L'appel du monde de la montagne pour accueillir deux alpinistes afghanes en France

De nombreux acteurs du monde de la montagne ont écrit un courrier aux élus et membres du gouvernement, leur demandant de laisser entrer en France deux alpinistes afghanes bloquées dans un camp de réfugiés au Qatar. Toutes deux ont fui l'Afghanistan après l'arrivée au pouvoir des talibans.

"Il est des jours comme celui d’aujourd’hui où nous devons nous unir et avancer dans une seule et même direction." Dans une lettre adressée aux élus départementaux de l'Isère, aux conseillers régionaux et à plusieurs ministères, de nombreux acteurs de la montagne plaident pour que la France vienne en aide à deux alpinistes afghanes. Mina Bakhshi, 19 ans, Raihana Ahmady, 22 ans, et le petit frère de cette dernière sont bloqués dans un camp de transit de réfugiés au Qatar. Toutes deux ont fui l'Afghanistan après la prise de pouvoir des talibans en août.

"Au Qatar, il est relativement simple de délivrer des VISAs, mais du jour au lendemain les femmes peuvent être transféré ailleurs, dans un autre camp de réfugiés – ou pire", écrit dans cette lettre Thibault Cattelain, président du comité isérois de la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM). Cet appel a été signé par une dizaine d'acteurs de la culture, politiques et des associations parmi lesquelles Mountain wilderness France.

 

"Détresse psychologique"

Mina Bakhshi et Raihana Ahmady se trouvent depuis plusieurs semaines dans un camp de l'armée américaine à Doha. Toutes deux sont "dans un état de détresse psychologique et physique avancé", en attente d'une autorisation de la France pour rejoindre le pays. Si les autorités donnaient leur feu vert, plusieurs associations de l'Isère et des Hautes-Alpes s'engagent à assurer l'hébergement et l'insertion des deux jeunes femmes.

Toutes deux ont participé au programme Ascend Athletics qui forme les femmes afghanes aux sports de montagne. Cette même association leur a permis de quitter le pays lorsque les talibans ont pris le pouvoir, menaçant la liberté des femmes et notamment des sportives. "Nous sommes convaincu que les sports de montagne ont aujourd’hui un rôle crucial à jouer dans la reconstruction post-traumatique de deux jeunes femmes qui doivent fuir leur pays de force, sous la menace d’un réel danger de mort", écrit la FFCAM dans un communiqué. Car pour Thibault Cattelain, les sports de montagne peuvent être un "vecteur de liberté et de développement personnel".

 

Cibles des talibans

Raihana Ahmady a également participé au documentaire Ascending Afghanistan : women rising, qui dresse le portrait de femmes alpinistes. Le film a été fortement médiatisé, exposant les femmes qui y sont apparues. De ce fait, elles risquaient d'être prises pour cible par les talibans si elles restaient en Afghanistan. "Ces femmes étaient l'emblème d'une volonté de liberté, c'est la raison pour laquelle elles ont été évacuées très rapidement", explique le président du comité isérois de la FFCAM.

Toutes deux se disent aujourd'hui épuisées des conditions de vie dans le camp de réfugiés. Les acteurs français de la montagne, qui ont répondu à l'appel à l'aide de l'association Ascend, demandent au gouvernement de leur délivrer des VISAs ou des statuts de réfugié "au nom de la solidarité internationale de l’univers de la montagne".

A ce jour, les auteurs de cet appel ont reçu une réponse du président du Conseil départemental de l'Isère leur affirmant qu'il appuierait leur demande auprès des autorités compétentes. Thibault Cattelain, lui, dit avoir bon espoir que leur demande aboutisse, se réjouissant de cette initiative qui a "montré l'efficacité de la solidarité du monde de la montagne".

 

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