Procès Lelandais : "Café", "clope", "cocaïne", revivez la troisième journée du procès marquée par le témoignage de Nordahl Lelandais

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Écrit par Antoine Belhassen et Margot Desmas

Au troisième jour de son procès devant les assises de l'Isère, Nordahl Lelandais s'est exprimé sur les faits qui lui sont reprochés au cours de l'après-midi. Retrouvez l'audience dans notre direct.

Nordahl Lelandais va-t-il sortir du silence ? L'ancien militaire jugé pour le meurtre de la petite Maëlys et des agressions sexuelles sur deux petites cousines doit s'exprimer mercredi 2 février devant la cour d'assises de l'Isère.

Depuis l'ouverture du procès, ses proches, amis et membres de la famille, se succèdent à la barre pour dresser le portrait de l'accusé. Ils ont décrit quelqu'un de "doux", "gentil" et même "serviable".

Au troisième jour d'audience, d'autres proches de l'accusé doivent être entendus dans la matinée. Et l'accusé doit s'exprimer sur les faits qui lui sont reprochés dans l'après-midi. Suivez la troisième journée du procès minute par minute dans notre direct.

La journée d'audience en direct

19h - L'audience est suspendue. Elle reprendra demain, jeudi 3 février, à 9 heures.

18h57 - Me Jakubowicz lui demande des détails sur cette ancienne compagne rencontrée en détention. Il raconte qu'ils se sont rencontrés en 2018. Elle lui a adressé de très nombreuses lettres et lui a donné des cadeaux, des vêtements, de l'argent, sans qu'il n'en ait demandé.

L'avocat lit des passages de leur correspondance, où elle le décrit comme quelqu'un de "doux" et "affectueux".

Cette dame avait également noué, par le passé, une relation avec un autre détenu, lui, condamné pour le meurtre de sa propre fille. Il a supprimé son droit à l'UVF, suite à des menaces de cette dame qui n'aurait "pas accepté la rupture".

18h40 - C'est au tour de la défense et de Me Jakubowicz de poser des questions à Nordahl Lelandais. L'avocat revient sur les années 2016 et 2017, lorsque sa mère devait s'occuper de son mari, atteint d'une maladie grave.

"Comment arrive-t-on à cet échec ?", demande-t-il au sujet de "sa vie". "Ma responsabilité est totale. C'est moi à 100 %. L'armée c'était quelque chose de très important. C'est suite à tout cela, que j'ai commencé à me laisser aller", répond-il.

Me Jakubowicz lui demande s'il a aimé certaines compagnes. Il répond que oui. "Aimer, c'est partagé des choses". Il revient sur sa relation avec Vanessa, une témoin entendue ce mardi. Il voulait notamment avoir un enfant avec elle : "Avoir un enfant c'était quelque chose de très important pour moi."

"Je n'ai pas été honnête avec elles", explique-t-il en parlant de ses anciennes compagnes. Il évoque l'"infidélité" et le "mensonge" qui ont marqué ses relations. Cependant, il insiste sur le fait qu'il n'a jamais été violent avec ses compagnes, mis à part Vanessa au moment de leur rupture : "Je l'ai attrapée par le bras."

18h15 - Le procureur général revient sur son passage à l'armée : "J'ai eu du mal à avoir la confiance de mes chefs", explique-t-il.

Il est également consulté sur ses conditions d'emprisonnement. Son isolement se caractérise par "une petite cellule, une petite promenade, pas d'activité, pas d'interaction avec qui que ce soit, à part les surveillants. (...) Même quand mes avocats viennent, c'est compliqué." Il est autorisé à faire du sport une fois par semaine pendant une heure.

Il est questionné sur ces UVF et explique qu'il a bien eu deux relations sexuelles avec une ancienne compagne rencontrée lors de sa détention. Elle aurait expliqué "être sous son emprise". Il répond : "Ce n'est pas moi qui suis allé la chercher."

18h10 - Me Crespin, l'avocat d'une association pour la protection de l'enfance, lui demande pourquoi il n'a pas parlé de ses actes à ses proches : "C'est difficile d'expliquer des choses aussi graves", répond-il. "Le manque de courage, de la lâcheté... c'est compliqué à expliquer. J'ai eu envie de le faire."

