Disparus de l'Isère: "C'est la véritable réouverture de l'enquête", Maître Seban avocat des familles

Publié le Mis à jour le
Écrit par Isabelle Guyader .

La Cour d'appel de Grenoble a ordonné, ce mardi 23 juin, la réouverture de trois dossiers de disparitions d'enfants dans les années 80, infirmant ainsi les non-lieux prononcés. Pour les familles, l'espoir renaît. Un avocat en témoigne.

La Chambre de l'instruction de la Cour d'appel a donc décidé de relancer les enquêtes dans trois dossiers. Il s'agit des enquêtes sur les disparitions de Charazed Bendouiou, 10 ans, le 8 juillet 1987 à Bourgoin-Jallieu; de Ludovic Janvier, 6 ans, le 17 mars 1983 à Saint-Martin-d'Hères et de Grégory Dubrulle, en juillet 1983. Alors âgé de 8 ans, ce dernier avait été enlevé par un homme en bas de son domicile, à Grenoble, et laissé pour mort, le crâne fracassé, dans une décharge du massif de la Chartreuse. Le petit garçon avait survécu par miracle, mais son agresseur n'avait jamais été retrouvé.



En novembre dernier, les juges d'instruction chargés des dossiers avaient rendu une ordonnance de non-lieu dans ces trois affaires, suivant ainsi les réquisitions du parquet de Grenoble. Le procureur estimait en effet que tous les éléments d'investigation avaient été exploités dans ces dossiers et que les faits étaient prescrits. Normalement, la prescription pénale est de 10 ans mais elle a été interrompue par des actes à plusieurs reprises.



C'est la véritable réouverture de l'enquête"



Jointe par téléphone à Aix-en-Provence, la soeur de la petite Charazed Bendouiou a exprimé "un immense soulagement". Quant à Maître Didier Seban, qui assure avec Maître Corinne Hermann la défense des familles, il s'est dit "très satisfait de cette décision très motivée". Il résume sa vision: "La chambre de l'instruction de la Cour d'appel nous a donné raison et a décidé d'un complément d'information et de ne pas faire droit à la demande de clôture des dossiers. On est très optimistes car c'est la véritable réouverture de l'enquête "soulignant que la cour avait décidé, contrairement aux juges d'instruction, "que les dossiers n'étaient pas prescrits."



Interview 
durée de la vidéo: 07 min 37


"La Cour a demandé aux juges de faire beaucoup d'investigations. Elle donne des orientations et demande d'en rendre compte aux parties civiles, ce qu'elle n'avait pas fait jusque là." Parmi ces orientations, il s'agit notamment de "regarder ces affaires en lien les unes avec les autres, de refaire le parcours de criminels ou de personnes arrêtées pour des crimes sexuels en Isère, et de confronter un certain nombre de témoignages".



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