Appartements occupés à Grenoble : un accord trouvé entre la municipalité et les 54 mal-logés

Les 54 mal-logés qui avaient pris possession d'appartements vacants à Grenoble depuis plus de quatre mois vont quitter les lieux en fin de semaine. Une solution de relogement a été trouvée avec la municipalité après de longues discussions.

Une cinquantaine de personnes occupaient, depuis mi-décembre 2020, des appartements inoccupés à Grenoble pour réclamer à la ville un "logement décent".
Une cinquantaine de personnes occupaient, depuis mi-décembre 2020, des appartements inoccupés à Grenoble pour réclamer à la ville un "logement décent". © Daniel Despin / France 3 Alpes

L'association Droit au logement crie victoire. Elle accompagnait, depuis début décembre, une cinquantaine de personnes sans domicile ou mal-logés qui occupaient des appartements vacants du quartier de l'Abbaye, à Grenoble. Après 132 jours d'occupation et de nombreux rendez-vous avec la municipalité, l'association annonce mercredi 21 avril qu'un accord de relogement a été trouvé et validé en "assemblée d'occupation".

"Chacun-e des 54 occupant-e-s aura une solution d'hébergement ou de logement pérenne, et ce quelle que soit sa situation administrative", écrit le DAL 38 dans un communiqué. "Ce n'est pas une faveur ni un passe-droit, c'est simplement une mesure de justice sociale et l'application du droit", complète Raphaël Beth, militant au sein de l'association, "très satisfait de voir que la lutte a payé".

Le conseiller municipal délégué à l'urbanisme transitoire, Yann Mongaburu, se félicite d'avoir "enfin réussi à engager le dialogue avec le DAL". "La ville prend sous sa responsabilité l'accompagnement social dont vont bénéficier ces personnes ainsi que leur hébergement transitoire. Le droit à un hébergement stable est un droit inconditionnel qui ne devrait pas souffrir d'exceptions", estime l'élu, convenant que les discussions ont duré "trop longtemps".

 

Solutions de transition

La cinquantaine d'occupants devraient évacuer les lieux en fin de semaine pour être redirigés vers des hébergements de transition avant d'intégrer des logements pérennes, comme des HLM pour certains. Parmi les occupants, des personnes expulsées, des demandeurs d'asile, des réfugiés, mais aussi des locataires vivant dans des conditions insalubres. "Il y avait beaucoup de personnes dans des situations différentes mises ensemble pour faire valoir leurs droits", résume Raphaël Beth.

Le bailleur social Actis, gestionnaire de l'immeuble occupé jusqu'en fin d'année 2020, avait coupé l'électricité, l'eau et le chauffage collectif pendant plusieurs jours. Une "abjection", s'était insurgée l'association qui réclamait des "solutions de relogement pérennes" et non une mise à l'abri des occupants en hébergement d'urgence, comme initialement proposé lors des discussions.

L'affaire avait pris une ampleur nationale, notamment avec la pétition lancée par le DAL 38 en faveur des occupants. Adressée au maire de Grenoble, Eric Piolle, elle a recueilli plus de 2 000 signatures à ce jour. La municipalité souligne aujourd'hui que la cité de l'Abbaye, en pleine réhabilitation, va être conçue en intégrant 35% de logements sociaux à destination des personnes défavorisées.

 

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