Grenoble : Frédérique Vidal accueillie par un cortège de manifestants pour le lancement du “Deeptech Tour”

Une cinquantaine d'étudiants ont manifesté à Grenoble, demandant à rencontrer la ministre Frédérique Vidal. / © Loïc Blache / France 3 Alpes
Une cinquantaine d'étudiants ont manifesté à Grenoble, demandant à rencontrer la ministre Frédérique Vidal. / © Loïc Blache / France 3 Alpes

La ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation était en déplacement à Grenoble ce jeudi pour le lancement du "Deeptech Tour", sorte de partenariat entre universités et start-up. Elle était attendue par une poignée d'étudiants "sans fac" qui demandaient à la rencontrer.

Par M.D. avec Florine Ebbhah

"Pourquoi, en France, on laisse des étudiants sur le carreau ? Pourquoi la ministre n'a-t-elle rien à nous répondre ?". Les questions des manifestants grenoblois sont restées sans réponse jeudi 19 septembre. Alors qu'une cinquantaine d'étudiants était venue interpeller la ministre de l'Enseignement supérieur sur les "sans-fac", ces étudiants qui n'ont reçu d'affectation dans aucune université, ils n'ont pas eu voix au chapitre.

Privés de leur mégaphone et tenus à distance, ils ont eu beau eu s'égosiller, Frédérique Vidal ne les a pas même entendu. "Je ne sais pas de quoi vous parlez", a-t-elle répondu lorsqu'il lui a été demandé si elle comptait rencontrer les manifestants. Venue dans la capitale des Alpes pour lancer le "Deeptech Tour", plan visant à créer des ponts entre le monde de la recherche et celui de l'entrepreneuriat, Mme Vidal a été reçue par un cortège de manifestants réunis à l'appel de l'UNEF.

Qualifiant de "cheval de Troie" ce "Deeptech Tour", les étudiants sortis battre le pavé regrettent "des rapprochements néfastes entre les fac et le privé ainsi que de la dégradation des financements publics à l’enseignement-recherche". Mais le leitmotiv de ce rassemblement était de réclamer une inscription à l'université pour tous les étudiants "dans la filière de leur choix".

 

Grenoble, une "petite Silicon Valley"


En signe d'apaisement, le cabinet ministériel a envoyé un de ses collaborateurs rencontrer les membres du cortège. La discussion n'a pas été fructueuse, chacun ayant campé sur ses positions. "On appelle a étendre la mobilisation, à la poursuivre et à l'amplifier le plus possible pour demander une fac ouverte à tous, ouverte sur le monde, publique et gratuite", a annoncé Camille, militant à l'UNEF.
 

De son côté, la ministre a mis l'accent sur l'"une des missions fondamentale des universités" qu'est l'insertion professionnelle pour justifier ce rapprochement entre le monde de la recherche et de l'entreprise. "L'insertion professionnelle associée à une plus grande démocratisation de l'accès à l'enseignement supérieur, ça nécessite que nous trouvions des débouchés pour l'ensemble des étudiants et ils sont à la fois dans le secteur public et le secteur privé, a-t-elle assuré. C'est normal que l'on rencontre l'ensemble des futurs employeurs des étudiants."

Alors que ce "Deeptech Tour" a été lancé jeudi à Grenoble, Frédérique Vidal a qualifié la ville de "petite Silicon Valley" française pour sa "très longue tradition de coopération entre les organismes de recherche, les universités et les start-up". Un déplacement d'une petite heure au terme duquel la ministre est repartie sans évoquer le cas des étudiants sans affectation. Mission accomplie pour Frédérique Vidal qui a donné le coup d'envoi du "Deeptech Tour", mais rendez-vous manqué pour les militants repartis bredouille.
 
Frédérique Vidal accueillie par un cortège de manifestants à Grenoble

 

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