18h03 - Me Boguet, l'avocat du père de Maëlys, prend la parole. Il revient sur sa consommation d'alcool et son "appétence" pour le sexe. Il lui demande si, au bout d'un moment, ce n'était pas devenu "une obsession permanente" qui aurait amené une "mise en pratique" dans ses relations.

"J'ai eu la chance de plaire. Alors pourquoi ?, se questionne-t-il en faisant un geste de la bouche. Je n'avais pas grand chose pour moi, je n'avais pas de boulot..." Il continue : "Une fois que j'étais tout seul, ça n'allait plus. Je n'étais pas bien." 

Il est questionné sur ses remords à la suite de ses actes, notamment après la mort du caporal Arthur Noyer : "Avant, j'étais perdu. Après j'étais complètement perdu." Après avril 2017, il évoque des moments dont il n'a plus aucun souvenir.

17h47 - C'est au tour de Me Remond, l'avocate de la famille de deux cousines agressées sexuellement, de poser des questions. Elle lui demande de nouveau qui il est : "Je sais ce que je ne veux plus être", répond-il. "Vous savez où vous allez ?", demande-t-elle. Il rétorque : "J'ai une petite idée."

17h40 - Ce mardi, son frère Sven a expliqué que, selon lui, les agissements de Nordahl Lelandais auraient été influencés par sa consommation de drogues et d'alcool. L'avocat révèle que la cocaïne et l'alcool n'ont pas d'influence sur la sexualité.

17h35 - Me Rajon, l'avocat de la mère de Maëlys, lui demande s'il a bien essayé de "se reconstruire" : "Quel regard vous avez sur la détention ?"

Il répond : "Reconnaître les faits. De ne plus être la personne que j'étais avant. D'essayer d'être meilleur, soigner ses addictions, réfléchir différemment, de poser des questions."

Nordahl Lelandais explique qu'en détention, "les psychiatres et les psychologues ont vu une amélioration."

Suite à ces réponses, Me Rajon en vient à une certaine "Camille", avec qui il aurait eu une relation épistolaire : "Qu'est ce que vous pouvez nous en dire ?"

Il répond qu'elle serait âgée d'"une vingtaine d'années". "Saviez-vous qu'elle était lycéenne ?", renchérit Me Rajon. Il tente de répondre : "Ca a été stoppé par l'administration pénitentiaire."

Or, cette jeune fille aurait un profil Pinterest, sur lequel 12 visites ont été enregistrées sur son téléphone saisi en détention. Il parle d'une "mauvaise connexion" et donc des pages Internet qui se rafraichissaient automatiquement.

Me Rajon dévoile ensuite qu'il a consulté un site pornographique, où ses recherches étaient orientées vers les "teens" (adolescents en anglais, ndlr). "Ca m'interroge", dit Me Rajon.

Nordahl Lelandais répond qu'il n'est "jamais allé sur un site pédopornographique" : "J'insiste bien sur 'jamais'", dit-il.

17h - L'audience est reprise avec les questions des avocats des parties civiles. Me Rajon prend la parole : "J'ai noté un sourire chez vous lors des questions de madame la présidente." Il cherche à savoir la raison de ce sourire. Il répond que "non", il n'a pas souri.

16h45 - En prison, il a reçu une expertise psychiatrique : "Je me suis déconstruit" et tente d'accepter "ses colères".

Placé en isolement, quelques jours avant le début de ce procès, il a adopté un "comportement correct", selon l'administration pénitentiaire. Mais un téléphone portable a été retrouvé dans sa cellule. Il a reçu des virements réguliers, notamment de plus de 8 000 euros de la part d'une de ses anciennes compagnes rencontrées en détention.

Sur le téléphone portable, il a notamment consulté des sites pornographiques, des sites de vente de peluches d'animaux et des sites de correction orthographique.

"J'avais l'occasion d'avoir un tel pour avoir plus d'intimité" avec des proches, explique-t-il. La présidente fait savoir qu'il reçoit beaucoup de courrier et a entamé une relation avec une nouvelle compagne.

Toujours au sujet de la détention : "Je l'accepte", dit-il.

