Guerre en Ukraine : à la frontière avec la Hongrie, des "taxis solidaires" aident les réfugiés à se mettre à l'abri

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Écrit par Antoine Belhassen .

Trois Grenoblois ont pris la route de l'Europe de l'Est, samedi 5 mars, pour transporter des réfugiés ukrainiens en lieu sûr, en Allemagne, République tchèque ou ailleurs. Ces "taxis solidaires" ont lancé un cagnotte en ligne pour supporter les frais de déplacement.

Dans la petite ville hongroise de Tiszabecs, qui compte 1 200 âmes, la voiture Audi et l'utilitaire de Mickal, Alexis et Stéphane ne passent plus inaperçus. Depuis quelques jours, les trois Grenoblois sont basés dans ce poste-frontière avec l'Ukraine. Ils y aident des réfugiés qui ont fui leur pays après l'invasion russe et les amènent où bon leur semble avec leurs deux véhicules.

Ce mardi 8 mars, Stéphane, un ancien journaliste à la retraite, et Mickal, un trentenaire "qui n'a pas froid aux yeux" ont embarqué une dizaine de réfugiés pour les conduire à Budapest : "Certains d'entre eux ont un point de chute là-bas. D'autres doivent s'envoler vers la Turquie où de la famille les attend", raconte Stéphane.

"Il y a surtout des femmes et des enfants. Il y a très peu d'hommes. J'ai le sentiment qu'ils sont restés au pays pour faire partie de la résistance ou pour veiller sur les maisons", poursuit-il.

Ses passagers sont partis de chez eux, poussés par la guerre qui fait rage depuis une dizaine de jours. Avec, le plus souvent, une simple valise et leurs animaux de compagnie, ils ont rejoint la petite frontière hongroise située au sud-ouest de l'Ukraine. Dans la petite ville, entre 100 et 200 personnes attendent dans un centre d'accueil, selon Alexis, un des trois protagonistes de cette initiative.

Une cagnotte pour les soutenir

Le trio est parti samedi dernier de l'Isère. Avant leur départ, ils ont rempli une carriole de provisions et d'équipements destinés aux Ukrainiens. Ils l'ont attachée à l'arrière de l'Audi et ont pris la route de l'Est : 1 700 kilomètres à travers l'Italie, la Slovénie et la Hongrie en l'espace de deux jours.

Une expédition qui a rapproché les trois hommes. Stéphane ne connaissait pas Mickal et Alexis : "J'ai contacté Mickal par Facebook après avoir vu un message de la part d'un café à Grenoble. Tout a commencé comme ça. J'ai eu le malheur de lui dire que j'avais un utilitaire de huit places. Mickal a tout de suite dit qu'il était partant pour que je vienne", ironise-t-il.

Depuis la fin de la semaine dernière, ils ont parcouru une partie de l'Europe : 800 kilomètres supplémentaires. Alexis, un ancien barman parisien, n'a pas le permis. Il sert donc de copilote. Et quand il n'y a plus assez de place dans les voitures, il reste à Tiszabecs pour travailler sur la logistique de tous ces voyages.

Ils vont continuer comme cela jusqu'à vendredi. Peut-être davantage pour Alexis et Mickal. D'ici là, ils vont continuer à déposer des réfugiés ukrainiens partout en Europe : "C'est une petite initiative, on fait ce que l'on peut à notre échelle. Mais toutes les bonnes volontés sont bonnes à prendre : ici, on voit beaucoup de voitures qui aident comme nous. Elles viennent d'Allemagne ou du Portugal par exemple", explique Stéphane.

Pour soutenir leur initiative et celle de contacts tchèques sur place, rembourser une partie des frais et affréter un bus pour ramener des dizaines de réfugiés en France, les trois hommes ont lancé une cagnotte Leetchi.

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