Bioéthique : l'évêque de Grenoble dit “non” à la PMA et appelle à marcher avec La Manif pour tous

L'évêque de Grenoble Guy de Kerimel a affirmé son opposition à la PMA dans un texte publié mardi. / © Jean Francois SOUCHET / MAXPPP
L'évêque de Grenoble Guy de Kerimel a affirmé son opposition à la PMA dans un texte publié mardi. / © Jean Francois SOUCHET / MAXPPP

L'évêque de Grenoble-Vienne (Isère) Guy de Kerimel a affiché son opposition à l'ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules ce mardi. Il appelle également les fidèles à manifester le 6 octobre aux côtés du collectif catholique conservateur La Manif pour tous.

Par Margot Desmas

Alors que les débats sur le projet de loi bioéthique battent leur plein à l'Assemblée nationale, l'évêque de Grenoble-Vienne Guy de Kerimel a publié un texte où il affirme son opposition à la procréation médicalement assistée (PMA) mardi 24 septembre. "Les enjeux sont trop importants pour que l'Église reste muette", dit-il dans ce communiqué où il enjoint les fidèles à "manifester le 6 octobre", jour où La Manif pour tous organise une marche nationale contre le projet de loi bioéthique.

Monseigneur Guy de Kerimel énonce d'abord une longue anaphore où il estime qu'il faut dire "« oui » aux droits des enfants à être éduqués par leur papa et leur maman", soulignant "l’importance des racines familiales et de la filiation" et fustigeant "la toute-puissance de la technique, du marché, et des désirs illimités". Autant de raisons pour lesquelles l'évêque dit son opposition à la PMA pour les couples de femmes et les femmes seules ainsi qu'à à la recherche sur les embryons.
 

Mgr Guy de Kerimel conclut ce texte en appelant les fidèles à se mobiliser "dans un esprit évangélique et le respect des lois". Il leur propose notamment de descendre dans la rue le "6 octobre prochain", jour de marche nationale organisée à Paris par le collectif catholique conservateur La Manif pour tous. "Tout ce qui est possible techniquement n’est pas nécessairement souhaitable ni inéluctable", lance le collectif qui s'est fait connaître avec ses manifestations, en 2013, contre l'ouverture du mariage aux couples homosexuels.

L'évêque de Grenoble avait déjà dénoncé en 2014 "une surenchère pour imposer l'avortement comme un acte médical banal au service de la liberté des femmes", pointant une "banalisation" de cet acte. L'année suivante, il s'était exprimé contre l'arrêt des soins de Vincent Lambert, patient maintenu en état végétatif pendant une dizaine d'années après un accident de la route.
 

 

"Une chance" pour la société


Les députés ont ouvert ce mardi les discussions sur le vaste projet de loi bioéthique, considéré par la ministre de la Santé Agnès Buzyn comme "une chance" pour la société. Une session qui a confirmé la cristallisation de l'attention sur l'extension de la PMA. Jusqu'alors réservée aux couples hétérosexuels, cette intervention médicale élargie aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires sera remboursée par la Sécu.

Des voix se sont élevées dans l'hémicycle, principalement à droite et à l'extrême droite, pour dénoncer une "PMA sans père" qui conduirait inéluctablement à la gestation par autrui (GPA), même si le gouvernement ne cesse de répéter que celle-ci reste "un interdit absolu en France". A l'inverse, cette promesse de campagne d'Emmanuel Macron a été défendue dans la majorité comme "une avancée majeure", la gauche saluant une décision "nécessaire" (PCF), attendue "avec angoisse" (LFI).

Réforme de la filiation et de l'accès aux origines des enfants nés par don, autoconservation des ovocytes... De nombreux sujets hautement sensibles sont encore au menu d'ici le vote solennel le 15 octobre.

 

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