La séance est suspendue et reprendra à 16h50.

16h23 - La présidente le questionne désormais sur ses différentes condamnations. Elle en vient forcément aux perquisitions qui ont suivi le meurtre d'Arthur Noyer, notamment celle de son véhicule en mai 2017 : "Je crois que tout les sentiments se sont mélangés. Il y avait de la peur. De la peur par rapport à ce que j'avais fait."

"Et ça passe ?", demande la présidente. "Non", répond-il d'emblée puis commence à avoir des larmes aux yeux.

Au sujet de ses premiers jours d'incarcération, il a ressenti du "déni, de la honte et le mensonge. Tout ce qui se passe en prison, les insultes, ça c'est rien."

Il avait déposé des demandes de liberté en 2018 : "J'ai fait croire à tout le monde que j'y étais pour rien. J'ai fait croire à trois familles, puisqu'il y a la mienne. J'ai menti."

16h11 - "Aujourd'hui qui êtes-vous ?", demande la présidente. "Qui je suis aujourd'hui ? Je sais que je suis Nordal Lelandais dans un box d'accusés de la cour d'assises. Je sais ce que je ne veux plus être en tout cas."

Il marque des temps de pause. "Qui avez-vous été ?", reprend la présidente. "Je ne sais même pas. C'est bizarre de dire ça, j'étais perdu. Je n'ai pas envie de faire pleurer dans les chaumières, j'étais perdu. Je trouvais un travail, ça ne me plaisait pas. Je trouvais une copine, ça me plaisait pas. Aujourd'hui je suis là", répond-il.

16h05 - Cela fait de longues minutes qu'il est interrogé sur son passage dans l'armée. Il "aurait pu" rentrer dans la légion étrangère. Mais, il a été "déçu" par l'armée.

A son retour, il a fait part d'histoires parfois inventées, des "situations traumatisantes". Il explique que c'était pour se "vanter" ou "se faire plaindre". "Je ne savais plus quoi faire de ma vie", poursuit-il : "Je voulais me donner une image." 

"Aujourd'hui, je le comprends tout à fait : je suis bête. Je suis bête", insiste-t-il.

15h58 - La présidente fait part des évaluations de ses supérieurs hiérarchiques dans l'armée. Dans l'ensemble, Nordahl Lelandais avait des aptitudes physiques et une volonté de travailler avec les chiens.

Par contre, ils ont évoqué de "l'immaturité" et des problèmes de comportement. "Après l'histoire de la fléchette, je n'ai plus eu la confiance de mes chefs", répond-il. Il avait ensuite quitté l'armée mais avait porté plainte contre son sergent de l'époque, responsable de sa blessure à l'œil. Celui-ci avait été condamné.

15h47 - Toujours au sujet de ses emplois, il a été éleveur canin mais a manqué de moyens : "Si on veut en vivre, il faut avoir des moyens, une structure." Les chiens étaient pourtant sa passion. Il regrette "une forme d'échec".

Après ces échecs successifs, il dit : "J'essayais de faire les choses. Mais je m'en donnais pas forcément les moyens. J'étais souvent en échec." La présidente évoque une certaine clémence des services de justice et de réinsertion, notamment après l'épisode de l'incendie du restaurant. Il acquiesce et parle même d'une "chance" d'avoir eu un bracelet électronique à l'époque, au lieu d'une condamnation plus sévère.

15h38 - La présidente le questionne sur ses emplois après l'épisode de l'incendie d'un restaurant. Il a notamment été ambulancier, mais son contrat n'a pas été renouvelé. Son employeur avait justifié cette décision par des "manquements graves", notamment sur son assiduité.

Lui répond qu'il "adorait ce travail" et met davantage en lumière une "mauvaise entente avec (son) patron". Il regrette ne pas avoir fait les démarches nécessaires pour obtenir le diplôme d'Etat.

15h21 - La présidente l'interroge sur les conséquences psychiques de ces addictions. Il a notamment fait une crise d'angoisse et un malaise vagal, par le passé. Selon lui, sa consommation de cannabis n'est pas étrangère à cela. Il avait consulté, de son propre chef, un institut pour se soigner : "Pour moi le cannabis ce n'est pas une drogue douce. C'est une drogue dure, très dure. (...) Ca provoque des symptômes chez certaines personnes qui ne sont pas bons du tout."

