"C'est parti en cacahuète, je me suis laissé emporter", à Grenoble les premiers émeutiers jugés condamnés à de la prison ferme

Les premiers émeutiers jugés par le tribunal correctionnel de Grenoble, ce dimanche 2 juillet, ont été condamnés à des peines de prison ferme. Pour certains, la peine est aménageable à domicile avec le port du bracelet électronique.

Les premières peines sont tombées au tribunal correctionnel de Grenoble ce dimanche ou une audience exceptionnelle de comparution immédiate se tient après les interpellations lors des émeutes de vendredi soir.

"C’est parti en cacahuète"

Le premier à comparaître est un jeune homme âgé de 18 ans, habitant du quartier de La Villeneuve, à Grenoble. Il a été interpellé vendredi soir peu avant minuit, sortant des Galeries Lafayette, les bras chargés de parfum et de vêtements de marque. Un butin d'une valeur totale de 431 euros. À la barre, il raconte, "je suis venu à 20 h pour manifester pacifiquement, puis c’est parti en cacahuète et je me suis laissé emporter."
Le jeune homme n’a aucune mention à son casier et est en contrat à durée indéterminée chez MacDonald. À son encontre, le procureur, Eric Vaillant, requiert huit mois de prison ferme : "Ce ne sont pas de simples vols, ils ont été commis dans des circonstances exceptionnelles de violences urbaines et de pillages en réunion, il s’agissait d’une meute qui voulait créer du chaos."

Il est finalement condamné à six mois de prison ferme, aménageable à domicile avec le port du bracelet électronique. Un soulagement pour son avocate, Johanna Alfonso : "Le Code pénal français prévoit l’individualisation des peines, la personnalisation des peines, et aujourd’hui, on peut avoir le sentiment que l’objet de ces comparutions immédiates est de punir un groupe néanmoins sur les premiers dossiers qui ont pu être jugés les juridictions prennent le temps et le soin d’individualiser les peines."

Prison ferme et bracelet électronique

Le deuxième homme a été condamné à trois mois de prison ferme avec mandat de dépôt, il avait été interpellé dans la remise au sous-sol du magasin Foot Locker. Le troisième, un jeune chef de chantier de 22 ans, a été condamné à quatre mois de prison ferme pour une tentative de vol dans le magasin Boss. Sa peine est aménageable à domicile avec le bracelet électronique.

30 prévenus en comparution immédiate

L’audience exceptionnelle a débuté ce dimanche matin peu avant midi et devrait s’achever tard dans la soirée pour juger la trentaine de prévenus en comparution immédiate. La quasi-totalité de ces personnes avait été arrêtée en flagrant délit de vols dans la nuit de vendredi à samedi, lors des émeutes en lien avec la mort du jeune Nahel, 17 ans, tué par un tir de policier. Les prévenus encourent jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende.