Grâce au synchrotron de Grenoble, des chercheurs découvrent le secret de la longévité de certains dinosaures

Le synchrotron européen (ESRF) de Grenoble à l'origine d'une nouvelle découverte sur les dinosaures. La longévité de certains pourrait être la conséquence de leur fonctionnement en troupeaux. L'étude a été publiée ce jeudi 21 octobre dans la revue britannique Scientific Reports.

Une étude publiée ce jeudi dans la revue britannique Scientific Reports confirme que certains des premiers dinosaures vivaient en troupeaux et suggère que ce comportement "social" pourrait avoir été "l'une des clés de (leur) longévité", annonce le synchrotron européen (ESRF) de Grenoble dans un communiqué.


L'analyse aux rayons X par l'ESRF de trente oeufs fossilisés d'un vaste site de nidification de dinosaures vieux de 190 million d'années - retrouvé en Patagonie au début des années 2000 - a révélé la présence à l'intérieur d'embryons d'une seule et même espèce : le Mussaurus patagonicus, un géant herbivore à long cou.
"Cette découverte a permis de démontrer que tous les fossiles trouvés sur le site de reproduction appartenaient à une même espèce de dinosaure" et de confirmer que ces ancêtres du diplodocus, qui vivaient et se déplaçaient en colonies, "avaient des comportements sociaux", explique l'ESRF.


Des recherches menées en parallèle sur le site de fossiles patagonien, et notamment la découverte de fossiles dans "plusieurs couches rocheuses successives", prouvent que les Mussaurus "étaient revenus au même endroit, sur plusieurs saisons, pour se reproduire". Les squelettes de dinosaures y étaient "regroupés en fonction de leur âge", à l'instar de bébés trouvés "près des nids" ou de jeunes d'un an "étroitement regroupés les uns aux autres", suggérant ainsi que cette espèce avait "formé des troupeaux de jeunes individus".


Pour les scientifiques, ces découvertes démontrent l'existence d'une "structure de troupeau bien organisée". "Il s'agit de la preuve la plus ancienne de ce type de comportement social complexe chez un dinosaure primitif, permettant de reculer la datation des comportements sociaux chez les dinosaures de plus de 40 millions d'années", précise le synchrotron européen, sorte d'immense microscope s'appuyant sur les rayons X produits par son anneau.


"Aux regards de la longévité de la lignée des Mussaurus, cette étude nous laisse à penser que le fait d'être social et de protéger ses petits en troupeau pourrait expliquer pourquoi ces dinosaures à long cou étaient si communs sur tous les continents", analyse Diego Pol, paléontologue à Conicet, l'Institut argentin qui a découvert le site.


En octobre 2011, une étude menée par des chercheurs en géologie de l'Université du Colorado avait suggéré que des dinosaures de la famille des sauropodes, comme le célèbre diplodocus, pratiquaient déjà la transhumance voici 150 millions d'années, parcourant, comme les moutons modernes, de longues distances pour aller paître dans les hautes terres à la saison sèche.

Depuis quelques années, le synchrotron de Grenoble a permis de nombreuses découvertes sur les dinosaures. Apportant par exemple la preuve de l'existence d'un nouveau dinosaure amphibie proche du vélociraptor.

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