15h15 - Au sujet de ses relations amoureuses, il reconnaît ne pas avoir toujours été respectueux : "Je n'arrivais pas à m'investir." Il cherche ses mots puis parle de "plans sexuels" : "Elles ont voulu s'investir, moi je ne voulais pas forcément."

"Je reconnais aujourd'hui que ce n'était pas quelque chose de bien." Il reconnait une addiction au sexe. Il consultait notamment des sites pornographiques très régulièrement "pendant plusieurs heures par jour", après l'armée, selon la présidente.

Il explique que c'est à cause de l'armée : "C'était très important, je voulais faire carrière. Malheureusement, je ne voyais pas ça comme ça." Il reparle de l'histoire de la fléchette, qu'il a reçue dans l'œil. A son retour et à partir de là, "plus rien ne comptait" : "Je m'en suis rendu compte bien trop tard, beaucoup trop tard."

"J'étais complètement con, je ne réfléchissais pas correctement, poursuit-il. Je m'éparpille, je faisais n'importe quoi." Il évoque des journées rythmées par des films pornographiques, des cafés, des "clopes" et la cocaïne. "C'est une vie ?", lui demande la présidente. Il hoche la tête.

La cocaïne lui permettait de ne pas être dans la réalité "de croire que tout est beau et tout va bien".

15h - Avant de s'engager dans l'armée, il commence à fumer du cannabis : "Très jeune, trop jeune", reconnaît-il. A cette époque, un de ses amis dit de lui qu'il était partant pour "les petites conneries".

Un autre de ses amis après l'armée explique un comportement nerveux. Il avait notamment jeté une poêle par la fenêtre lors d'une dispute avec son colocataire. Au volant, il collait au voiture, "grillait des priorités". Il avait un comportement impulsif. C'est de là que viendrait son surnom de "Nono le barjot".

Il acquiesce lorsque la présidente lui demande s'il est capable de s'emporter "facilement s'il est vexé".

14h51 - En CAP mécanique, un de ses employeurs met fin à son contrat en alternance suite à un vol d'autoradio et d'essence : "A 16 ans, c'était ma petite crise d'adolescence."

Après cela, il décide de quitter le système scolaire et commence à travailler "au black". Il faisait les vendanges par exemple. Il s'est ensuite engagé dans l'armée à 17 ans et demi.

14h43 - Il est ensuite revenu dans une classe de 3e orientée vers le commerce. Sans grande réussite : "Je ne m'en donnais pas les moyens."

Lors de cette année, un de ses professeurs a expliqué qu'il avait des capacités mais qu'en effet, il ne "s'en donnait pas les moyens" : il était "je-m'en-foutiste".

Un autre professeur disait de lui qu'"il était séducteur, beau parleur. Il arrivait à ses fins par ses propres moyens." Il ne se "confiait" pas "ni sur ses goûts, ni sur sa famille".

14h36 - La présidente l'interroge désormais sur sa scolarité. Après une année de 3e ratée en 1999, il bifurque vers un CAP. "C'était un élève qui avait des difficultés scolaires" selon un CPE de son école de sports études : "Il n'avait pas de difficulté d'insertion" en revanche.

"C'est vrai que l'école, ce n'était pas trop mon truc", répond-il. Il était intéressé par cet établissement de sports études pour son cursus biathlon : "C'était un choix pour moi." Il a de "bons souvenirs" de cet internat.

14h23 - Nordahl Lelandais évoque une "belle enfance" et explique qu'il n'avait pas de problème avec son père. Ce dernier était atteint d'une maladie dégénérative. Il n'a jamais pu venir le voir au parloir depuis que Nordahl Lelandais est placé en détention, à cause de son état de santé.

Toujours au sujet de sa famille et de ses nombreux cousins, il s'entendait "pratiquement tous bien". Il avait plus d'affinité avec une de ses cousines. Il était parrain de sa fille. Il est accusé d'agression sexuelle sur celle-ci.

