre, le psychiatre du schizophrène meurtrier est jugé en appel. En première instance, il avait été condamné à 18 mois de prison avec sursis. Cet après-midi, il a expliqué aux juges qu'il mettait en œuvre des décisions prises collégialement.

Par Jean-Christophe Pain

A la barre, le docteur Gujadhur, 72 ans, désormais retraité. Dans la salle, les parties civiles : Maria Claros, l'ex-compagne de Luc Meunier, Lionel, Sylvaine et Marie Odile Meunier, frère, sœur et mère de la victime.

© M.Feutry/France 3 Alpes
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Le psychiatre est longuement interrogé par le président de la cour d'appel. Il lui demande les raisons pour lesquelles il a fait appel de sa condamnation en première instance. Réponse : "je conteste ma culpabilité, je pense que je suis innocent".

Ensuite, le président s'intéresse aux responsabilités du docteur Gujadhur, chef de service du pavillon 101, le pavillon psychiatrique dont Jean-Pierre Guillaud était l'un des patients, au sein du Centre Hospitalier de Saint-Egrève.

Le psychiatre souligne qu'il avait un rôle administratif, qu'il n'était pas en charge du suivi médical de ce patient. Il ajoute qu'il mettait en œuvre des décisions prises collégialement, notamment les autorisations de sortie. Ces fameuses autorisations qui se trouvent au coeur du débat judiciaire. Puisque c'est dans le cadre d'une de ces sorties que le patient schizophrène a poignardé, le 12 novembre 2008, le jeune étudiant Luc Meunier, cours Berriat à Grenoble. 


La dangerosité du patient


Le docteur Gujadhur affirme qu'il ne connaissait pas tous les antécédents du patient. Jean-Pierre Guillaud arrive au pavillon 101 en 2006, après avoir poignardé un résident à la maison de retraite de Miribel-les-Echelles, ce qui conduit à son hospitalisation d'office.

Le Dr Gujadhur affirme qu'il n'était pas au courant de cet événement. "Si j'avais su, j'aurais pris en charge le suivi de ce patient" déclare-t-il. "Je me sens coupable quelque part de ne pas l'avoir fait. On se sent fautif, même si ce n'est pas son patient"

Le président interroge le psychiatre sur une "fugue" de Jean-Pierre Guillaud en octobre 2008. Il s'agissait d'un "vagabondage" pour le docteur Gujadhur, qui reconnaît avoir eu "très peur" à ce moment là et avoir ressenti un "grand soulagement" lorsque le patient a regagné spontanément l'hôpital.

© M.Feutry/France 3 Alpes
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La cour évoque aussi une "crise" survenue quelques jours avant le drame. Lors d'un repas, Jean-Pierre Guillaud se lève, il ne se sent pas bien. D'après l'équipe infirmière, il avait "sa mauvaise voix qui lui disait de se suicider ou de tuer quelqu'un".

Le docteur Gujadhur, lui, évoque "des dysfonctionnements" à l'hôpital de Saint-Egrève, un "manque de personnel".

Le psychiatre hospitalisé 


Pour le psychiatre, cette affaire a eu un retentissement "catastrophique". "J'ai fait une dépression grave, j'ai été hospitalisé d'office à l'hôpital pendant une quinzaine de jours. Je n'ai pas pu reprendre le travail. J'ai été en longue maladie jusqu'à la retraite. J'étais ravagé. Je dors très mal, j'ai des cauchemars, des crises d'anxiété. Cette affaire ne me quitte pas la tête."


Le jugement a été mis en délibéré. 

Affaire Meunier : le procès en appel
Intervenant : Jean-Yves Balestas, avocat de la défense Equipe : Marion Feutry et maxime Quémener









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