Il voyait son oncle paternel deux fois par mois. Celui-ci était maître-chien et s'entendait particulièrement bien avec lui. Il marque une pause, ému, avant de dire qu'un de ses fils est décédé.

14h17 - Il est interrogé sur sa famille. "Ca s'est relativement bien passé" du côté de sa mère. Il n'a pas beaucoup connu son grand-père maternel, il voyait occasionnellement sa grand-mère maternelle. En revanche, il a dû voir "deux ou trois fois peut-être" se souvient-il. Son père était en conflit avec ses parents : "Il rentrait pas trop dans les détails, on sentait que ça lui faisait mal de parler de son enfance. (...) On sentait que ça lui faisait mal d'en parler, donc on évitait le sujet."

14h13 - L'audience reprend. Après l'audition de multiples témoins lors de ces premiers jours de procès, Nordahl Lelandais est appelé à s'expliquer sur sa personnalité. Chemise blanche Ralph Lauren, jean bleu clair, il se tient debout dans le box des accusés et commence à répondre aux questions de la présidente. "Votre parcours de vie a été très scruté au travers de cette enquête", prévient-elle.

11h55 - L'audience est levée, elle reprendra à 14 heures.

11h50 - L'avocat général questionne le suspect et lui demande s'il souhaite s'adresser à l'accusé. Il acquiesce, se tourne vers Lelandais et déclare : "Je pense être l’une des personnes qui te connait le plus, je pense que tu le sais. Tout ce que tu as dit jusqu’à maintenant, je n’y crois pas du tout. Tu dois la vérité à la famille, tu la dois." Aucune réaction de l'accusé.

11h40 - Si Lelandais pouvait se confier sur sa vie intime auprès de ses mis, il n'a jamais évoqué ses relations homosexuelles. "Je suis tombée des nues", se souvient David.

11h32 - David évoque les surnoms de Lelandais : "Quand on sortait, il était toujours foufou donc on l’appelait Nono le barjo. Il n’y avait rien de méchant." Le témoin l'appelait aussi "belle vie" parce qu'il "ne connaissait rien à la vie, il n'avait pas de responsabilités, pas de crédit immobilier".

11h28 - L'audience est reprise, la présidente continue d'interroger le témoin sur la personnalité de Nordahl Lelandais.

11h10 - L'audience est suspendue, elle reprendra à 11h20.

11h05 - Le témoin évoque les traits de caractère de l'accusé. Quelqu'un qui "n'aimait pas l'autorité", "impulsif". "Un petit regard et ça partait au quart de tour", selon lui.

"Il ne s’est jamais vraiment remis en question. C’est toujours de la faute des autres. A aucun moment je ne l’ai vu se remettre en question pour quoi que ce soit", complète David.

"Il nous voyait tous réussir et il se voyait chez ses parents. Pas de copine, pas de travail, à nous appeler pour aller boire un café alors qu’on était au travail. Il jalousait tout le monde."

10h58 - Nordahl Lelandais a découvert des ossements alors qu'il pêchait avec David au fond d'une gorge. Le témoin se rappelle que l'ancien militaire a saisi un fémur en pensant avoir trouvé "un dinosaure". Réalisant qu'il s'agissait de restes humains, ils appellent la gendarmerie. "Il m'a dit : 'Si on veut se débarrasser d’un corps, on le jette ici et personne ne le retrouve'. La preuve, il était là depuis quatre ans", poursuit-il.

10h50 - La présidente interroge le témoin sur la condamnation de Nordahl Lelandais pour l'incendie d'un restaurant en Isère. "Il était influençable, il traînait avec quelqu’un qui n’était pas fréquentable. Une semaine après, ils ont fait brûler le restaurant", se rappelle-t-il. L'ancien militaire a purgé une peine sous bracelet électronique.

10h43 - David connaît l'accusé depuis l'âge de 16 ans. "C’est une personne sur qui je pouvais compter. Quelqu’un avec qui on sortait les week-ends, avec qui on s’amusait", se souvient-il. Tous deux faisaient partie d'un groupe d'amis qui vivaient dans les environs de Pont-de-Beauvoisin.

Leurs relations se sont distendues avec le temps. "On avait l’impression qu’il était resté bloqué à l’adolescence", ajoute le témoin. Il décrit quelqu'un de "serviable", "sur qui on pouvait compter" mais qui "aimait bien se mettre en avant". "Il aimait bien briller en soirée, il fallait souvent que ça tourne autour de lui, souvent en train de faire le pitre. Il aimait bien draguer."

10h35 - Laure sort de la salle d'audience. C'est au tour d'un ancien ami de Nordahl Lelandais de témoigner.

10h30 - "Il y a eu le Jordan que je connaissais et le Nordahl qui est accusé aujourd’hui." Laure a appris dans les médias que l'homme qu'elle fréquentait encore quelques semaines auparavant était accusé de meurtre. Elle n'y a pas cru tout de suite.

"Pour moi, c’e nétait pas l’homme que je connaissais. Quand j’ai vu les images… Les photos qui circulaient étaient celles que j’avais vues sur son profil Tinder, c’est comme ça que j’ai su que c’était lui", se rappelle-t-elle. "J’ai eu du mal à penser qu’il pouvait faire ça. Je n’étais pas effrayée, j’avais du mal à croire à la situation."

10h20 - Laure fréquentait l'accusé au moment du meurtre du caporal Arthur Noyer. Me Boguet, l'avocat du père de Maëlys, interroge la témoin sur l'état d'esprit de Lelandais à cette époque.

"Je n’ai jamais vu de faille. Il n’a jamais fendu la cuirasse. C’était un bloc, pas d’émotion. Sur le peu de conversations qu’on avait, il était un peu détaché de tout, pas investi dans quoi que ce soit", assure-t-elle. "J'aurais aimé apprendre plus à le connaître mais il ne s'est jamais dévoilé, jamais confié à moi sur quoi que ce soit."

10h10 - Nordahl Lelandais entretenait une relation suivie avec une autre femme au moment où il fréquentait Laure, la témoin. "Il ne m’a jamais dit qu’il avait quelqu’un d’autre", reconnaît-elle, précisant avoir eu des doutes.

"Je ne savais rien. Je n’avais rien sur lui. Quand je le voyais, c’était le strict minimum. Je ne le connaissais pas."

10h02 - La jeune femme semblait se plier aux disponibilités de Lelandais. "Dès qu’il me demandait de venir, il savait très bien que j’allais descendre. J’étais en demande de le voir et il le savait", se rappelle la témoin, décrivant quelqu'un de "mystérieux". "Hormis le fait qu’il n’était pas investi, je n’avais rien à lui reprocher."

9h55 - Nordahl Lelandais a filmé leurs ébats à son insu après lui avoir bandé les yeux. "Il ne m’a pas proposé mais j’ai su qu’il l’avait fait", se rappelle Laure qui décrit des rencontres irrégulières en fonction des disponibilités de Lelandais.

"Si ça restait dans le cadre perso, pour lui, ça ne me dérangeait pas plus que ça", ajoute-t-elle.

9h50 - La jeune femme est tombée enceinte de Lelandais au début de leur relation. "Ce n'était absolument pas prévu", explique la jeune femme. Le trentenaire ne souhaitant pas prendre de décision, elle décide d'avorter.

"Il fallait que je fasse un choix entre l’enfant et le diplôme. Comme j’étais seule à prendre la décision, j’ai opté pour le diplôme." Elle mettra un terme à leur relation peu de temps après. 

9h45 - Laure, une ex-petite amie de Nordahl Lelandais, revient sur leur histoire débutée sur un site de rencontres. Leur relation a duré quelques mois et la jeune femme ne connaissait pas sa vraie identité. Le trentenaire se faisait appeler Jordan.

"A part le fait qu’il m’ait menti sur son prénom et son activité professionnelle, il n’y a rien eu de mauvais dans notre relation", précise la témoin. Lelandais lui faisait croire qu'il cumulait trois emplois alors qu'il était, à cette époque, en arrêt maladie.

9h30 - L'audience est reprise.

9h20 - Au matin du troisième jour du procès, avocats et parties civiles arrivent à la cour d'assises de l'Isère. Me Jakubowicz, l'avocat de Nordahl Lelandais, n'est pas encore présent. L'audience a déjà quelques minutes de retard.